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Avertissement

Sens de l'humour et esprit critique sont requis pour apprécier la lecture de ce blog. Il est fortement recommandé de ne pas prendre les propos de l'auteur au 1er degré!

(Tous les textes de ce blog sont la propriété de l'auteure. Ils ne peuvent être reproduits sans citer son nom. Merci!)


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Critiques de théâtre : vous pouvez me lire

  • dans le journal Voir
  • dans la revue Jeu
  • dans le Sans-Papier (journal de la TELUQ)
  • sur montheatre.qc.ca


Bon théâtre!

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Chic Moustache

Vous cherchez des t-shirts qui représent le Québec sans tomber dans les clichés? Chic Moustache est fait pour vous!! Allez donc jeter un oeil!

 

Logo-pour-blog-Aurélie

 

 

 

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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 20:14

Bon ben voilà, la boucle est bouclée : le 15 septembre 2010, j’ai obtenu la citoyenneté canadienne, soit exactement 6 ans 5 mois et 3 jours après avoir débarqué mon PVT en poche…

Je vous le dis, ça fait tout drôle de se retrouver avec 450 personnes provenant de 72 pays – dont pas mal où la vie n’est pas drôle – en train de chanter (faux) l’hymne national canadien. Tout ceci est l’aboutissement de pas mal de paperasse (pour le PVT, le stage de perfectionnement, la résidence permanente et finalement la citoyenneté), de quelques milliers de dollars sortis de mon compte en banque, mais surtout d’une transformation probablement irréversible de mon identité. Partir vivre à ailleurs, ça vous change pour de bon, je peux le constater à chaque fois que je rentre en France et que je suis frappée de m’y sentir presque étrangère.

Pour devenir citoyenne canadienne, j’ai dû apporter la preuve de ma connaissance « QCM-iesque » de ma terre d’accueil. Pour cela, il m’a fallu ingurgiter un guide d’étude gracieusement fourni par le gouvernement : « Découvrir le Canada – Les droits et responsabilités liés à la citoyenneté ». J’ai fort apprécié la lecture de ce document et je souhaite partager avec vous quelques éléments qui m’ont frappée et que je vous laisse apprécier.

Page 8 : « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu… » (Extrait de la Charte canadienne des droits et libertés)

Page 9 : « Au Canada, les hommes et les femmes sont égaux devant la loi. L’ouverture et la générosité du Canada excluent les pratiques culturelles barbares qui tolèrent la violence conjugale, les « meurtres d’honneur », la mutilation sexuelle des femmes ou d’autres actes de violence fondés sur le sexe. »

Page 9 : « Il est important pour les Canadiens d’avoir un emploi, de prendre soin de leur famille et de mettre leurs habiletés à contribution. En travaillant fort, les Canadiens obtiennent un sentiment de dignité personnelle et d’estime de soi en plus de contribuer à la prospérité du Canada. »

Page 9 : « Tous les citoyens ont la responsabilité d’éviter le gaspillage et la pollution, ainsi que de protéger le patrimoine naturel, culturel et architectural du pays pour les générations à venir »

Page 9 : « Travailler à temps plein dans les Forces canadiennes (…) est une noble façon d’apporter sa contribution au Canada et un excellent choix de carrière »

Page 11 : John Buchan, premier baron Tweedsmuir, a été un gouverneur général du Canada très populaire (1935-1940). Il a déclaré que les communautés immigrantes devraient conserver leur individualité et contribuer chacune à leur façon à l’essence même de la nation. Selon lui, chacune pourrait apprendre de l’autre et, tout en entretenant ses propres allégeances et traditions, n’en chérir pas moins les nouvelles allégeances et traditions qui naissent de leur collaboration. »

 

Portez-vous bien!!

 

Aurélie, qui "observe fidèlement les lois du Canada"

11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 18:54

Chers lecteurs,

Si j’ai délaissé ce blogue pendant de longs mois (plus d’un an en fait – ayoye, ça passe vite!), c’est que je concoctais quelque chose, et comme je le concoctais en dehors du travail et du théâtre, c’est le blogue et ma vie sociale qui sont passés à la trappe.

Ce quelque chose – oui, oui, j’y arrive – c’est une entreprise! En le disant, j’ai moi-même de la peine à le croire. Heureusement, je ne me suis pas lancée dans ce projet un peu fou toute seule, mais avec Christophe qui, certains d’entre vous s’en souviendront peut-être, est mon ex. Comme quoi, il y a d’autres voies dans les relations entre ex que 1/ le néant, et 2/ l’écharpage. Christophe et moi avons choisi la voix du « continuons donc à profiter de ce que nous appréciions chez l’autre ». Quel bel exemple de maturité! Allez, allez, vous pouvez vous extasier, vous prosterner, me baiser les pieds : les marques d’admiration ne me gênent pas du tout – à peine provoquent-elles une petite rougeur qui se fond à merveille à ma couperose.

Bon, trêve de plaisanterie (c’est fou comme les bonnes vieilles habitudes se reprennent facilement), voici les détails que vous attendez avec impatience. La chose s’appelle CHIC MOUSTACHE. Chic parce que c’est tout moi. Moustache parce que c’est très chic. Et avant que vous fassiez des commentaires, je vous dis tout de suite que trouver un nom d’entreprise, c’est un CALVAIRE, calvaire!!!

Chicmoustache.com –  j’écris « .com », car tout se passe par Internet – donc, Chicmoustache.com est un concours permanent de design pour t-shirt sur le thème du Québec. Les artistes de tout poil sont invités à soumettre leurs créations par Internet. Après une première sélection, les visuels sont soumis au vote et aux commentaires des membres de la communauté Chic Moustache. Chaque mois, Chic Moustache sélectionne des visuels parmi ceux qui ont suscité le plus d’enthousiasme. Ceux-ci sont alors imprimés sur t-shirts et mis en vente en ligne. Leurs créateurs perçoivent des droits de 2 $ par t-shirt vendu. Les produits sont imprimés en série limitée (1000 exemplaires maximum).

Vous avez compris? Oui? Non? Bon, dans le doute :

  • « Concours permanent », ça veut dire qu’on peut participer à tout moment, tout au long de l’année jusqu’à la fin des temps (ou notre rachat par Google qui n’est pas à la veille de finir de se diversifier).
  • « Sur le thème du Québec », ça veut dire que les visuels proposés doivent tous être représentatifs du Québec, au sens le plus large. Cela peut inclure ses villes et régions, ses expressions, son folklore, ses personnalités, ses coutumes et habitudes, son architecture, ses monuments, sa gastronomie, etc. C’est que le Québec, moi, je l’aime, au cas où vous ne l’auriez pas encore remarqué!
  • « Les artistes de tout poil », ça veut dire graphistes, illustrateurs, photographes, et toute personne qui a de l’imagination et du talent. Vous vous sentez concerné? Tant mieux! On va vous accueillir à bras ouverts! Vous avez des amis qui correspondent à la description : n’hésitez pas à leur transmettre l’information.
  • « Après une première sélection », ça veut dire que la première qui décide, c’est moi! Ben oui, à quoi bon créer une entreprise si on n’est pas le chef?!? (Euh, y a Christophe qui dit que lui aussi il est le chef, et je crois qu’on va devoir avoir une petite conversation pour mettre les choses au clair…)
  • « Imprimés sur t-shirts », ça veut dire que grâce à Chic Moustache, vous allez enfin pouvoir porter des t-shirts qui pognent! C’est d’ailleurs notre slogan : « Chic Moustache, les t-shirts qui pognent! Ben oui, à quoi bon imprimer des t-shirts si c’est pas pour pogner quand on les porte?! (Note pour les lecteurs non québécois : la définition de « pogner » se trouve ICI.) 
  • « En vente en ligne », ça veut que vous n’avez pas besoin de résider à Montréal pour pouvoir les acheter. Québécophiles de tout le Canada, des États-Unis et d’Europe, vous aussi vous aurez accès aux t-shirts qui pognent!
  • « Les produits », ça veut dire les t-shirts qui pognent, mais aussi des vêtements pour bébés et probablement des sacs à provisions – qui pognent eux aussi, bien sûr.
  • « En série limitée », c’est parce qu’on sait que quand on a un t-shirt qui pogne, on n’a pas trop envie que tout le monde ait le même!


Maintenant, c’est clair? Si votre réponse est oui : vous pouvez continuer à lire. Si votre réponse est non : retournez au paragraphe 4. Si vous êtes déjà retourné au paragraphe 4 et que votre réponse est toujours non… euh ben, faut arrêter de sniffer de la colle (ou de boire du sirop contre la toux – paraît que c’est ça que font les jeunes maintenant).

Je vois d’ici les « p’tits vite » qui ont déjà tapé dans leur navigateur www.chicmoustache.com, et qui se disent « mais, mais, mais, y a pas de site là ». C’est que le site ne sera en ligne que fin juin. Pour l’instant, on a juste une page d’accueil où vous pouvez enregistrer votre adresse courriel pour recevoir notre infolettre. Ben oui, vous comprenez, ça fait plus d’un an que je mijote ce truc en secret, alors je ne pouvais pas tenir ma langue plus longtemps! Pis, j’suis ben fière de notre page d’accueil!!

Toutefois, pour ceux qui seraient pressés de me dire à quel point ils ont hâte de faire partie de la joyeuse communauté Chic Moustache et de porter des t-shirts qui pognent, je vous suggère de devenir « fans » de notre page Facebook : www.facebook.com/chicmoustache.

Et pour ceux qui voudraient participer dès maintenant au concours – il est déjà ouvert, car nous ne voulons pas lancer le site sans de magnifiques créations –, vous trouverez tous les détails dans ce document.

Sur ce, il est une heure du matin, alors je vais me coucher, compter les fans (euh, je veux dire les moutons) et faire de beaux rêves de succès ;-)

Portez-vous bien!

Aurélie, appelez-moi « patron ».

27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 04:58
Chers lecteurs, en particulier les non-québécois,

Pour votre culture et votre curiosité personnelles, j’ai décidé – non, ne me remerciez pas! – de vous faire découvrir mes coups de cœurs musicaux québécois de la dernière année :


J’aime aussi beaucoup la chanson :

Si cela vous intéresse, vous pouvez acheter les œuvres de ces artistes en format mp3 sur leurs sites Internet ou chez Archambault : http://www.zik.ca/zik/

Bonne écoute!

Aurélie, la la la…
11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 02:12

C’est peu dire que qualifier de tollé l’effet causé ici par la déclaration faite par Nicolas Sarkozy alors qu’il remettait la Légion d’honneur à Jean Charest, premier ministre du Québec. Depuis une semaine, on ne parle que de ça, et l’affront fait toutes les manchettes.

 

Pour ceux qui ne sauraient pas de quoi je parle (souvenons-nous que les lecteurs de ce blog viennent des quatre coins du monde – tiens voilà que je parle à la 1e personne du pluriel moi!), voici ce qui en est dit sur le site Internet de Radio-Canada :

 

[Si Sarkozy] n'a pas manqué de rappeler l'importance des liens entre la France et le Québec, il a aussi précisé que son pays était attaché au Canada.

 

M. Sarkozy a tourné la page sur la politique de « non-ingérence et de non-indifférence ». Cette politique « qui a été la règle pendant des années, honnêtement [...] n'est pas mon truc », a-t-il lancé.

 

Puis, le président français a précisé qu'il aimait les deux ensembles de manière différente: « Pour vous aimer, je n'ai pas besoin de détester les voisins [...], pour prouver qu'on aime les autres, on n'a pas besoin de détester leurs voisins ». Il a ajouté que ceux qui ne comprenaient pas cela « ne comprennent pas le refus du sectarisme, le refus de la division, le refus de l'enfermement sur soi-même et le refus de cette obligation de définir son identité par opposition féroce à l'autre ».

 

Bon. Bon, bon, bon.

 

Je conçois parfaitement que Sarkozy ne comprenne rien au nationalisme québécois. Moi-même, je n’ai perçu la profondeur de la « question identitaire » qu’en vivant ici, et encore, après plusieurs mois, et encore partiellement. Je pense qu’il faut vivre ici pour constater les effets qu’a déjà la culture anglo-saxonne sur la culture québécoise francophone, voir la façon dont elle envahit progressivement toutes les sphères, observer comment la langue française se teinte d’anglicismes (je ne parle pas seulement de « mots », mais aussi et surtout de tournures de phrases), voir le nombre de francophones diminuer d’année en année (notamment à Montréal), et percevoir la menace que tout cela fait peser sur les Québécois francophones, lesquels craignent tout bonnement de voir leur langue disparaître, et avec elle un mode de pensée.

 

Un des mes collègues à proposé la comparaison suivante. Imaginons que la France soit devenue allemande à la fin de la seconde guerre mondiale. Imaginons que, progressivement, les Allemands se soient installés en France, toujours plus nombreux. Imaginons que les émissions de télévision allemandes envahissent les écrans, que la bouffe allemande envahisse les supermarchés, que les commerçants se mettent à vous servir en allemand, que la plupart des postes à responsabilité soient occupés par des allemands*, que la population parlant allemand devienne finalement plus nombreuse que celle parlant français. Est-ce que les Français ne se sentiraient pas un peu menacés? Est-ce qu’ils n’auraient pas un peu envie d’affirmer leur identité? Est-ce qu’ils n’auraient pas le sentiment qu’ils doivent se défendre?


Évidemment, ceci est une caricature, un raccourci, une simplification, mais j'ai repris l'exemple, car je trouve qu'il aide la démonstration. Je précise que je ne suis pas ici en train de faire un pamphlet pro-indépendance mais que j'essaie d'aider à percevoir - avec maladresse sans doute, mais que voulez-vous, je ne suis pas parfaite - ce que ressentent certains Québécois francophones, que l'on considère leur sentiment justifié ou non.

 

Bref, je comprends parfaitement que M. Sarcozy soit tout à fait ignorant de cette question, mais ne devrait-il pas éviter de faire étalage de son ignorance? Un peu de dignité, que diable! Et s’il s’agissait là d’une pure provocation (on l’en sait capable), il me semble qu’il eut été de bon ton de ne pas le faire en présence de Jean Charest, le plaçant par là même dans une situation politiquement très délicate. Je vous le dis : l’art de recevoir se perd!

 

(Il eut aussi été de bon ton de penser à tous les expatriés qui allaient immanquablement se faire prendre à parti sur leur lieu de travail, presque comme s’ils étaient personnellement responsables de l’incurie de leur président – pour lequel ils n’ont pas forcément voté en plus!)

 

Et je ne parle pas de ce député qui a cru bon de demander à Charest s’il avait « la plotte à terre ». Certes, cela partait d’une bonne intention (moi, le ridicule de la chose me fait plutôt rire à vrai dire), mais je comprends que les Québécois puissent se sentir insultés, surtout que l’expression est d’une vulgarité consommée! Je pense qu’il serait grand-temps de donner aux attaché(e)s parlementaires un cours de « Recherche sur Internet pour les nuls ».

 

Portez-vous bien et humblement!

 

Aurélie, hi-haaaan.

 

 

* D’après ce que l’on m’a dit, les « anglos » ont longtemps occupé la grande majorité des postes à responsabilité au Québec, même si cela change aujourd’hui.

 

 

8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 00:27

Hier soir, alors que je soupais dans un restaurant Africain en compagnie d’un Australien, j’ai été victime d’une attaque raciste en règle. Autant dire que ce ne fut pas une partie de plaisir.

À la fin du repas, composé de poulet Yassa et de m'boum au Neverdaye, le restaurateur sénégalais nous propose de nous raconter des contes africains, quelle bonne idée. Outre les susmentionnés nous, il y avait à ce moment-là dans le restaurant trois Québécois, deux femmes et un homme, passablement éméchés. Dès le départ, l’agressivité a été de mise : une des femmes m’a demandé d’où j’étais et a failli s’étouffer quand je lui ai répondu « de Montréal », manifestement prise d’une forte envie de m’étrangler. Après admonestation – sans doute eut-elle aimé me frotter la langue avec du savon pour me punir de mes mensonges – destinée à me faire admettre que je n’étais pas de Montréal puisque je n’y étais pas née (si elle voulait m’entendre lui dire ce qu’elle savait déjà, il me semble que « où êtes-vous née? » eut été une formulation plus adéquate de la question, mais enfin…), la dame – nous l’appellerons désormais « Grosse-vache-défraîchie », par souci de facilité et de politesse, car ce sont des adjectifs moins flatteurs qui me viennent tout naturellement en tête – s’est fendue du traditionnel discours sur les Français « arrogants, chiants, méprisants ». Pleine d’objectivité, elle a tout de même admis que nous nous étions améliorés ces dernières années, c’est bon à savoir, merci. Soucieuse de ne pas gâcher la soirée, et jugeant que son alcoolémie n’était guère propice à la discussion, je n’ai pas bronché : je me suis contentée d’être agacée à l’intérieur.

Les choses ont complètement dégénéré quand, à la fin du conte, le restaurateur – nous l’appellerons désormais « Stand-up-for-your-rights » – a annoncé qu’il allait maintenant en raconter un second en anglais, afin que l’Australien qui m’accompagnait – appelons-le « T’es-donc-ben-cute » (ben quoi?!) – puisse également profiter de la soirée. Il me faut ici préciser que T’es-donc-ben-cute ne vit de manière permanente au Québec que depuis peu, ce qui explique qu’il n’ait pas encore appris le français – même s’il est justement venu ici pour cela au départ. Grosse-vache-défraîchie s’est mise immédiatement mise à vociférer que cela était inadmissible, qu’il n’était pas question qu’on lui parle anglais, qu’elle n’avait pas à tolérer ça. Voyant qu’on frôlait l’incident diplomatique, j’ai dit à Stand-up-for-your-rights qu’il pouvait continuer en français, que cela ne posait pas de problème, ni à T’es-donc-ben-cute ni à moi. Stand-up-for-your-rights semblait toutefois peu disposé à se faire dicter la loi dans son propre restaurant et a donc répliqué à Grosse-vache-défraîchie que, chez lui, on ne faisait pas de discrimination de ce genre, que tout le monde était le bienvenu, qu’il parle français ou non, qu’il avait l’habitude de raconter ses contes en français et en anglais et que jamais au grand jamais personne ne s’en était plaint. Il a donc commencé à raconter, en anglais. Grosse-vache-défraîchie a quitté son siège sur le champ et est allée se rasseoir à sa table, suivie de ses deux acolytes. Et c’est là qu’elle s’est mise à beugler (on comprend désormais d’où vient son surnom!), activement soutenue par ses comparses, que tout ceci était scandaleux, que ce n’étaient pas des étrangers qui allaient faire la loi chez elle, et pour qui elle se prend celle-là à dire qu’elle est de Montréal, qu’ils retournent chez eux ces tabarnacs… J’étais littéralement estomaquée. Le pire, c’est que, bien que ce soit T’es-donc-ben-cute qui ne parle pas français, c’est finalement moi qui ai mangé le plus de marde, ostie de maudite Française que je suis.

Rentrer chez moi, je devrais rentrer chez moi?!? Et c’est où chez moi, hein?

Le plus fou dans toute cette histoire, c’est que Grosse-vache-défraîchie vit à Ottawa (!) et est directrice (directrice, hein, pas autre chose que directrice, elle l’a suffisamment répété) d’un programme d’insertion des immigrants (re ! et même peut-être !! ou !!! voire !!!!). Moi, je pose la question : comment diable le gouvernement choisit-il ses fonctionnaires? Et comment peut-on accepter qu’une personne chargée d’accueillir les immigrants les considère comme une nuisance plutôt que comme une richesse?!

Pour tout vous dire, je suis affreusement choquée et blessée. Moi qui adore le Québec, qui ne cesse de vanter les mérites de la vie à Montréal, qui m’applique à consommer local pour encourager l’économie, qui travaille (indirectement, certes, mais tout de même) à la santé de la population québécoise, me faire traiter comme ça, je trouve ça épouvantable. Je sais bien que ce n’est que le fait d’une pauvre femme aigrie dont le cerveau était liquéfié par le vin, mais ça fait mal tout de même…

J’ai une pensée particulièrement compatissante pour ceux qui, en raison de leurs origines, sont victimes d’insultes au quotidien. Leur vie doit être un enfer.

Portez-vous bien et aimez-vous les uns les autres…

Aurélie, meurtrie.
1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 23:54
Un séjour d’une semaine à Paris m’a convaincue que je m’étais, sinon totalement, du moins en partie québécisée :

- j’oublie de récupérer mon ticket après avoir franchi les barrières du métro;
- j’attends tranquillement que les portes du métro s’ouvrent toutes seules pour me laisser descendre;
- je suis offusquée que la caissière du supermarché ne lève pas le petit doigt pour m’aider à mettre les articles dans le sac;
- je saisis un stylo pour signer quand j’utilise ma carte de crédit;
- je ne supporte plus la fumée de cigarette;
- je porte des gougounes (tongs) de mai à octobre;
- je rajoute du sucre dans le Nesquik français;
- je demande où se trouvent les poubelles « recyclage » à l’aéroport;
- je dis « allô » en entrant dans les magasins;
- je demande au plombier que je ne connais pas s’il va bien quand j’appelle pour prendre RV;
- je dis « salut! » aux caissières des magasins;
- je laisse des pourboires au restaurant;
- je suis scandalisée quand un fournisseur de services me parle comme à un chien;
- je vais m’étonne que tout soit fermé le dimanche;
- je cherche désespérément des bleuets (myrtilles) au supermarché…

Mais je reste tout de même un peu Française : la première chose que j’ai achetée est un fromage qui pue!

Portez-vous bien, les nord-américanisés et les autres!

Aurélie, 40 paquets de biscuits dans ses valises.

NB : en France on dit "allô" seulement quand on répond au téléphone et on ne dit pas "salut" aux vendeuses mais "bonjour"
("salut" est trop famillier)...
23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 03:03

Il y a environ deux semaines, j’ai fait une expérience sensorielle qui valait définitivement le déplacement. Je suis allée souper dans un restaurant plongé dans une obscurité totale. Opaque, impénétrable. Le lieu s’appelle
O noir, et a pour objectif avoué de faire découvrir aux tout-voyants ce que vivent les rien-voyants. Si j’étais politiquement correcte, je devrais dire les « non-voyants ». L’autre jour, je racontais mon expérience à quelqu’un en parlant d’ « aveugles » et je me suis fait vertement reprendre. Je ne vois pas vraiment ce que le mot « aveugle » a d’insultant, comme je ne vois pas vraiment en quoi « assistante administrative » est plus valorisant que « secrétaire », mais il y a de nombreuses choses qui m’échappent en ce monde, et qui n’échappent pas à d’autres que moi, notamment à celui qui me reprit vertement.

Bref.

Dans une antichambre légèrement éclairée, nous sommes invités à choisir nos plats sur le menu, en non-braille, et à déposer nos effets personnels dans un casier non-non-cadenassé. Un sac à main suspendu au dossier d’une chaise est en effet source de danger. Sans compter qu’on pourrait l’égarer, ce qui causerait une sacrée pagaille, avouons-le. Puis, Kim vient nous chercher. Kim est aveugle, et elle est également serveuse, ce qui en soit constitue un exploit. Tandis qu’elle nous donne ses consignes, je sens la tension monter de mes orteils à mes oreilles. Pas le choix de faire confiance à Kim. Dans ce restaurant c’est elle qui voit et nous qui sommes aveugles. Pour une fois. J’empoigne fermement son épaule gauche tandis que mon cavalier du jour (du soir plutôt, ou non : de l'obscurité opaque et impénétrable) empoigne la mienne. En file indienne, et à un rythme de limace, nous progressons vers notre table. Première surprise : nous serons assis côte à côte. Seconde surprise, il y aura d’autres convives en face de nous. Tandis que l’un d’eux s’exclame « mais enfin, pourquoi ils ont installé des gens en face, crisse » – oubliant probablement que, si nous sommes momentanément aveugles, nous ne sommes pas sourds –, je me fais la réflexion que cela limite les circonvolutions autour des tables et doit donc grandement faciliter la vie des serveurs. Une fois assise, je m’agrippe à mon voisin. Non, je ne stresse pas, je tente de prendre mes repères….

Tout à coup… Oh! Non. Dites-moi pas que c’est pas vrai… j’ai envie d’aller aux toilettes. Kim? Kim?! Kiiiiiiiiiim!!!!! Les propriétaires de la place, probablement soucieux que personne ne pisse à côté de la cuvette, ont pourvu les toilettes d’une vague ampoule de 5 watts. On la regrette presque. On est ici pour faire une expérience après tout, non?

De retour à la table, l’entrée arrive. « J’apporte votre assiette. Je vous la tends par la gauche. » informe Kim. Ok. Euh? Ah, la voilà. Ayant trouvé mes couverts du premier coup ou presque, je me pense naïvement tirée d’affaire. Que nenni. Je m’apprête à faire la découverte la plus inattendue de la soirée. Le problème majeur qui s’offre à moi est de parvenir à trouver la nourriture dans mon assiette. Un coup, je porte à ma bouche une fourchette vide. Le coup d’après, je me prends un portobello dans l’œil, car je n’ai pas su le couper à la taille adéquate. Quant à marier habilement les saveurs, oubliez ça tout de suite : on prend les aliments qui arrivent comme ils arrivent, déjà fort heureux d’avoir réussi à piquer quelque chose.

Lassée et affamée, je décide finalement de manger… avec mes doigts. Ici personne ne voit rien, alors profitons-en. C’est ainsi que je découvre finalement avec consternation que la presque totalité du contenu de mon assiette se trouve sur la table! Je me disais aussi qu’ils avaient été un peu chiches en parmesan…

On dit que les personnes privée d’un sens surdéveloppent les autres pour compenser. Le sens que j’ai le plus développé ce soir là est le toucher. J’ai tâté mon voisin, caressé le mur, palpé la table, serré Kim, bref, mes doigts ont consciencieusement exploré tout ce qui se trouvait à leur portée, afin de permettre à mon cerveau d’imaginer ce que mes yeux ne voyaient pas.

À la fin du repas, Kim nous demande si nous avons apprécié notre expérience. Je trouve la question incongrue. Je me vois en effet assez mal battre des mains et proclamer avec enthousiasme : « Oh! Ouiiiiiii. C’est vraiment trop génial d’être aveugle! » Je me vois également mal répliquer : « Mais non. Mon dieu! C’est affreux d’être aveugle, ma pauvre petite. » Alors je glisse un timide « oui, merci » dont je ne sais s’il correspond à ce qu’elle espérait, et m’éclipse, heureuse de l’expérience mais plus heureuse encore de ma chance : une fois dehors, je revois.

Portez-vous bien et aidez les aveugles non-voyants à traverser la rue...

Aurélie, les lunettes finalement c'est pas pire.
12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 22:19

J’ai beau l’aimer énormément, il me faut admettre que Montréal n’est pas ce que l’on appelle une belle ville.

Bon, voilà que je parle par euphémismes… Reprenons et osons les vérités nues (et crues)!

J’ai beau l’aimer énormément, il me faut admettre que Montréal est ce que l’on appelle une ville laide. À l’exception de certains quartiers, comme le Vieux-Montréal ou certaines rues du Plateau (et probablement d’autres que je ne connais pas bien), les cubes de bétons ou de brique de tailles hétéroclites et les terrains vagues se succèdent en une anarchie fort inesthétique.

La plupart du temps cependant, on l’oublie. En hiver, la ville se drape majestueusement d’un manteau blanc étincelant sous le soleil, et, en été, elle se pare de verdure et de fleurs et résonne des sons des mille et un festivals, ce qui la rend des plus agréables à vivre.

(Après les euphémismes, voici la minute de poésie de supermarché!)

Malheureusement, cette réalité vient nous frapper de plein fouet au printemps, lorsque la neige fond. D’une part, des mares de sloche se forment dans les nids de poule et aux abords des trottoirs, tandis que des gros tas de neige noirâtre subsistent ici et là. D’autre part, sont soudain mis à nu tous les déchets qui avaient été ensevelis par les différentes couches de neige. Il faut savoir que les habitants montréalais déposent chaque semaine devant leur logis des bacs en plastique vert contenant leur recyclage, pour ramassage par les autorités municipales. Par jour de vent, c’est un désastre : les papiers journaux, cartons, bouteilles vides et contenants divers se répandent dans les rues. En été, ceux-ci sont rapidement ramassés par les services de nettoyage de la ville, mais en hiver, ils sont plutôt recouverts par la neige et oubliés. Quand la neige fond, ils resurgissent, pas biodégradés le moins du monde, et les rues ressemblent alors à un vaste dépotoir boueux.

Heureusement, au printemps, c’est le printemps! Qu’importe la saleté quand les terrasses des cafés ouvrent et que la population montréalaise sort ses gougounes et affiche ses bras nus dès que la température dépasse 5 degrés? Ce qui prime à cette période, c’est la joie de vivre!


Portez-vous bien.

Aurélie, en bottes fourrées jusqu’en mai, ben ouais.
25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 05:27

Depuis que je vis avec Montréal, je suis ce que l’on appelle totalement décomplexée par rapport à ma corpulence. Moi qui avait banni la jupe de mon placard, je me promène désormais tout l’été vêtue de minuscules bouts de tissus qui me tiennent lieu de vêtements et offrent l’immense avantage de permettre de supporter sans mal les températures accablantes de juillet-août.

Par le passé, outre les mains baladeuses et les regards lubriques de certains Parisiens, décourageant rapidement toute velléité de jambe-nudisme, je supportais mal la mini-jupe, car je supportais mal mon tour de cuisse. J’ai toujours pensé que les commentaires déplaisants de ma mère à cet égard expliquaient mes complexes. Le séjour que j’ai passé en janvier dans ma presque terre natale, Paris, France, m’a fourni une autre perspective. À peine arrivée dans mon ancien chez-moi, j’ai renoué avec une de mes ex-mauvaises habitudes : celle de regarder la télé souvent, très souvent, trop souvent (ben oui, que voulez vous, je ne suis pas parfaite). C’est ainsi que j’ai pu prendre la mesure du bourrage de crâne auquel sont constamment soumises les habitantes de l’hexagone. Pas une coupure publicitaire sans qu’on nous présente un nouveau produit allégé-parce-que-nous-ne-voulez-pas grossir-cet-hiver, un régime ultra-efficace-parce-que-ce-serait-horrible-de-grossir-cet-hiver, une pilule mange-graisse-que-vous-remercierez-quand-viendra-le-temps-de-vous-mettre-en-maillot-
de-bain, un appareil de musculation par courant électrique-qui-transformera-votre-graisse-disgracieuse-et-dont-vous-avez-honte-en-muscle, des collants gainés-qui-masqueront-votre-abominable-culotte-de-cheval, etc.

Ici, en Amérique, tout le monde se demande pourquoi les Françaises sont minces (on écrit même des livres sur le sujet). Moi je connais la réponse : c’est parce qu’elles sont endoctrinées.



12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 20:54
Mes excuses


Chers lecteurs,

Je vous présente mes excuses pour les publicités intempestives qui vous ont envahis quand vous vous êtes promenés sur ce blog au cours des dernières semaines... Apparemment un problème technique est survenu lors de la migration de mon blog vers la nouvelle plate-forme d'Over-Blog et je ne pouvais plus accéder à mon espace administration (ce qui signifie que je ne pouvais plus ajouter de nouvelle chronique ni faire apparaître vos commentaires) et pour une raison obscure, de la pub se met automatiquement sur les blogs inactifs plus de 40 jours.

Bref, grâce à l'intervention de Fabrice (merci!) d'OB, tout ceci est réglé. Vous ne serez donc plus pollués par les annonces et je vais pouvoir recommencer à vous raconter ma vie!

En attendant, portez-vous bien.

Aurélie
Published by Aurelie au Canada (Copyright) - dans Divers
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