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Sens de l'humour et esprit critique sont requis pour apprécier la lecture de ce blog. Il est fortement recommandé de ne pas prendre les propos de l'auteur au 1er degré!

(Tous les textes de ce blog sont la propriété de l'auteure. Ils ne peuvent être reproduits sans citer son nom. Merci!)


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Bon théâtre!

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Chic Moustache

Vous cherchez des t-shirts qui représent le Québec sans tomber dans les clichés? Chic Moustache est fait pour vous!! Allez donc jeter un oeil!

 

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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

1 juillet 2005 5 01 /07 /juillet /2005 00:00

 

 Inadaptée ?

Après 2 semaines et demi passées dans mon fief d’origine, je suis en mesure de l’affirmer sans sourciller : je suis désormais totalement inadaptée à la vie parisienne. La raison ? J’ai perdu ma hargne. Le résultat ? J’ai en permanence l’impression de me noyer dans une foule hostile ; je suis passée en mode survie, tentant tant bien que mal de ne pas me mettre à hurler dans les wagons bondés du métro lorsque ma peau entre en contact avec celle, gluante, d’un de mes congénères. Je suis devenue agoraphobe. Misanthrope même. Dépressive, limite.

Voici le récit de mes dernières (més)aventures parisiennes.

1/ L’histoire de la cave.

Une semaine après mon arrivée, je reçois un coup de fil de madame L. Madame L. habite au 2ème droite et elle m’appelle pour m’informer qu’à la suite de la vente d’un appartement de l’immeuble, les copropriétaires se sont rendus compte que l’anarchie la plus complète avait présidé à l’occupation des caves. Ainsi se trouve-t-elle installée dans la cave nº10 qui appartient en fait au nouvel acheteur, lequel la somme de déguerpir. Elle veut donc récupérer sa cave à elle, la nº4, qui se trouve être celle dans laquelle j’ai moi-même installé mes petites affaires. Mais pas de problème chère madame L., je vais déplacer au plus vite mes affaires dans la nº11 qui, comme l’indique le règlement de copropriété, est celle qui va avec mon appartement. Un petit coup de fil à celui qui l’a investie et tout rentrera dans l’ordre. Après tout, nous sommes entre gens de bonne compagnie. Ben tiens. Le petit coup de fil en question se transforme en combat rangé quand celle qui squatte ma cave me hurle qu’il n’est pas question qu’elle déménage, et que si je ne suis pas contente je n’ai qu’à lui faire un procès… Oh ben oui tiens, je n’ai qu’à faire ça.


2/ L’histoire du bus.

Sitôt arrivée, sitôt RV chez le dentiste pris. Pour m’y rendre, je prends le métro, puis le bus. Connaissant mal l’itinéraire de ce dernier, je demande au chauffeur s’il marque un arrêt avant de tourner à droite, là-bas, dans la rue Lecourbe. Il me répond que oui et c’est à ce moment qu’un passager m’informe très courtoisement que je dois être une véritable imbécile pour poser des questions aussi débiles que celle-là et que franchement on n’a jamais vu une stupidité pareille.


3/ L’histoire de l’OFQJ.

Bien décidée à trouver un travail au Canada, je décide de me faire aider par les organismes dont c’est précisément le but : aider. Je me rends donc à l’Office Franco-Québécois pour le Jeunesse (on se souvient qu’une démarche similaire à Montréal s’était soldée par un cuisant échec mais m’avait néanmoins permis de constater que j’étais encore, et contre toute attente, considérée comme jeune). Là, je demande s’il est possible de bénéficier du programme Mobilité Jeune Travailleurs bien que l’on ait une demande de résidence permanente en cours. La réceptionniste-cerbère me répond, comme si j’étais effectivement la débile mentionnée dans le bus, que la résidence permanente c’est pour habiter là-bas et le PMT c’est pour aller y travailler temporairement. Ah boooooooooooooooon, donc la résidence permanente c’est pour résider en permanence… ???? J’avais pas compris…

Je reformule ma question une seconde fois, battant ma coulpe c’est moi qui me suis mal exprimée pardon parce que ce que je voulais savoir en fait c’est si on avait le droit de participer au programme en attendant d’avoir ses papiers de résidence permanente. Réponse : « je vous dis que la résidence permanente c’est pour habiter là-bas alors que le PMT c’est pour aller y travailler temporairement ». Bon, je retente ma question, excusez-moi décidément je ne suis pas claire. Même réponse, les yeux levés au ciel en plus. Que Dieu te vienne en aide ma fille.

 

4/ L'histoire de l'autotoute .

Week-end en Haute-Savoie. Le soleil, les champs, la baignade dans le lac d'Annecy (que c'est joli Annecy!). Retour mercredi : 8 heures de route dont 2h30 heures pour les 30 derniers kilomètres, cul à cul avec environ 3 millions d'autres automobilistes. Le cauchemar, ni plus ni moins.

Montréal me maaaaaaanque !

Grosses bises à vous tous.

Aurélie, lâche pas, t’es capab’.

 

PS : Vous êtes très nombreux à me demander des conseils sur l'immmigration au Canada, la vie à Montréal, etc. mais je ne peux pas répondre à tout le monde. Je vous conseille donc le site de l'ambassade du Canada ou immigrer.com où il y a de nombreux conseils sur la question.

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10 juin 2005 5 10 /06 /juin /2005 00:00

 

Ca s’en va et ça revient

 

 

 

De retour à la case départ, premiers constats.

 

 

-          A Paris, les grille-pains sont rectangulaires format quart de baguette ; à Montréal, les grille-pains sont carrés format tranche de pain de mie.

 

-          A Paris, les chiens font caca sur le trottoir ; à Montréal aussi, mais les cacas sont ensuite ramassés par les propriétaires (certains me soutiennent qu’à Paris aussi, mais toujours est-il que j’ai failli mettre le pied dans une merde dès ma descente de voiture, en arrivant de l’aéroport…)

 

-          A Montréal, les serveurs sont aimables ; à Paris, ils sont odieux. Peut-être parce que le service est compris à Paris mais pas à Montréal…

 

-          A Paris, le Nesquik est une poudre chocolatée sucrée ; à Montréal, c’est une poudre sucrée marron.

 

-          A Montréal, les hommes ne draguent pas ; à Paris si. C’est ainsi qu’achetant un bouquet pour ma grand-mère, je me suis fait offrir une rose par le fleuriste.

 

-          A Montréal, les voitures s’arrêtent pour laisser passer les piétons ; à Paris, elles brûlent les feux rouges.

 

-          A Montréal j’ai l’accent parisien ; à Paris j’ai l’accent québécois.

 

-          A Montréal le serveur nous remplit notre verre d’eau plusieurs fois pendant le repas au restaurant ; à Paris, il nous donne une carafe d’eau.

 

-          A Paris, les portes du métro sonnent avant de se fermer ; à Montréal, elles vous guillotinent sans prévenir.

 

-          A Paris il y a des Quick ; à Montréal, des Burger King.

 

-          A Paris, on roule en scooter ; à Montréal, à vélo.

 

-          A Paris il y a des pigeons ; à Montréal, des mouettes.

 

-          A Montréal, beaucoup d’hommes se promènent en short et en tongs ; à Paris, tous les hommes sont en pantalon et chaussures fermées.

 

-          A Montréal ma grand-mère me gonfle par téléphone ; à Paris, en direct live.

 

-          A Montréal, je suis un peu fauchée ; à Paris, je suis pauvre.

 

 

Hasard ou coïncidence ? Nature ou culture ? Vieille France ou Nouvelle France ?

 

 

Sur ces considérations hautement philosophiques d’importance intersidérale, je vous laisse : je pars chez le dentiste (la semaine prochaine dermato, gynéco, ophtalmo, ORL, phlébologue, nutritionniste, psy, cardiologue, pédiatre, uni-jambologue, mal-de-dos-logiste, cremaddicto-therapeute …)

 

 

 

 

Aurélie, Coca ou Pepsi ? Mac Do ou Burger King ?

 

 

 
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30 mai 2005 1 30 /05 /mai /2005 00:00

 

Réseau routier

 

 

 

La chaussée montréalaise ressemble fort à celle de n’importe quelle capitale en voie de développement : on y trouve des trous, des bosses, des ornières, des cavités, des accrocs, des déchirures, bref elle est ce qu’on pourrait appeler défoncée. Totalement défoncée.

 

Tous les ans à la fin de l’hiver, la presse, la radio, les citoyens ne parlent que de ça : les nids-de-poule. Typiquement le genre de mot que je n’employais jamais avant et qui fait désormais partie de mon vocabulaire courant assorti de quelques jurons : « crisse de nid-de-poule » « tabarnac, encore un nid-de-poule », « j’ai bien failli me casser une jambe dans c’t’ostie de nid-de poule », etc.

 

Pour vous expliquer, un nid-de-poule, c’est un trou au milieu de la route. Un gros trou. Un très gros trou. Le genre de trou qui vous bousille un essieu. Le genre de trou qui vous sabote un tibia. Bref, le genre de trou dans lequel il vaut mieux ne pas tomber, à pied, à cheval ou en voiture.

 

Le responsable ? Le climat bien sûr ! Avec des écarts de températures de 60 degrés entre l’hiver et l’été, on comprend que le bitume passe par des moments difficiles. Cependant le climat n’est pas le seul fautif et on accuse aussi la faiblesse des investissements municipaux. Et de comparer la situation avec d’autres villes au climat rigoureux, canadiennes ou non. Et de s’apercevoir que l’état de la chaussée montréalaise est catastrophique voire honteux.

 

De mon côté, après avoir vu des mes yeux vu les cols bleus (i.e. les employés de la ville) à l’œuvre cet hiver, je suis tentée de pointer du doigt un certain manque de méthode. Je ne suis pas une spécialiste de l’urbanisme, c’est vrai. Je ne suis pas diplômée ès voirie non plus, mais il me semble quand même que le mode de traitement des nids-de-poule laisse quelque peu à désirer.

 

Tout bon bricoleur sait bien qu’avant de reboucher un trou, il faut l’agrandir. Elargir la fissure avant de mettre l’enduit. Sinon ça ne tient pas. Ne serait-il pas logique de faire la même chose sur la route et non de se contenter de droper une louche de goudron dans le trou sans autre forme de procès ? (Un gars qui drope, 3 gars qui le regardent plus un qui fait la circulation et un qui reste au volant du camion.) Parce que ce genre de colmatage-là tient 2 jours. Je l’ai constaté moi-même cet hiver au coin de Jeanne Mance et Des Pins. Réparation le lundi matin, re-trou le mercredi matin.

 

Si on compte que chaque trou mobilise une équipe de 6 personnes pendant une demi-journée et doit être rebouché tous les deux jours, cela fait que ces 6 personnes passent tout leur temps de travail annuel à boucher et reboucher 4 trous (considérons pour simplifier la démonstration que les vacances de la construction ont été abolies…) : un le matin, un l’après-midi, un le lendemain matin, un le lendemain après-midi, re le premier le surlendemain matin, etc. Si on considère que la chaussée totalise environ 2 millions de trous, nous avons donc besoin  de 3 000 000 de personnes employées à temps plein pour réparer les nids-de-poule et ce sans jamais prendre de vacances. Je commence à comprendre pourquoi les rues ressemblent à ça :

 

 

 
 

 

 

Bonne journée à tous !

 

 

 

Aurélie, inspecteur des travaux finis.

 

 

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24 mai 2005 2 24 /05 /mai /2005 00:00

 

Dollarama

 

 

 

Aaaaaaaaaaaaaaah, Dollarama…

 

Comme je suis ici sans possession et sans le sou, Dollarama est mon paradis. C’est en effet le seul magasin où je suis en mesure de faire des folies. Et quelles folies ! J’y ai dernièrement acheté des bracelets phosphorescents que je compte accrocher sur mes pois pour briller dans la nuit et… des stabylos. Imaginez. Et tout ça pour 1$ (1,15$ avec les taxes, vous vous souvenez ?) Car comme son nom l’indique, au Dollarama tout est à 1$. Ce n’est pas merveilleux ça ? Et ce qui est encore plus merveilleux, c’est qu’on trouve tout au Dollarama. Tout, absolument tout.

 

Ainsi, depuis mon arrivée, je nettoie Dollarama, je mange Dollarama, je bricole Dollarama, je marche Dollarama, je me lave Dollarama, bref, je vis Dollarama. J’y ai acheté de la vaisselle, des produits ménagers, du savon, des cintres, des semelles, des piles, des tongs, des enveloppes, des stylos, des vis, des ampoules, du dentifrice, des sacs à linge, un vaporisateur pour les plantes, un thermomètre extérieur et environ 40 000 autres choses qui agrémentent mon quotidien. J’y ai même acheté des bougies. Je suis comme ça, moi, : vendeuse de chandelles à 30$, acheteuse de chandelles à 1$.

 

Non, vraiment, j’adore Dollarama. J’adore tellement Dollarama que je croyais que le 23 mai (en fait le lundi précédant le 25 mai, c’est à dire le 23 cette année mais pas tous les ans) était férié en son honneur. En fait, ce n’est pas la fête du dollar mais DE Dollard, un gars qui a étripé des Iroquois au 17ème siècle. C’est aussi la fête de la Reine et la fête des Patriotes. Bref, c’est un peu la fête de ce qu’on veut alors pourquoi pas celle de Dollarama, après tout ?

 

Parfois, quand je vois le petit autocollant « fabriqué en Chine pour Dollarama », j’ai mauvaise conscience. Je me souviens d’une émission de télévision sur les acheteurs de la Foir’Fouille et leurs techniques pour faire baisser les prix. Le gars, visiblement assez content de lui, menaçait son interlocuteur chinois de ne pas lui acheter son stock de décorations de Noël s’il refusait de baisser (encore) ses prix. Et de déclarer fièrement à la caméra : « Le prix est trop bas, il ne rentrera pas dans ses frais… mais ce sera pire pour lui si je lui laisse son stock sur les bras. Il est obligé d’accepter. » Ce que fait le Chinois, tentant de garder une contenance mais visiblement au bord des larmes.

 

Parfois donc, j’ai mauvaise conscience. Et puis je repense à toutes ces bonnes affaires qui me tendent les bras et ma mauvaise conscience s’évapore, honte à moi.

 

Au début, j’ai commis quelques erreurs impardonnables pour mon porte-monnaie vide. J’ai ainsi acheté du scotch chez Renaud Bray, des ampoules chez Rona et des piles chez Jean Coutu. Aujourd’hui, j’ai compris. Dès que j’ai besoin de quelque chose, je vais d’abord voir au Dollarama. Si je ne trouve pas, ce qui est fort rare compte tenu de mes modiques besoins, j’avise. C’est ainsi que j’ai finalement acheté mon billet d’avion pour la France dans une agence de voyages. Je suis un peu déçue, c’est vrai, mais pas assez pour remettre en question ma passion absolue de Dollarama.

 

D’ailleurs je vais vous laisser, j’ai quelques courses à faire.

 

Aurélie, Dollaraphage.

 

 

 

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20 mai 2005 5 20 /05 /mai /2005 00:00

 

Rions un peu

Je sens que les derniers événements de ma vie vous ont déprimés. Alors pour vous dérider, voici une petite BD de Charb. qui m'a été envoyée par mon ami Yann. Je la trouve très drôle…

 

 

 

J’en profite pour vous faire part de mon adaptation locale des petits dictons météorologiques.

En avril, 3 pulls en laine enfiles (ou empiles).

En mai, les garder bien avisé serais.

 

Aurélie, enjoy

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14 mai 2005 6 14 /05 /mai /2005 00:00

 

Colocation

 

 

 

 

 

La colocation est une pratique très répandue à Montréal, et pas seulement chez les étudiants. Je connais nombre de trentenaires qui partagent leur appartement.

 

Quand je suis arrivée ici, j’ai malgré tout opté pour un petit studio onéreux parce que je voulais y être seule. Pouvoir me balader en petite culotte, ne pas faire la vaisselle, laisser traîner mes fringues partout, prendre un bain à 4h du matin, bref, laisser libre-cours à toutes mes petites extravagances (bizarrement, je préfère ce mot à « défauts » !), sans contrainte.

 

 

 

Ensuite, je me suis installée avec Christophe, dont les petites extravagances étaient compatibles avec les miennes.

 

 

 

Et puis, il y a un peu plus de deux semaines, Christophe m’a annoncé que ça ne pouvait plus durer entre nous. Il a donc fallu que je déniche une nouvelle maison et je me suis retrouvée confrontée à la question de départ : coloc ou pas coloc ?

 

Cette fois, bien obligée compte tenu de ma situation financière, j’ai fait le choix de l’économie c’est à dire celui de la colocation. On peut dire que j’ai eu de la chance dans mon malheur puisque j’ai trouvé en deux jours, dans le quartier que j’aime, avec deux gars très sympathiques (un Québécois, François, et un Français, Etienne).

 

 

 

Je découvre donc sur le tard les joies de la vie à plusieurs. Et je suis heureusement surprise. Moi qui avais peur d’être obligée de faire la conversation même les jours où je n’ai pas envie de parler (eh oui, ça m’arrive), moi qui avais peur d’être envahie, je constate qu’on peut tout à fait vivre en bonne intelligence, sans se marcher dessus. Et que je peux continuer à laisser traîner mes affaires partout dans ma chambre. Et que personne ne mange mes provisions ni ne pique mon gel-douche sans me le demander. Le seul truc c’est la vaisselle : obligée de la faire au fur et à mesure. Mais j’imagine que ce genre de contrainte doit être acceptable quand on a 30 ans. Sans doute sortirai-je grandie de cette expérience !

 

 

 

Tout ceci m’a permis de découvrir les deux différences fondamentales entre les hommes et les femmes. Pas avare de mon savoir, j’ai décidé de vous les révéler.

 

1.     Les hommes ne voient pas la crasse. Ce n’est pas parce qu’ils y mettent de la mauvaise volonté. Ils ne la voient pas, c’est tout. De même, ils ne remarquent pas quand on a nettoyé. Ce n’est pas parce qu’ils y mettent de la mauvaise volonté. Ils ne remarquent pas, c’est tout.

 

2.     Les femmes passent des heures au téléphone. Chaque fois que ça sonne, c’est pour moi. Chaque fois que mes colocs veulent téléphoner, la ligne est déjà occupée… par moi. Ce n’est pas parce que j’y mets de la mauvaise volonté. Je suis bavarde, c’est tout. Surtout en période de crise.

 

 

 

Ce qui est positif dans cette histoire, c’est que je suis obligée de faire bonne figure. Pas question de pleurer toute la journée. Je ne suis pas dans une maison de crise mais dans une colocation. Espérons que je sortirai aussi grandie de cette expérience-là !

 

 

 

Je vous embrasse, mes amis, j’espère que vous allez bien.

 

 

 

Aurélie, grande fille résiliente.

 

 

 

PS : Ca y est je me suis décidée : je vais essayer de passer quelques matières de psycho en juin. Ça sera toujours ça de fait, même si je n’ai qu’un mois devant moi pour étudier (après tout j’ai l’habitude). Il ne faut pas se laisser abattre !

 

 

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9 mai 2005 1 09 /05 /mai /2005 00:00

 

Tam-tams

 

 

 

 

 

A Montréal, on sait que le printemps est revenu quand le son des tam-tams du Mont-Royal recommence à emplir la ville le dimanche.

 

 

 

Située en plein milieu de la ville, la petite montagne de 233 m de hauteur, fut nommée Mont-Royal par un Jacques Cartier (vous savez, celui qui a « découvert » le Canada) inspiré par la beauté et la majesté du site.

 

 

 

Au pied du mont, la statue non pas de Jacques mais de George-Etienne Cartier,  avocat et homme politique canadien, auteur de la célèbre chanson patriotique « Ô Canada ! mon pays, mes amours », et au pied de la statue, les tam-tams !

 

 

 

On m’a dit que ce rassemblement spontané de percussionnistes de tout poil  datait du temps des esclaves, lesquels venaient profiter de leur demi-journée de congé. En même temps ça me paraît bizarre que des esclaves aient pu avoir des congés mais bon… En tout cas, le résultat est là : tous les dimanches, de mai à octobre, des dizaines de percussionnistes viennent réjouir les oreilles de centaines de flâneurs.

 

 

 

L’ambiance est bohème voire hippie. La foule est bigarrée, voire déjantée. C’est ça que j’aime ici. Pas d’uniforme, pas de conventions sociales. Un grand melting-pot.

 

     

 

 

 

En général, il y a plusieurs spots, deux ou trois, chacun avec son leader attitré. Aux tam-tams se mêlent quelques autres instruments : ici une trompette, là un harmonica, oh, un pipeau ! Et puis il y a les danseurs. Surtout des danseuses en fait. Et que ça se dandine, et que ça se trémousse. Tiens, mes fesses se sont mises à remuer malgré moi : les percussions, j’aime ça !

 

 

 

Tout autour de la statue, des vendeurs de pendentifs, de foulards, de pantalons thaïs et africains, de balles de jonglage…

 

     

 

 

 

Sur les pelouses, jeunes et moins jeunes se prélassent, qui un livre, qui une bière, qui un pétard à la main. Des gamins jouent au ballon ou au frisbee, des ados apprennent à marcher sur un fil ou à jongler avec 5 quilles. Evidemment, j’ai tôt fait de sortir mes poïs. On voit que l’hiver est passé par là et que je n’ai pas pratiqué. Les figures reviennent petit à petit, mais la force dans les bras laisse à désirer. Au bout d’une demi-heure je suis épuisée. Aujourd’hui j’ai des courbatures dans les bras et les épaules.

 

 

 

 

 

Malheureusement, je ne maîtrise pas encore le poï dansé. J’essaie de garder le rythme mais alors j’oublie les figures, j’essaie de danser mais alors je m’emmêle. Bref, ce n’est pas encore très concluant. M’en fous, j’ai tout l’été. Parce que les tam-tams, moi, je vais y faire un tour presque tous les dimanches ! Venez me voir, je vous y emmènerai.

 

 

 

Grosses bises.

 

 

 

Aurélie, bourgeoise-bohème.

 

 

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5 mai 2005 4 05 /05 /mai /2005 00:00

 

Météo printanière

 

 

 

 

Tiens, il y avait longtemps que je ne vous avais pas parlé de la météo…

 

 

 

Il faut m’excuser mais ce crisse de climat m’en fait voir de toutes les couleurs. En ce moment, les couleurs c’est gris (le ciel pluvieux), bleues (mes lèvres gelées) et noirs (mes souliers crottés).

 

 

 

Nous sommes aujourd’hui le 4 mai, soit un mois et demi avant l’été et 4 jours après le muguet (enfin théoriquement, car ici on ne voit pas un brin de muguet le 1er mai) et il fait 8 degrés et il pleut et ça dure depuis 2 semaines. Moi je dis : y en a marre ! J’ai certes remisé mon manteau magique au placard, mais c’est pour le remplacer par mon manteau d’hiver parisien. C’est pas désespérant ça ?

 

 

 

Bon ben d’accord Gimini Cricket, je vais en profiter pour rester chez moi et chercher du travail. Pffff, la voie de la raison est déprimante !

 

 

 

Portez-vous bien, les Français qui ont crevé de chaud le week-end dernier et les autres aussi.

 

 

 

Aurélie j’veux du soleil, j’veux du soleil…

 

> Evidemment, il a suffit que j'ecrive ca pour que le soleil se mette a briller non stop...

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28 avril 2005 4 28 /04 /avril /2005 00:00

 

Arcade Fire

 

 

 

 

La scène musicale montréalaise est décidément très prometteuse. Après Unicorns dont les disques sont rafraîchissants mais les prestations scéniques décevantes (beaucoup de parlotte, pas beaucoup de musique) et qui ont semble-t-il décidé de mettre un terme à leur précoce et courte carrière ; après The Dears, aussi bons en disque que sur scène et dont j’avais particulièrement apprécié le concert à la Tulipe en décembre dernier, trouvant, qui plus est, le chanteur terriblement sexy ; après The Unicorns et The Dears donc, voici les excellents Arcade Fire.

 

Les coups de foudre musicaux sont rares, du moins en ce qui me concerne. Il y a peu de disques que je suis capable d’écouter en boucle, pendant des mois. Funeral en fait partie, merci à Christophe de me l’avoir fait découvrir.

 

 

 

Samedi dernier, concert au théâtre Corona. La salle est superbe, ça commence bien. Les trois dates sont complètes mais la foule n’est pas trop compacte, ça continue bien (on connaît ma tendance à la claustrophobie lorsque des masses suantes se collent à moi). Enfin, interdiction de fumer. Serais-je dans un rêve ?

 

Les artistes entrent en scène, survoltés. Du début à la fin ils ont l’air content d’être là (ça nous change du style blasé, je joue pour vous faire plaisir mais je me fais chier et d’ailleurs j’ai assez envie de renter chez moi mater la télé, à la Pixies), ils nous remercient plusieurs fois d’être venus, et ils se donnent en spectacle car c’est pour cela qu’ils sont payés. En fait, ils ne sont même pas payés car les bénéfices du concert sont reversés à Haïti. Mais ils se donnent en spectacle pareil. Et c’est bon, très bon. La seule chose que j’aie à reprocher à ce concert c’est d’avoir été trop court. Un seul album, c’est peu à offrir à un public insatiable !

 

 

 

Ceux qui ne connaissent pas (encore) Arcade Fire doivent se demander quel est leur style de musique. Eh bien je ne sais pas. Il se trouve que mes connaissances de l’histoire de la musique sont assez limitées (pour ne pas dire inexistantes) et que je suis bien incapable d’analyser un style et encore moins de le décrire. Avec mon pauvre vocabulaire de parisienne je dirais « c’est trop cool ! » Que ceux qui ont mieux à proposer n’hésitent pas à prendre la parole.

 

En attendant, je vous recommande chaudement l’écoute de ce groupe sympathique et talentueux. C’est que ça ne court pas les rues…

 

 

 

 

 

Aurélie, mélomane enthousiaste

 

 

 

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26 avril 2005 2 26 /04 /avril /2005 00:00

 

J’ai fait un rêve…

 

 

 

 

… celui de l’extinction de l’administration. Et puis, je me suis réveillée.

 

 

 

Vendredi dernier, profitant de ma première semaine de vacances, j’ai décidé de me pencher sur l’intéressante question suivante : quelle est la façon la plus simple d’obtenir un permis de travail en attendant que ma résidence permanente soit acceptée ? Suivant les conseils d’un certain nombre de Français qui m’avait garanti l’utilité de la visite, je me suis donc rendue à l’OFQJ, Office Franco-Québécois pour la Jeunesse. J’avais un peu peur de ne pas faire partie de son public-cible car si je suis bien Française, je ne suis plus très jeune, mais son site Internet indiquait qu’il s’adressait aux 18-35 ans. Je m’y rends donc, guillerette. Arrivée sur place, j’informe la réceptionniste que j’ai un certain nombre de questions à poser et pourrait-on me faire rencontrer un conseiller. La jeune femme pense tout de suite à Michel et le contacte par téléphone. Je comprends aux monosyllabes prononcées par mon interlocutrice que ledit Michel n’a pas la plus petite intention de sortir de son bureau pour me rencontrer et qu’elle n’a qu’à répondre elle-même à mes questions. Chose qu’elle tente de faire, laborieusement. Dépitée, elle décide de braver les foudres de Michel et le rappelle, en vain : le serviable énergumène ne décroche plus son téléphone, des fois qu’on lui demanderait de travailler. Elle interpelle finalement quelqu’un qui passe devant nous et j’apprends ainsi, presque sur le pallier, que le seul programme proposé par l’OFQJ s’adresse aux Français de France. Je pourrais en profiter si je rentrais au pays pour faire ma demande, à condition de ne pas avoir entamé les démarches visant à obtenir ma résidence permanente au Canada. Dans ma situation actuelle, j’ai le choix entre le chômage forcé sans allocation et le retour en France « en attendant vos papiers, et ça sera long, mademoiselle. »

 

Et de conclure : « C’est bizarre comme tous les Français attendent la fin de leur permis temporaire pour se préoccuper de la suite. » En effet.

 

Peut-être parce qu’il faut avoir vécu un certain nombre de mois ici avant de savoir si on a envie d’y rester plus longtemps. Peut-être parce que ça coûte cher et qu’on ne va pas entamer tout le processus pour se rendre compte que, finalement, il fait trop froid l’hiver et qu’on préfère rentrer chez nous. Peut-être parce que pour faire toutes ces démarches, on nous demande un nombre invraisemblable de pièces justificatives, qu’on met des semaines à récupérer, à distance. Ou peut-être simplement parce que nous, les Français, nous sommes tous imprévoyants et désorganisés… Qui sait ?

 

Donc, demandé-je pour résumer, je n’ai aucune chance de pouvoir travailler avant d’avoir ma résidence permanente (disons RP à partir de maintenant, pour simplifier) ? Aucune. Même si j’ai une offre d’emploi ? Même si vous avez une offre d’emploi. Intéressant.

 

 

 

Dépitée et légèrement en état de choc, je décide de profiter de mon séjour en centre-ville pour rendre une petite visite à un autre organisme : le service conseil aux candidats à l’immigration. C’est que je suis comme Saint-Thomas : sainte. Non je rigole, je suis comme Saint-Thomas : je doute de tout et j’aimerais bien avoir confirmation de ce que je viens d’entendre avant de tomber dans les pommes.

 

 

 

Bureaux immenses et déserts. Deux fonctionnaires poussiéreux mais très gentils m’accueillent avec le sourire. « J’ai besoin de conseils, dis-je, j’ai pensé que ce devait être la bonne place. »

 

J’expose ma situation à monsieur F. qui m’interrompt presque immédiatement.

 

« Vous n’avez pas envoyé votre dossier à Montréal au moins ? » Euh… ben si. Je vis à Montréal, je veux immigrer à Montréal, j’ai envoyé mon dossier à Montréal, ça me paraît logique.

 

« Ah malheureuse, me lance-t-il (pas exactement dans ces termes, je l’avoue), vous auriez du l’envoyer aux bureaux de Paris, vous auriez déjà la réponse. »

 

« Pardon ? »

 

« Vous auriez du… »

 

« Oui, j’ai compris, mais comment se fait-ce ? »

 

« Ce sont toujours les cordonniers les plus mal chaussés » me répond monsieur F., philosophe.

 

 

 

Et de saisir son téléphone pour appeler les services de l’immigration et demander où en est mon dossier. Je suis partagée entre la joie d’avoir une estimation du temps de traitement, et la peur des représailles : on m’a plusieurs fois avertie de ne pas téléphoner, qu’aucun renseignement ne serait fourni quant à l’avancement des dossiers. Le mien ne va-t-il pas repasser en bas de la pile, suite à cet appel impulsif et hors de mon contrôle ? Vaguement inquiète, j’entends subitement monsieur F. demander le transfert de mon dossier à Paris. Euh… est-ce qu’on pourrait me demander mon avis S.V.P. ? Apparemment il faut que j’envoie un fax. Merci, ça me donnera le temps d’y réfléchir. Je n’aime pas bien les décisions hâtives et inconsidérées. C’est que je suis réfléchie comme fille. Et en plus je n’aime pas bien qu’on prenne des décisions à ma place. C’est que je suis autoritaire comme fille.

 

A part ça, monsieur F. confirme : aucun moyen d’avoir un permis de travail avant que ma demande de RP soit acceptée.

 

Parce que voyez-vous cher monsieur, quand j’ai demandé à prolonger mon séjour comme touriste, une dame d’un autre service d’immigration m’a dit qu’une fois le certificat de sélection du Québec reçu, je pourrais avoir un permis de travail temporaire, en attendant la validation par le Fédéral (ah oui, je n’ai pas précisé, mais les choses se font en deux étapes : il faut être accepté par le Québec puis par le Canada). Non. Comment non ? Non comme non. Aucune procédure de ce genre n’existe. Rien n’est prévu pour les gens qui ont leur CSQ et qui attendent leur RP (ah… le jargon administratif). Ok. Et est-ce que vous pourriez vous mettre d’accord, tous, avant de donner des informations contradictoires aux pauvres pékins en quête  de renseignements ?

 

 

 

Cette fois-ci, je suis bel et bien en état de choc. Pas comme dans les locaux de l’OFQJ. Pire, bien pire, bien bien pire. J’ai des petits points devant les yeux, la tête qui tourne, l’estomac dans la gorge. Envie de vomir, envie de m’évanouir. Envie de tomber dans le coma pour ne plus avoir à réfléchir aux solutions qui s’offrent à moi.

 

 

 

Rentrer en France ? Rester ici sans travailler ? Vivre misérablement pendant un an et avoir un trou béant dans mon CV ?

 

 

 

Vous l’aurez compris, je suis dépitée. Moi qui pensais que mon dossier serait traité plus rapidement en l’envoyant à Montréal, moi qui pensais pouvoir avoir un permis de travail mon CSQ en poche. Moi qui pensais pouvoir bientôt mettre à profit les contacts professionnels que j’ai enfin créés, après un an de présence sur le sol canadien. Moi qui pensais, moi qui croyais, moi qui espérais…

 

 

 

Le lendemain, je reprends du poil de la bête. On ne va pas se laisser abattre. En fait, j’ai quand même plusieurs possibilités de travailler ici :

 

 

 

1/ Trouver un emploi et obtenir que l’employeur se lance dans les procédures administratives pour prouver que moi seule peut le remplir, qu’aucun canadien ne serait en mesure de le faire. Monsieur F. dit que c’est impossible, mais monsieur F. se trompe : il semblerait que cela arrive très régulièrement. Je préfère cependant ne pas rêver et miser plutôt sur la solution numéro 2 que voici.

 

 

 

2/ Trouver un emploi et, lettre d’embauche en poche, faire un aller-retour express en France pour demander un stage de perfectionnement. Il semble que cela soit la manière la plus simple et la plus rapide. Bizarre que personne, d’aucun service, ne m’en ait jamais parlé.

 

 

 

3/ Travailler au noir. Honnêtement, je n’envisage pas cette hypothèse très sérieusement…

 

 

 

4/ Travailler bénévolement. Je sais, ce n’est pas très réjouissant mais le pire, c’est que je suis prête à le faire s’il le faut. Par exemple, écrire des piges gratuitement, pour me faire connaître et apprécier.

 

De main d’œuvre hors de prix quand je faisais du conseil (vendue 9000 francs la journée, ce qui, je le précise, n’était pas mon salaire), je suis devenue nettement plus abordable. D’ici que je paie des employeurs pour avoir le droit de travailler chez eux…

 

 

 

 

 

Je vous le dis mes amis, le parcours de l’immigrant est semé d’embûches.

 

 

 

Gros bisous à tous.

 

 

 

Aurélie, jump, jump, jump !

 

 

 

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Published by Aurelie au Canada (Copyright) - dans Chroniques (copyright)
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