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Avertissement

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(Tous les textes de ce blog sont la propriété de l'auteure. Ils ne peuvent être reproduits sans citer son nom. Merci!)


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Bon théâtre!

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Chic Moustache

Vous cherchez des t-shirts qui représent le Québec sans tomber dans les clichés? Chic Moustache est fait pour vous!! Allez donc jeter un oeil!

 

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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 18:39

Vacances de la construction

 

Tous les ans, pendant les deux dernières semaines de juillet, les chantiers s’arrêtent. Ce sont les vacances de la construction.

Instaurées par décret gouvernemental en 1970, les vacances de la construction sont deux semaines durant lesquelles les professionnels de l’industrie de la construction remisent leurs outils pour partir à la plage… Enfin, façon de parler, parce qu’il n’y a pas des masses de plages par ici.

En fait pendant cette période, il n’y a pas que les travailleurs de la construction qui partent en vacances mais un quart de la population québécoise… Ceux qui restent sont ravis car la circulation routière en est, semble-t-il, largement améliorée.

Le 17 juillet dernier, je pouvais donc m’attendre, EN TOUTE LEGITIMITÉ à ne pas être réveillée par les marteaux-piqueurs du chantier à côté de la maison, chantier qui dure depuis des mois, couvrant mes fenêtres de poussière, rendant le trottoir impraticable et ayant tendance à me taper sur les nerfs. Oui, j’aspirais EN TOUTE LEGITIMITÉ à une grasse matinée bien méritée (les grasses matinées sont toujours bien méritées !). Eh bien non. J’ai découvert à ma grande consternation que certains ouvriers de la construction ne partaient pas en vacances pendant les vacances de la construction. On m’aurait menti… ????

Bonnes vacances pour ceux qui en ont !

Aurélie, aspirante illégitime.

 

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18 juillet 2006 2 18 /07 /juillet /2006 02:07

Crôaaaa…

 

Cela faisait longtemps que je passais devant sans oser entrer… Cette fois ça y est : j’ai franchi le seuil de Cruella.

Cruella c’est un magasin thématique situé avenue du Mont-Royal, offrant vêtements, chaussures, accessoires et objets en tout genre à une clientèle plutôt blafarde, les yeux et les lèvres souvent peints en noir. « Le sanctuaire gothique », telle est la précision que le magasin apporte à son nom.

En trame sonore, Sisters of Mercy. Ça me rappelle ma jeunesse ! Dans le fond du magasin, la mort en personne, cape sur l’épaule, capuchon sur la tête et faux à la main, veille sur nous de tous ses os, dûment clouée au mur.

Ricanant, envahi de serpents, intégré à un paysage d’apocalypse ou servant de trône à une gargouille cornue, le crâne est à l’honneur. La variation du thème est infinie et se décline en de multiples accessoires, comme les bougeoirs, les miroirs, les porte-encens, les porte-serviettes, les range-CDs, les boîtes à bijoux, les jeux d’échec et autres coupe-papier.

Je lorgne avec inquiétude un poignard long de 30 cm, orné de motifs volontairement terrifiants. J’espère ne jamais croiser la route de son acquéreur…

Autres éléments décoratifs récurrents :

 -          les squelettes, fers aux poignets, portant, gravées dans l’os, les marques de la souffrance ;

 -          Lucifer en personne, avec sabots, queue fourchue et cornes, l’air fort peu avenant (mais est-il besoin de le préciser ?) ;

 -          quelques membres de la famille de Dracula ;

 -          les serpents, de préférence gueule ouverte ;

 -          les dragons, plus y a d’écailles mieux c’est.

Tous les vêtements sont résolument noirs, parfois ornés d’une pointe de rouge. Beaucoup de dentelle, de rivets, de fermetures éclair, de latex. Je découvre que le chapeau melon n’est pas démodé et que la cape façon 19e siècle à Londres est une valeur sûre. La canne aussi semble avoir toujours ses amateurs.

Un crâne transpercé d’un os attise ma curiosité (mais pas ma convoitise). Il s’agit en fait d’un balai à chiottes. Le crâne comme support, et le tibia comme manche. Bon je l’avoue, sur ce coup-là, je n’ai pas pu m’empêcher de rigoler. Mais pas trop fort : je ne voulais pas me faire remarquer.

Autres accessoires insolites : des pansements imprimés de têtes de mort (les clients ont le souci du détail) et des poupées gothiques, brrrrr…  

 

Chez Cruella, rien n’est laissé au hasard. Un certain nombre de chaînes pendent du plafond, les rideaux des cabines d’essayage sont en latex noir clouté, et plusieurs cercueils font office de présentoirs. C’est cosy un cercueil en fait.  

 

Les sacs en plastique dans lesquels on emballe nos achats (eh oui j’ai acheté un truc !!) arborent un diable rouge, cornu et ailé, la typographie adoptée dégouline, comme le sang du coin de la lèvre d’un vampire, la carte du magasin, également noire et rouge, est ornée d’une chauve-souris et la facture est en forme de cercueil.

« Le conformiste est la mort de l’âme ». Telle est la devise de Cruella. Pourtant, force est de constater que les vendeurs et les clients du magasin ont comme un air de famille. Je ne pense pas que quiconque oserait se pointer à une soirée gothique bronzée et en robe de plage… mais peut-être que je me trompe ?

Prenez soin de vous comme j’ai décidé de prendre soin de moi !  

 

Aurélie, anticonformiste en tongs (gougounes).

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19 juin 2006 1 19 /06 /juin /2006 01:51

Drag Race

 

Hier, j’ai passé mon après-midi en bonne et colorée compagnie à la drag race, la course des drags. Il s’agit d’un événement qui a lieu chaque année à la fin du festival Fringe, un festival de théâtre assez déjanté, où l’on peut assister à des créations théâtrales pas toujours bonnes mais assurément originales.

La course de drags est animée par Mado, drag Queen emblématique de Montréal, qui possède un cabaret, anime un bingo, écrit des billets d’humeur dans le journal Ici et ne perd pas une occasion de « bitcher », comme elle l’a démontré hier. 

 

La course oppose deux équipes de drag queens, une professionnelle, tout droit sortie du Cabaret à Mado et une amateur, formée de comédiens du Fringe festival.

 

 

 

L'équipe du Fringe

 

L'équipe du Cabaret à Mado

 

 

La course qui n’en est pas une finalement, comporte plusieurs épreuves.

Chaque concurrente doit d’abord choisir un membre du public et le maquiller.

 

 

Les règles sont claires : les concurrentes ont le droit de maquiller seulement les hommes et les lesbiennes !

Tiens, je le connais celui-là...

 

 

Elle doit ensuite préparer un cocktail alcoolisé de son choix, qui peut comporter autant d’ingrédients divers que du chocolat liquide, des vermicelles en sucre, des olives, des cerises confites, de la crème chantilly, du mousseux (pas bon apparemment), ainsi que différents alcools forts et jus de fruits :

 

Tous les arguments sont bons pour convaincre... Cette concurrence a choisi un verre assorti à ses bas, vert pomme.

Ahhh, Celinda. Elle éclate les deux autres (Céline et Linda) à l’aise et sur tous les plans!

 

Puis il faut placer le cocktail sur un plateau…

 

 

Instant pub : plateaux et verres disponibles chez... Dollarama bien sûr!

On note les arrangements de couleurs et de matières de la concurrente : un sans faute!

… et enjamber des pneus sans renverser le verre... 

 

Avec les talons aiguille, ce n’est pas toujours facile. Il faut être précautionneuse.

Certaines font même plusieurs aller-retour.

On note le goût impeccable des participantes pour choisir leurs chaussures…

 

 

 ... pour l’apporter au juge, qui doit déterminer si le cocktail est acceptable ou si un nouveau doit lui être présenté.

 

Dans l’attente du verdict, la tension est palpable (NB : Les grimaces du goûteur sont sans rapport avec le résultat.)

 

  

Elle doit enfin interpréter une chorégraphie sur une chanson tirée au hasard,

... sous l’œil aguerri des juges,

 

La reine en personne, a tenu à assister à l’événement.

 

... et sous les commentaires acerbes de Mado. 

 

Mado tient à le faire savoir : she is la seule queen ! 

Les gagnantes, ex æquo : Dream de l’équipe du Cabaret Mado et Macho Women, de l’équipe du Fringe.

Dream, la classe et le talent!

Macho women, l’alter ego féminin du catcheur Macho man… Grrrrrrr !

 

 

Et comme le mariage gay est légal au Canada, MachoWomen n’a pas hésité une seconde. Dream a dit oui, forcément.

Un moment de franche rigolade, idéal pour réconcilier les communautés anglophones et francophones de Montréal !

Have fun, c’est l’été !

Aurélie, queen aussi d’abord… ben yes.

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13 juin 2006 2 13 /06 /juin /2006 23:44

Télévision

 

 

Comme vous le savez si vous avez suivi, j’ai acheté une télévision. Je me suis en effet dit que la télévision constituait un instrument indispensable d’intégration. Marre d’entendre les collègues de travail parler des Bougons sans comprendre de quoi il s’agit, marre de ne pas savoir à quoi ressemblent Gilles Duceppe ou André Boisclair, marre de n’avoir aucune idée de ce qu’est Ma Maison Rona… Maintenant, c’est chose faite et je dois vous avouer que regarder la télévision québécoise s’avère une expérience assez surréaliste pour une Française comme moi. Et je précise que je n’ai même pas le câble, ni le satellite !

Première différence de taille : la publicité. On croyait que TF1 avait atteint le sommet en la matière, eh bien non. La télévision québécoise la détrône sans peine. Il y a un intermède publicitaire tous les quarts d’heure, y compris… pendant les informations! La durée des films en est décuplée. Le dernier que j’aie vu, Signes (qui est un navet soit dit en passant) dure théoriquement 1h45. Avec les pubs, il a duré 2h30… 45 min de pub en un seul film!!! Pour pouvoir diffuser le plus de publicités possible, les films sont même parfois coupés. Du jamais vu. Durant un feuilleton d’une demi-heure, on a le droit à quatre pauses pub. C’est un véritable cauchemar. Et je pèse mes mots. La meilleure solution semble être de regarder deux émissions à la fois, zappant de l’une à l’autre à chaque coupure de pub. Eh bien, ne croyez pas vous en sortir aussi facilement : Big Brother a TOUT prévu et les spots pub sont diffusés en même temps sur toutes les chaînes. Le seul moyen d’y échapper c’est d’éteindre la télé (ou de ne pas en acheter… c’est malin !).

 

Seconde différence, encore plus incroyable que la première : les présentateurs. Des gros, des moches, des vieux (pas tous quand même !). Pas de discrimination par le physique à la télé québécoise… Une chose impensable sur les petits écrans français, où la pitoune règne en maître. Le contraste est particulièrement frappant pour la météo.

Un autre truc surprenant : l’utilisation du « teasing » pour inciter les téléspectateurs à regarder le journal télévisé (qui, n’ayons pas peur des mots est d’un niveau assez lamentable en général, pas de différence avec les chaînes nationales françaises en la matière). « Un attentat déjoué par les forces de police, une révélation choc du ministre truc-chose et un retournement bouleversant dans l’affaire XXX … Pour en savoir plus, regardez le journal de 18h ». Euh… ben non, merci.

Au niveau de la débilité des émissions, je dirais que c’est comparable, avec, quand même, un avantage pour le Québec, qui semble encore plus contaminé que la France par les niaiseries américaines (essentiellement sur les chaînes anglophones).

A part ça, nous avons quelques émissions communes :

-          Canadian Idol = La nouvelle star ;

-          Star Académie = Star Academy (!!!) ;

-          Loft story ;

-          Les feux de l’amour, diffusé partout dans le monde et intemporel où que l’on se trouve ;

 -          Tout le monde en parle, adaptée à la sauce québécoise depuis un peu plus d’un an ; l’émission marche très bien, bien que nombre de Québécois détestent Ardisson, qui a eu la brillante idée de se moquer de l’accent de Nelly Arcand. Pour ma part, je trouve également Ardisson très agaçant, mais son cynisme a l’avantage de donner du peps à son émission, ce qui n’est pas le cas de Guy A. Lepage…

Il y en a sûrement d’autres, mais je manque encore de connaissances en la matière.

Quant aux émissions de divertissement, elles sont aussi consternantes que les françaises. Je décerne une mention spéciale à La petite séduction (diffusée sur Radio Canada), qui dégouline tellement de bons sentiments que ça me file la nausée. Le principe est le suivant : une célébrité est accueillie dans un village du Québec, par des habitants qui lui font découvrir le folklore local et enchaînent les surprises. Et ça s’embrasse, et ça verse sa larme, et ça se remercie dix fois, et ça nous répète à quel point tout cela est émouvant, à quel point tous ces gens sont gentils et IN-CRO-YABLES, et combien on est content d’avoir été invité à participer, etc. Beuuuuuuuurk ! La petite séduction est manifestement l’opium du peuple…

(Pour info, le titre de l’émission fait référence à un film québécois intitulé La grande séduction, qui était assez sympathique.)

Malheureusement, je n’ai que quatre chaînes (je ne sais pas pourquoi je ne capte pas toutes les chaînes gratuites), ce qui m’empêche de dresser un panorama complet du PAQ (paysage audiovisuel québécois).

Je conserve avec nostalgie le souvenir de The Swan, glorieuse émission américaine entrevue lors de mon arrivée au Québec et dont j’avais parlé à l’époque. J’aurais TELLEMENT aimé la revoir. Mais si, souvenez-vous : on prend une fille complexée (et pas très sexy), on la transforme des pieds à la tête à coup de bistouri et on lui dévoile son nouveau physique en même temps qu’au public, devant l’œil à la fois choqué et ravi des téléspectateurs. De la grande télé.

A l’instant où j’écris ces mots, j’entends le début d’une émission et… c’est Oprah ! Quand je vous dit qu’il y a plein niaiseries américaines. La diva est accueillie sur son plateau par une foule en délire. L’ovation dure plus d’une minute. C’est édifiant. Le thème de l’émission semble être « les héros du quotidien » : unetelle a vaincu le cancer du sein et nous raconte son combat avec force détails, untel est sorti paralysé d’un accident et nous raconte son combat avec force détails, unetelle a un fils atteint d’une maladie incurable et nous raconte son combat avec force détails… Le public est en transe devant tant de courage. Et moi aussi.

Le seul bon point – et je vais sans doute me faire incendier en disant cela – c’est qu’il y a des chaînes en anglais. Au moins, on ne perd pas totalement son temps en les regardant.

Au fait, j’ai une télé à vendre, ça intéresse quelqu’un ?

Prenez soin de vous, et lisez !

Aurélie, éteins cette télé tout de suite ! Mais arrête, j’travaille mon anglais…

 

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7 juin 2006 3 07 /06 /juin /2006 01:30

Nicotinage

 

 

 

Il y a une certaine effervescence dans l’air. Des attroupements sur les trottoirs, des conversations animées, des éclats de rire. Que se passe-t-il donc ce soir? On n’est pourtant pas samedi. L’effet été peut-être? Non. L’effet loi anti-tabac. Depuis le 1er juin 2006, il est interdit de fumer dans les bars (et tous les endroits publics). Résultat de quoi, les gens se massent sur les trottoirs pour avaler leur dose de nicotine.

Quelle bonne nouvelle! Je vais enfin pouvoir sortir dans les bars sans :

- devoir penser à ne pas me laver les cheveux avant d’y aller ;

- devoir mettre toutes mes fringues à la machine en rentrant, manteau, sac à main et chaussures compris ;

- être aphone pendant trois jours ;

- ressembler à un lapin albinos en sortant ;

- respirer un coup sur deux pour essayer d’avaler le moins de fumée possible ;

- choper un cancer du larynx ou de la langue (quoique certains puissent le souhaiter, considérant que cela me ferait taire…).

Évidemment, les tenanciers des bars sont fumasses (!) car ils risquent de voir la consommation d’alcool (fortement associée à celle de tabac, comme le démontrent plusieurs études) baisser, et leur chiffre d’affaires avec. Il faut dire que ce n’est pas moi qui vais atténuer le déficit en buvant un jus de canneberge par-ci, par-là…

L’ironie de la chose c’est qu’on pensait que cette loi allait rendre la vie plus facile aux non-fumeurs... que nenni! Maintenant ils sont pollués dès qu’ils posent un pied sur le trottoir. Impossible de marcher du métro à chez moi sans respirer de la fumée de cigarette.

Alors, moi, dans un élan libertaire, je propose d’interdire tout bonnement la cigarette! Qui m’aime me suive…! Ben pourquoi y a personne???

Ciao!

Aurélie, ne tirez pas sur le pianiste!

 

 

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28 mai 2006 7 28 /05 /mai /2006 04:47

Question d’échelle 

 

 

Quand je suis arrivée à Montréal, en provenance directe de Paris où les insultes, les mains aux fesses, les « écrasages » de pieds, les engueulades et les incivilités en tout genre sont légion, j’avais l’impression de vivre à Disneyland.

 

Les voitures qui s’arrêtent pour laisser les piétons traverser, au lieu de les frôler en klaxonnant, à grand renfort de jurons. Les gens qui font la queue à l’arrêt de bus au lieu de se piétiner sans vergogne, trouvant normal que celui qui attend depuis longtemps soit le premier à monter, et qui saluent le chauffeur en montant et le remercient en descendant. Untel me laissant passer devant lui à la caisse du supermarché où nous étions parvenus au même instant. Unetelle s’excusant alors que je lui avais marché par mégarde sur les pieds (je vous jure que c’est vrai !!). Une bouteille de vin oubliée dans un restaurant retrouvée le lendemain à la même place. Des sacs à main traînant sans surveillance sur les banquettes dans les bars.

Bref, une sorte de havre de paix, d’oasis dans ma vie de parisienne speedée et agressive (faut bien se défendre !).

Deux ans plus tard, je commence à trouver que les gens sont, ici aussi, un peu stressés et parfois agressifs. Surtout quand je me fais hurler dessus par un employé de la STM – la Société de transport de Montréal – comme l’autre matin. Oui en plus, c’était le matin !

Comme quoi, tout est relatif.

Bon, je resitue la chose dans son contexte. À Montréal comme dans la plupart des villes dotées du métro, on peut acheter une carte mensuelle. Ici, il s’agit d’une petite carte de la taille d’une carte de crédit, pourvue d’une bande magnétique, laquelle possède une fâcheuse tendance à se démagnétiser à la moindre occasion, par exemple lorsqu’elle croise l’aimant qui ferme mon sac à main, chose qui peut fort bien se produire dans les premiers jours du mois… À partir de là, elle ne fonctionne plus.

On pourrait croire qu’il suffit de la changer pour résoudre le problème, mais ce n’est pas aussi simple que ça, puisque pour une raison qui m’échappe totalement, les cartes mensuelles ne sont échangeables qu’à certaines stations. Il semble que du 1er au 5 du mois, cela soit possible partout et qu’après cette date fatidique, plus aucune caisse ne vende de carte mensuelle, donc ne soit en mesure de remplacer les défectueuses.

Comme ça me gonfle de faire un détour pour aller changer ma carte (un baobab dans la main j’vous dis), je me contente de demander au caissier de m’ouvrir la barrière en lui expliquant que ma carte ne fonctionne plus. Et allez savoir pourquoi, le caissier de la station Mont-Royal me demande TOUS LES MATINS de passer ma carte dans la machine pour s’assurer qu’elle ne fonctionne effectivement plus, avant d’accepter de m’ouvrir la barrière. Peut-on raisonnablement imaginer que je m’amuserais à faire la queue à la caisse TOUS LES MATINS pour le plaisir, alors que ma carte fonctionnerait parfaitement ? Non franchement, peut-on RAISONNABLEMENT l’imaginer ?

Cet homme est le seul de tout le réseau à me demander cela. Tous les autres caissiers se contentent de m’ouvrir la barrière sans autre forme de procès. Donc l’autre matin, poussée par la curiosité – et aussi parce que je commençais à être un petit peu agacée par la chose – j’ai eu l’outrecuidance de demander au dit caissier le pourquoi du comment de ce contrôle quotidien. Avant que j’aie eu le temps de faire « ouf », l’outré outrecuidancé s’est mis à vociférer et à m’asséner qu’il faisait son travail (tout de suite les grands mots !). Apparemment son travail implique qu’il lise chaque matin l’information transmise par la bande magnétique de ma carte sur son petit écran dans sa petite guérite. Apparemment en revanche, son travail n’implique pas la politesse à l’égard des usagers du métro.

Je me demande ce que peut bien lui dire ma carte, mais après l’accueil de l’autre jour, j’espère fortement qu’elle lui dit tout le bien qu’elle pense de son excès de zèle, à grand renfort de sacre – dont je suis friande.

Force est donc de constater qu’à Montréal comme à Paris, il y a des, comment dire, euh… des gros cons.

Je pense que je vais bientôt m’expatrier à Vancouver. Et quand je trouverai les Vancouverois stressés, j’irai faire un tour en Australie. Et ensuite, ce sera l’Afrique. Et si je me mets à trouver les Africains stressés, c’est sans aucun doute que je ne suis plus faite pour vivre en société.

Portez-vous bien et soyez courtois !

Aurélie, après vous, non vous d’abord, mais non je vous en prie…

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16 mai 2006 2 16 /05 /mai /2006 01:00

Impôts

Au Canada comme en France, en avril, on fait sa déclaration d’impôts. Mais la grande différence, LA grande différence, en majuscules, c’est qu’ici, les impôts me donnent de l’argent ! Oui je sais, c’est fou. Jouissif même, je dirais.

Il faut savoir qu’au Canada, les impôts sont prélevés à la source, c’est-à-dire directement sur votre fiche de paie. Et il arrive que le prélèvement soit trop élevé, surtout quand on ne gagne pas beaucoup de sous comme moi. Dans ce cas, le centre des impôts vous renvoie un chèque de remboursement du trop perçu. Certes, ce n’est pas de l’argent qu’on me donne comme ça gratuitement. Mais moi ça me fait quand même l’effet d’avoir gagné à la loterie. Je viens justement de recevoir un chèque et je dois dire qu’il tombe à pic car j’ai la ferme intention de tester très bientôt le tout nouveau H&M.

(J’ouvre une parenthèse pour vous faire part de mon excitation à ce sujet. Enfin, il y a un H&M à Montréal !!! À moi les petites jupes d’étés, à moi les trois douzaines de camisoles – euh, je précise, pour désamorcer tout de suite les tentatives de mauvais esprit que camisole signifie tee-shirt et non pas le truc dans lequel on enferme certaines personnes, même si elles sont un petit peu surexcitées parce que H&M vient d’ouvrir. Je pense que les lecteurs québécois ne doivent pas vraiment comprendre mon enthousiasme, mais je suis sûre que les lectrices françaises voient très exactement de quoi je parle. Crim’ chu donc ben superficielle ! Fin de la parenthèse.)

Toutefois, j’avoue que je ne comprends pas bien pourquoi on ne prélève pas directement sur notre feuille de paie le montant exact dû au centre des impôts. Cela peut se concevoir pour les gens qui ont des enfants ou qui sont mariés ou qui déduisent des remboursements de prêts étudiants, mais moi je ne déduis rien, je ne gagne rien de plus que mon salaire et je n’ai même pas de chien alors… ? Les mystères de l’administration sont universellement impénétrables.

Ce que j’aime beaucoup moins avec les impôts d’ici, c’est la déclaration (ou relevé d’impôts comme on dit ici). J’ai rarement vu un truc aussi compliqué. Comme il faut calculer soi-même ce qu’on doit (ou ce qu’on nous doit), il y a 36 cases à remplir, des reports toutes les trois lignes, des calculs à faire, et en plus il faut le faire en double pour le Fédéral et le Provincial. Enfin je dis en double… je devrais plutôt dire deux fois pour que vous n’alliez pas imaginer qu’il s’agit de la même déclaration, noooooon, ça serait trop simple. Bref, faire sa déclaration d’impôts prend une fin de semaine entière. Et encore moi, comme je le disais plus haut, je fais partie de ceux pour qui c’est simple. Imaginez-vous : tous les gens que je connais (et je vous parle de salariés, hein, pas d’entrepreneurs) font appel à un comptable pour remplir leur déclaration d’impôts ! C’est justement grâce à eux que j’ai appris que j’aurais pu déduire ceci ou obtenir le remboursement de cela et que j’avais probablement tout rempli de travers. J’en ai d’ailleurs eu la confirmation pas plus tard qu’il y a 30 minutes, constatant que le centre des impôts avait  refait tous mes calculs, pour ne pas arriver du tout au même résultat que moi. Non mais franchement… de qui se moque-t-on ???

C’est décidé, l’année prochaine, je prends un comptable aussi.

Que ceux qui ont reçu des chèques viennent avec moi chez H&M et que les autres tâchent de bien se porter quand même.

Aurélie, le million, le million !

 

 

 

PS du 21 mai : Aussitôt dit aussitôt fait : je suis allée au Carrefour Laval hier, visiter le magasin H&M qui ouvrait le jour même. Après une heure de transport, fébrile, je pénètre dans le temple de la fringue branchée et pas cher, et là… c’est le drame. Que des mochetés. Des mochetés à rayures, à pois, à fleurs, des mochetés à droite, à gauche, devant, derrière. Partout où se porte mon regard, il tombe sur des mochetés. J’ai rarement vu une pareille concentration d’horreurs. Ma copine Alex avait raison : il semble que la mode des années 80 soit de retour. En tout cas, elle bat son plein chez H&M. Alors finalement, j’ai dépensé mon chèque des impôts chez Simons ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 avril 2006 7 23 /04 /avril /2006 01:23

Mount Desert Island

Comme il faisait beau le week-end dernier à Montréal et que j’ai horreur du printemps, du soleil et des petits oiseaux qui chantent, j’ai décidé de profiter de mes quelques jours de congé pascal pour aller me geler les fesses dans le Maine. Mission réussie : de la pluie, du vent, du brouillard, j’ai eu la totale.

L’objectif de mes pérégrinations ? Mount Desert Island. C’est là que vécut Marguerite Yourcenar (et peut être là aussi qu’elle se perdit dans des ébats passionnés avec un homme plus jeune qu’elle, si j’en crois ce que m’a rapporté ma grand-mère (ou ma tante ? ce sont deux érudites) au sujet de cette célèbre écrivaine belge). Mount Desert Island abrite l’Acadia National Park dont les  paysages m’ont singulièrement rappelé la Bretagne : granit rose, mer déchaînée et pluie, vent, brouillard comme je l’ai dit plus haut. Un plaisir pour les yeux et les sens. Un petit sentiment de liberté aussi (mais il ne faut pas trop y penser non plus, histoire de ne pas dissiper l’illusion). Je vous laisse juger vous-mêmes. 

 

 (Merci de vous extasier sur la prouesse technique dont vous venez d’être témoins. J’en suis personnellement assez fière !!! J'en profite pour poser une question aux lecteurs qui connaissent le html : comment aurais-je pu faire se succéder les photos l'une apres l'autre au lieu de les faire défiler?)

Bar Harbor, dont l’un des motels nous a accueillis pour le séjour, est une véritable station balnéaire, si j’en crois le nombre de motels, hôtels et autres établissements du genre que nous avons croisés sur notre chemin. Mais les touristes aimant, eux, généralement bien le soleil et la chaleur, il n’y avait pour l’heure pas un chat et tout – ou à peu près – était fermé. Nous avons bien cru devoir jeûner pendant 3 jours devant l’absence manifeste de restaurant. Et puis nous avons déniché plusieurs places sympathiques et bondées. Les gens se cachent toujours quelque part…  

Malgré la pluie, j’ai pu profiter des joies de la nature, marcher, respirer, sauter sur les rochers et… j’ai vu mon premier orignal !!! (Moose en anglais). Malheureusement je n’ai pas pris de photo. Et même si j’en avais, je ne suis pas sûre que j’oserais les montrer car la bête était assez pouilleuse. Je crois qu’elle avait la gâle. Un grand moment d’excitation tout de même, pour une citadine dans mon genre. Je vous rassure, j’ai cessé de m'extasier devant les écureuils. Comme quoi il y a tout de même une marge de progression.

 

Sur ce je vous laisse.

Aurélie, geek en gestation. 

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4 avril 2006 2 04 /04 /avril /2006 02:25

Cabane à sucre

 

 

Hier, je suis allée à la cabane à sucre et je vais donc enfin pouvoir vous parler d'une spécialité locale : le sirop d'érable. Tout vient à point à qui sait attendre !

 

 

 

 

La cabane à sucre, c'est l'endroit où l'on fabrique le sirop d'érable. Mondialisation oblige, tout le monde sait ce qu'est le sirop d'érable, mais savez-vous comment on le fabrique ? Si oui, vous pouvez sauter le paragraphe suivant. Sinon voici les quelques informations de base pour ne pas passer pour un âne dans les dîners mondains (comment ça on ne parle pas de sirop d'érable dans les dîners mondains ? Mais de quoi diable peut-on parler ?????? Des frasques sexuelles d'Albert de Monaco ? C'est donc ben platte).

Donc pour vous expliquer le truc, le sirop d'érable vient des érables. Ben quoi ? j'explique... Au printemps - parce que ça marche mieux quand il fait chaud le jour et qu?il gèle la nuit - on perce des trous dans le tronc des arbres et on récolte l'eau sucrée qui s'en écoule. Autrefois, on fixait des seaux aux troncs et on passait les vider régulièrement, dans un grand tonneau tiré par un cheval. Aujourd'hui où nous n'avons plus de temps à perdre, l'eau s'écoule dans des tuyaux en plastique et un réseau de ramifications complexes draine la production de tous les arbres de l'érablière jusqu'à un récipient unique, esti que l?homme est ingénieux ! Ensuite, on fait bouillir la récolte pour faire évaporer l'eau et il en sort du sirop d'érable. Je vous épargne les détails techniques, mais il faut respecter des températures, des temps de cuisson, pis toute.

   

 

 

  

 

La cabane à sucre, c'est aussi l'endroit où l'on vient se sucrer le bec au printemps, c'est à dire s'empiffrer de spécialités québécoises, dégoulinant de sirop d'érable.

La convivialité est à l'honneur avec d'immenses tables de bois où tout le monde s'installe ensemble, des bancs où les petits côtoient les grands et un service unique où tout le monde mange la même chose.

 

 

 

 

Au menu (non, pas au choix sur le menu, au menu) :

-          Des cretons : exactement comme les rillettes de ma grand-mère, c'est dingue !

-          De la soupe aux pois.

-          Des fèves au lard (j'adoooore).

-          De l'omelette.

-          Des saucisses dans le sirop : des trucs de la famille des Knacki, avec du sirop d'érable.

-          Du jambon.

-          Des pommes de terre.

-          Du pain de ménage : du pain de mie, en gros.

-          Des marinades maison : betteraves, cornichons, oignons et ketchup maison.

-          Des oreilles de crisse : ça, c'est le plus beau. Vous prenez le gras du bacon, vous le faites frire, vous le salez et voilà. Beuuuuurk !!

Et en dessert, cette fois au choix :

-          De la tarte au sucre.

-          Du gâteau au sirop d'érable accompagné d'une mousse au sirop d?érable.

-          Des crêpes, que j'appellerais plutôt des pancakes rapport à l'épaisseur de la chose.

-          Un oeuf cuit dans du sirop : malheureusement je ne sais toujours pas de quoi il s'agit car personne n'en a pris à ma table.

Le principe est napper tous ces mets d'une bonne lampée de sirop d'érable, histoire de donner du goût. Pour faire descendre, on arrose le tout d'eau ou de lait froid.

Esti qu'chu pleine moé !

 

 

Moralité : juifs et musulmans pratiquants, s'abstenir ; la cabane à sucre est le royaume du porc. Filles au régime, s'abstenir également ; la cabane à sucre est aussi le royaume du sucre, du gras et de la calorie - comme si on avait encore besoin de suffisamment d'énergie pour couper des arbres dans la forêt, les pieds dans la neige...

Après le repas, au cas où on aurait encore une petite faim (j'vais mouriiiiiiiir), la fameuse tire sur neige, dont j'ai déjà parlé, nous est offerte dans la pièce même où le sirop est fabriqué. Autant dire que j'ai passé mon tour, mais cela m'a permis de jouer les parfaites touristes et de poser des questions au monsieur qui surveillait la marmite. J'ai ainsi appris que 1200 gallons d'eau d'érable donnaient, une fois transformés, 60 gallons de sirop. Et aussi que l'érable n'était pas un bon combustible pour son poêle car il mettait trop longtemps à brûler. Une information qui peut toujours servir. 

 

 

 

Et pour ceux qui voudraient jouer à la cabane à sucre à la maison, voici deux petites recettes au sirop d'érable, trouvées sur place (mais pas encore essayées : je ne mangerai pas avant une semaine, le temps de digérer !).

Pouding chômeur à l?érable (une spécialité québécoise que personnellement je suis incapable d'avaler, comme la tarte au sucre) :

-          500 g de farine  

-          10 g de levure chimique  

-          125 g de beurre  

-          250 g de sucre  

-          2 oeufs  

-          5 g de vanille  

-          165 ml de lait  

-          150 ml de sirop d'érable 

 

1.      Battre le beurre et le sucre en crème.  

2.      Ajouter les oeufs et la vanille.  

3.      Ajouter la farine, le sel et la levure.  

4.      Verser le sirop d'érable dans un plat beurré.  

5.      Verser la pâte sur le sirop sans mélanger (apparemment on peut aussi faire le contraire : verser d'abord la pâte dans le plat, puis le sirop sur le dessus). 

6.      Cuire à 180°C 35 à 40 min. (une légère pression du doigt ne doit pas laisser d'empreinte).  

7.      Démouler et laisser refroidir. 

 

 

Pain doré (= pain perdu, pour les brunches dominicaux)  

-          20 tranches de pain de mie, vieilles de deux jours  

-          500 ml de lait  

-          190 ml de sirop d'érable  

-          4 oeufs  

-          Cannelle 

 

1.      Mélanger le lait, le sirop, les oeufs et la cannelle.  

2.      Tremper les tranches dans le mélange sans les imbiber. 

3.      Les dorer à la poêle.  

4.      Pendant la cuisson, verser quelques gouttes supplémentaires de sirop sur le pain.

 

J'étais étonnée de voir, à la boutique de la cabane, les mêmes boîtes de sirop qu'à mon supermarché. L'Orée du bois serait-elle le fournisseur officiel d'Intermarché ? En fait, d'après ce que l'on m'a expliqué, c'est simplement parce que les contenants sont standardisés par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec. Celle-là même qui nous informe que « Le sirop d'érable contient des quantités appréciables de zinc, de fer et de vitamines du complexe B, principalement de la thiamine. De plus, 50 millilitres de sirop d'érable offrent 4 % de l'apport nutritionnel de référence en calcium, 3 % de l'apport en potassium et 2 % de l'apport en magnésium et en riboflavine. Et ce n'est pas tout! Des études récentes rapportent qu'on retrouve dans la sève des composés polyphénoliques (acides phénoliques et flavonoïdes), auxquels on attribue des propriétés antioxydantes et organoleptiques importantes. » (www.siropderable.ca)

 

 

 

J'ai également découvert qu'il existait plusieurs types de sirop d'érable, fonction de sa couleur : extra-clair, clair, médium, ambré, foncé. Plus il est foncé, plus il est goûtu. On le recommande donc pour la cuisine, tandis que le clair est à déguster seul. Aussi, pour ceux qui comptent en rapporter d'un voyage au Québec, mieux vaut l'acheter dans un contenant opaque que dans une bouteille transparente comme on en trouve dans les boutiques de souvenirs : il se conserve mieux à l'abri de la lumière.

Portez-vous bien et gare aux indigestions.

 

Aurélie, finalement 5h plus tard j'ai de nouveau faim !

 

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20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 00:25

Kirpan or not kirpan ?

Il y a deux semaines, la cour suprême du Canada a pris une décision qui illustre certaines différences de conception entre le Canada et la France. (Et avant de me faire traiter de tous les noms, je précise que je n’ai pas l’intention de donner mon avis sur la question, juste de vous informer...)

Le 2 mars dernier donc, les juges de la Cour suprême ont, à l’unanimité, autorisé le port du kirpan par les Sikhs à l’école. Pour ceux qui, comme moi, ignorent de quoi il s’agit, quelques précisions s’imposent. Le sikhisme est une religion indienne fondée par Satguru Nanak au XVe siècle. Les Sikhs portent la barbe, le turban, et le kirpan.  

 

Le kirpan est un poignard possédant une lame courbe, à double tranchant, mesurant généralement une quinzaine de centimètres, et signifiant que les Sikhs sont prêts à se battre pour défendre leur foi. Les Sikhs orthodoxes doivent le porter en permanence, même pour dormir et se baigner (ne me demandez pas comment ils font !). Il est cependant bien précisé que ce « petit jouet » ne doit pas être utilisé pour menacer quelqu’un ou commettre un acte répréhensible (ouf…).  

 

Les juges de la Cour suprême ont donc estimé qu’il n’y avait pas de preuve suffisante que le port du kirpan puisse nuire à la sécurité des élèves pour que l’on remette en question la liberté religieuse. Selon eux, cette autorisation montre l’importance que le pays accorde à la protection de la liberté de religion et au respect des minorités. Une illustration du « communautarisme à la canadienne ».

Le 10 février 2004, l’Assemblée nationale française interdisait à l’école « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse » illustrant ainsi le principe de « laïcité à la Française ».

Les Sikhs n’ont donc pas le droit au turban à l’école, mais quand on y pense, il y en a peut être qui portent le kirpan en douce…

J’ai entendu à la radio que le magazine Marianne avait écrit un article sur le sujet, indiquant que la question enflammait les esprits ici… Euh… je n’ai pas remarqué ça moi. Ce qui n’empêche pas les Québécois de ne pas être d’accord. Seulement au Québec, on ne manifeste pas son désaccord aussi bruyamment qu’en France !

A bientôt, athés et religieux de tout poil !

 

Aurélie, pas de turban ça fait le cheveu plat…

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