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Bon théâtre!

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Chic Moustache

Vous cherchez des t-shirts qui représent le Québec sans tomber dans les clichés? Chic Moustache est fait pour vous!! Allez donc jeter un oeil!

 

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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

15 septembre 2005 4 15 /09 /septembre /2005 00:00

 

Bingo !

 

Alors là, les amis, je viens de faire l’expérience du siècle : une soirée au Bingo Mont-Royal. Un grand, grand, grand moment que je me dois de vous faire partager, photos à l’appui.  

 

 

     

Prenez un espace, assez grand quand même, genre salle paroissiale qui aurait fauté avec la salle des fêtes qui aurait fauté avec le restau U de Paris VIII. Remplissez ce spacieux espace de sexagénaires tabagiques au teint cireux. Placez dans les mains de ces sexy sexagénaires une collection de tampons à encre, devant eux des tables en formica et sur ces tables des dizaines de grilles comportant des séries de chiffres. Ajoutez des écrans de télévision sur tous les murs de la salle et au fond à gauche un présentateur efféminé, tendance ce job me donne envie de mourir, et vous avez le décor général.  

 

Ajoutez une Aurélie réprimant un rire hystérique et vous avez le décor de mardi soir dernier.

 
 

 

Ma copine Roxane avait du mal à le croire mais c’est pourtant vrai : je ne connaissais pas les règles du Bingo. A vrai dire, avant d’avoir rencontré Richard (mes fidèles lecteurs se souviendront et allumeront une chandelle votive, émus), je ne connaissais même pas l’existence du Bingo.

 Pour les ignorants dans mon genre, une brève présentation des règles.

Chaque joueur possède un certain nombre de grilles comportant la mention B-I-N-G-O et sous chaque lettre une série de 5 chiffres. Sous le B, 5 chiffres compris entre 1 et 15, sous le I, 5 chiffres compris entre 16 et 30, sous le N, 5 chiffres compris entre 31 et 45, etc.

 

 

 

 

A intervalle régulier, une machine comme celle de la Française des Jeux tire des boules. La boule tirée apparaît sur les écrans de télévision et l’animateur énonce le verdict, d’une voix monocorde et inaudible : G47. A ce moment tout le monde parcourt ses grilles à la recherche dudit G47, possiblement présent en plusieurs exemplaires, et, si la recherche s’avère fructueuse, donne un coup de tampon encreur de la couleur de son choix sur les grilles concernées. En fait, je dis « à ce moment-là » mais c’est un abus de langage car tout le monde tamponne furieusement dès que la boule apparaît à l’écran, c’est à dire plusieurs secondes avant que l’animateur n’ouvre la bouche. Le but de la manœuvre est de parvenir à faire des figures avec les cases tamponnées : le premier qui a un F ou le premier qui a deux lignes ou le premier qui a une grille complète, par exemple. Ce premier-là doit crier « BINGO ! », mais pas avant que le présentateur n’ait énoncé le numéro sinon il perd. On ne plaisante pas avec la discipline. 

 

Et si on fait tout ça, ce n’est pas pour la gloire, mais pour l’argent. Pour simplifier, disons que les prix varient en fonction de la complexité de la figure. Dès que quelqu’un a gagné, on passe à la feuille suivante, l’occasion d’un nouveau défi excitant et l’occasion pour tous les perdants de se refaire. 

 

     

Tout le monde a le même nombre de feuilles (une par partie) mais toutes les feuilles ne comportent pas le même nombre de grilles.

Le joueur passionné achète des dizaines de grilles (j’ai vu une femme qui en avait 54 !). Le joueur (ou la joueuse) débutant achète le minimum de grilles, soit 9 pour 9$. Le joueur passionné s’accroche comme un fou à son tampon encreur car il doit parcourir du regard et tamponner toutes ses grilles en quelques secondes (il ne s’agit pas de rater un numéro). Le joueur débutant fait le con avec son tampon, rigole, énerve tout le monde en tapotant son bouchon sur la table, déconcentre ses voisins en leur posant des questions idiotes sur les règles du jeu, bref prend la chose beaucoup trop à la légère. Il faut dire que contrairement au joueur passionné, le joueur débutant ne vient pas claquer son B.S. (Bien-être Social, sorte de RMI) en espérant gagner le gros lot.  

 

A ma droite, Roxane et Fred, très à leur aise, et Christophe, aussi largué que moi. A ma gauche, devant moi, derrière moi, en diagonale, dans le fond, à l’étage, des joueurs passionnés. L’heure est à la montée d’adrénaline mais pas à la rigolade. Les chiffres défilent. La femme aux 54 grilles tamponne frénétiquement. Ma voisine d’en face pompe sa clope. L’animateur s’ennuie. Soudain une rumeur se propage dans la salle, tous les participants déchirent leur grille orange et passent à la rose qu’ils ont prétamponnée. Que s’est-il passé ? Mystère. On prend les mêmes et on recommence. Soudain une rumeur se propage dans la salle mais les participants continuent pourtant à tamponner la même grille. Que s’est-il passé ? Mystère.

 

 

 

 

Au bout d’une bonne centaine de coups de tampons, je comprends enfin le système. En fait, il y a plusieurs défis par feuille. Par exemple on commence par 2 lignes ; quand quelqu’un a gagné, on poursuit avec le F et on termine par la grille entière. Après ça, on change de feuille. Le truc c’est de réussir à comprendre ce que dit l’animateur-à-la-voix-monocorde-et-inaudible. Un bon truc, ça. Et les prétamponnages, c’est parce que certaines cases sont offertes : les tamponner avant que le jeu commence permet de gagner du temps dans le feu de l’action.

 

Quand quelqu’un se déclare gagnant en criant « bingo ! », se faisant immédiatement détester par tous ses congénères, un alter ego de l’animateur se précipite vers l’heureux élu, vérifie le numéro inscrit sur sa grille, le dicte à son pote à la voix monocorde et inaudible (je pense que vous voyez de qui je parle), qui entre le numéro dans l’ordinateur lequel connaît à l’avance tous les gagnants. Serait-ce à dire que la stratégie n’intervient pas dans le Bingo ??? Serait-ce à dire qu’il suffit de tamponner le plus vite possible ??? Les amis, Richard joue au Bingo toutes les semaines, vous vous souvenez ? Reste qu’il faut être rapide et concentré et habile du tampon, qualités qui, si elles sont données à mon ami Richard, ne le sont pas à tout le monde. Moi par exemple, niveau concentration… je suis loin d’être au top. Va falloir y retourner la semaine prochaine. Ou demain. Ou tous les jours. Ok bon. Si je joue 9$ à chaque fois, ça me fait 63$ par semaine, soient 284$ par mois en moyenne, Vu que je vais très probablement gagner le gros lot de 1800$ au moins une fois par trimestre, ça veut dire que je fais un bénéfice de 950$ par trimestre minimum, donc ça veut dire que ça vaut le coup donc j’y vais c’est décidé c’est parti. Les joueurs de bingo savent compter messieurs-dames. Le truc c’est qu’ils ne comptent pas tout… comme les joueurs de casinos, ou les joueurs de loto, ou les joueurs de morpion, ou les joueurs de poker… Mais c’est si bon d’y croire…

Pour votre information, si vous ne le savez pas déjà, le Bingo existe en France… sauf qu’on ne gagne pas d’argent mais des lots : une télé, un magnétoscope (si, si, ça existe encore), un presse-purée, ce genre de trucs. De quoi vous rendre tous accros en une séance !

Pour le programme des réjouissances et les heures d’ouverture de la maison des jeunes, s’adresser à Mumu au café de la mairie.

Bonne journée à tous !

Aurélie, pas de bras, pas de chocolat.

 

 

 

 

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7 septembre 2005 3 07 /09 /septembre /2005 00:00

Iles de la Madeleine 

 

Tout le monde me le disait : « Les îles de la Madeleine, c’est génial ! » Le seul problème, c’est que les îles de la Madeleine c’est loin… 1300 km de route + 5 heures de bateau. Le bout du monde, quoi. Surtout quand on doit rouler à 100km/heure sur l’autoroute, laquelle ne couvre pas la moitié du chemin, et 90 km/heure sur les routes standard, 70 dans les descentes, 50 dans les villages et 30 quand il y a des travaux. Et les travaux sur les routes, l’été, il y en a...

 

1300km, en bon européen qui roule à 150km/heure, on estime ça à disons 10-11 heures de route, en incluant les pauses. Ici, il faut compter 15-16 heures de route incluant les pauses. Ah oui, parce que, aussi, j’oubliais de vous dire, où ai-je la tête : quand on veut prendre de l’essence, il faut la plupart du temps sortir de l’autoroute pour se rendre au village le plus proche, ce qui prend une demi-heure supplémentaire à chaque plein (en revanche, l’essence reste moins dispendieuse qu’en France, et ce bien que les prix aient littéralement flambé ces dernières semaines, passant d’environ 90 cents à 1,50 dollars le litre, voire plus certains jours !!)

Tout ça pour dire qu’on ne peut pas torcher ça en en trois jours. Pour aller aux îles de la Madeleine, il faut avoir le temps de prendre son temps. C’est justement mon cas en ce moment, ça tombe bien.

Départ vendredi 26 août dernier, à 7h30. Parfois, je ne sais pas ce qui m’arrive, je deviens presque une personne normalement constituée, c’est à dire qui se lève tôt quand elle a de la route à faire…

Deux jours de trajet, en passant par le Nouveau Brunswick où les gens ont un drôle d’accent (ah… la question des accents au Canada!), puis traversier et arrivée aux îles dimanche soir.

Ma présence sur le sol madelinot aura duré 4 jours entiers et 6 nuits de camping (ces vacances sont une sorte de mini-révolution!). 4 jours entiers… de pluie (3 jours ½ pour être exacte). Mais aussi 4 jours d’émerveillement : les paysages sont absolument superbes, et incroyablement variés. Sur cette série d’îles de quelques centaines de kilomètres carrés on trouve : des plages de sable blanc, immenses et désertes (sous la pluie, forcément…), des falaises rouges plongeant dans la mer (en fait dans le golfe du Saint-Laurent), des lagunes, des marais, des forêts, des collines, des champs, des mini-mouettes cocaïnomanes, des dunes, des phares, et partout, des maisons en bois peintes de toutes les couleurs. Je vous le dis sans hésiter : allez-y, c’est splendide ! Par contre, ne misez pas trop sur le bronzage… Même quand on ne se tape pas la queue de Katrina, il pleut pas mal. Un été pourri qu’ils ont eu les Madelinots.

 

 

 

 

 

 

 

     

Depuis plusieurs années, le tourisme s’est extrêmement développé aux îles (est-ce du à la construction du pont entre le continent et l’île du Prince Edward, long de 12,5 km et qui limite le trajet à une seule traversée en bateau au lieu de deux précédemment, je ne saurais le dire). Aussi les activités proposées pour distraire le visiteur de passage sont-elles nombreuses : centres d’interprétation d’à peu près tout, du phoque aux dunes en passant par les coquillages, les poissons, les bateaux de pêche, etc., une collection assez impressionnante de musées où je n’ai pas mis les pieds et tout un tas d’activités de plein air : kayak de mer, équitation, kite-surf, planche à voile, excursions en bateau... J’ai tenté la balade à cheval sur la plage, je suis même allée jusqu’à monter sur le cheval, mais ça s’est arrêté là pour cause d’averse de type douche. Sortie annulée. Beaucoup plus de circonstance, parce que quand on est mouillé, on est mouillé, l’excursion « flottaison dans les grottes ». Un truc génial ! En combinaison intégrale, c’est à dire extrêmement sexy, on part explorer les grottes rouges qui ponctuent la côte, on joue dans les vagues, on saute des rochers, on boit la tasse, on manque de se noyer, tout ça. Dément et crevant, épuisant, rétamant. Putain ce que la trentaine fait mal…

 

 

     

Ce qui est drôle, c’est que le touriste européen a l’impression d’être le seul touriste du coin, vu que tout le monde a l’accent québécois (il n’y a pas autant de Français qu’à Montréal !), alors qu’il en est en fait entouré. Dans le bar qui est devenu ma cantine, je discute avec une locale. Jetant un rapide coup d’œil alentour, elle m’apprend que toutes les personnes présentes sont des touristes. Et de m’expliquer très simplement qu’elle peut les identifier parce qu’elle ne les connaît pas. Elle enchaîne : aux îles de la Madeleine, tout le monde se connaît, les gens font très attention à ne pas faire n’importe quoi, la réputation compte énormément. Je prends soudain la mesure de ce que doit être la vie insulaire. D’un autre côté, il est assez plaisant de rencontrer les mêmes têtes à chaque coin de rue. Après 3 jours de fréquentation du même restau-bar, on a l’impression d’être un habitué, presque en famille. T’as vu, là-bas, c’est la fille du centre équestre. Ça alors, le gars de la flottaison dans les grottes est serveur au bar. Tiens, la femme qu’on a croisée sur la plage discute avec le type du dépanneur…

 

 

 

     

En résumé, je rentre de ces vacances absolument ravie, regrettant simplement que la météo ne m’ait pas permis plus de longues balades sur la plage et passablement énervée que le soleil n’ait pointé son nez que le matin de mon départ.

Touka, sitôt de retour à Montréal, sitôt aux tams-tams. On ne perd pas si vite ses bonnes vieilles habitudes!

Grosses bises à tous. Bon retour au boulot pour les chanceux qui en ont un !

Aurélie, maxi-mouette poïnomane.

PS : Je recommande également le parc du Bic où j’ai fait un arrêt sur le chemin du retour. Très, très beau.

 

 

 

 

 

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16 août 2005 2 16 /08 /août /2005 00:00

CHERS LECTEURS, JE SUIS EN VADROUILLE POUR QUELQUES TEMPS... VOUS N'AUREZ DONC PAS DE NOUVELLES AVANT LE 5 SEPTEMBRE. MAIS J'AURAI ALORS PLEIN DE TRUCS A VOUS RACONTER... PATIENCE!!

Immigration, épisode 4272 bis

 

Après avoir envoyé un premier dossier à Montréal, après avoir renvoyé diverses pièces justificatives qui n’étaient mentionnées nulle part mais s’avéraient indispensables, après avoir été obligée de faire transférer mon dossier en France, après plus de 6 mois donc, j’ai enfin reçu mon Certificat de Sélection du Québec, première étape pour l’obtention du visa de résident permanent du Canada. Yipee !!

Reste la deuxième étape : le dossier pour le fédéral. Et là, si c’est encore possible, ça se complique : les pièces demandées sont tout simplement impossibles à réunir.

1/ Originaux de lettres de recommandation de tous nos employeurs, y compris pour les stages, lettres contenant je ne sais combien d'informations détaillées.

 

 

 

 

 

 

Attention, on ne parle pas d’attestations d’emploi, mais de lettres de recommandation. Inutile de dire que, vu mon grand âge, les maîtres des stages que j’ai pu effectuer depuis que je suis en âge de gagner un peu de sous en travaillant l’été (ou de gagner une ligne sur mon CV, en travaillant bénévolement) sont probablement morts ou séniles. Aucun doute, non seulement qu’ils se souviennent de moi, mais en plus qu’ils aient en mémoire mes innombrables qualités personnelles, et soient disposés à rédiger ladite lettre de recommandation…

Par ailleurs, on parle d’originaux : si par hasard on a en sa possession une lettre de recommandation, prière de se déposséder de son unique exemplaire en faveur d’Immigration-Canada, sans espoir de retour.

2/ Liste de tous les voyages, y compris de quelques jours, effectués à l'étranger au cours des 10 dernières années, avec les dates de séjour : jour, mois, année, incluant les week-ends. Pas de bol pour moi, j’ai la bougeotte depuis mon plus jeune âge. Dès que j’ai eu le moindre sou vaillant, je l’ai consacré à voyager. Va falloir  faire preuve d’une putain de bonne mémoire…

 

 

 

 

3/ Attestation de son niveau d’anglais pour toute personne s’étant vantée de posséder des connaissances en la matière, ce qui est mon cas. Ca tombe bien, il y a des organismes qui font passer des tests. Ca tombe mal, il faut payer 300$. Une fois cette somme dépensée, n’espérez pas ajouter un diplôme à votre collection puisqu’il faut évidemment envoyer l’original.

4/ Certificats de travail notariés. Je me demande encore ce que ça peut bien vouloir dire…

5/ Cinq photos. Pas des photos de photomaton ; des photos de photographe, avec étampe au dos, mesurant 35mm de large et 45 mm de haut, figure au centre, tête mesurant entre 25 et 35 mm. Désolée mademoiselle, mais on ne voit pas parfaitement votre oreille gauche : il faut recommencer sinon votre dossier sera refusé. Ca fait 30 dollars.  

6/ Un extrait de casier judiciaire de tous les pays où on a vécu plus de 6 mois. Soit dans mon cas, la France seulement (pour le Canada, on ne doit le fournir que sur demande). Ca tombe bien, j’ai demandé ce document aux autorités françaises à l’avance pour gagner du temps. Ca tombe mal, ça fait plus de 3 mois alors je dois recommencer.

7/ Ses relevés de notes originaux, sous enveloppe scellée de l’université. Reste plus qu’à espérer que la fac ne s’est pas trompée dans ce qu’elle a mis dans l’enveloppe puisqu’on ne peut pas l’ouvrir pour vérifier. Si par malheur c’était le cas, on ne serait informé de l’erreur que 6 mois plus tard en recevant son dossier avec la mention « refusé ».

Et je ne vous parle pas des attestations bancaires et d’à peu près 2000 autres documents et justificatifs, incluant un relevé d’empreintes digitales.

Si par hasard votre dossier est complet, il sera examiné. Sinon, retour à l’envoyeur et à la case départ. Si par hasard votre dossier complet est accepté, il reste encore l’examen médical à effectuer chez un médecin agréé. Normalement avoir eu une grippe à 12 ans n’empêche pas d’obtenir son visa. Normalement…

Et avec tout ça, le Québec continue à faire de la publicité en France pour attirer de nouveaux immigrants en promettant des procédures rapides et simplifiées. Si ce parcours du combattant est une procédure simplifiée, je n’ose pas imaginer ce que doivent traverser les candidats immigrants non privilégiés…

Grosses bises à tous.

Aurélie, motivée, motivée…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 août 2005 3 10 /08 /août /2005 00:00

Piscine publique

Pas trop loin de chez moi, il y a une piscine en plein air, gratuite. Le genre de truc sympa quand il fait 40 degrés à l’ombre. Suant, puant, collant bref, crevant de chaud, je décide d’aller m’y plonger avant de bouquiner dans le parc adjacent.

Arrivée dans les douches, un panneau rose fluo m’apprend que le corps humain produit 200 millions de micro-organismes par jour et que pour aider les autorités de la piscine à garder l’eau propre, il est recommandé de prendre une douche avant de se baigner. Ce que j’avais déjà fait, évidemment. Tout le monde sait qu’on doit prendre une douche avant d’entrer dans la piscine…

Plantée devant le panneau, je vois pourtant défiler tout un tas de bonnesfemmes, également suantes, puantes et collantes, qui passent devant la douche sans même faire mine de s’y arrêter et vont directement se jeter dans la piscine. Allez hop, plusieurs milliards de micro-organismes d’un coup… 

Une fois dans l’eau, je constate que la partie profonde de la piscine est fermée, alors que nous nous entassons par dizaines dans la moitié où l’on a pied. Je m’enquiers de la raison de cette fermeture auprès du maître-nageur-sauveteur  lequel m’informe gracieusement que c’est parce qu’on ne voit pas le fond. C’est donc trop dangereux. Et pourquoi ne voit-on pas le fond ? vous demandez-vous comme moi… A cause des micro-organismes bien sûr !

« Si je comprends bien, j’ai intérêt à sortir de l’eau très vite et à aller me désinfecter » rétorqué-je, tentant tant bien que mal de conserver un semblant de dignité grâce à l’humour (on a l’humour qu’on peut). « Non, c’est trop tard » me répond mon interlocuteur sans pitié. Pour un peu je serais prête à faire semblant de me noyer afin qu’il soit obligé de plonger au cœur des micro-organismes, mais je risquerais de boire la tasse… A la place, je décide de sortir prestement de l’eau, tachant de ne pas me mettre à hurler lorsque quelques cheveux qui ne m’appartiennent pas viennent se coller sur mon visage…

A bon entendeur, salut !

Aurélie, verrues, mycoses et compagnie

 

 

 

 

 

 

 

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3 août 2005 3 03 /08 /août /2005 00:00

J’ai un peu honte mais…

 … je vous l’avoue quand même. Ce soir je suis allée au concert de Nolwenn Leroy. Oui je sais mais que voulez-vous, ma copine L…, euh une de mes copines dont je préfère taire le nom afin de préserver l’anonymat et la dignité, une de mes copines donc est fan de Nolwenn. Elle est aussi fan de Lara Fabian, de Florent Pagny et elle adore les potins de stars. Quand on pense que c’est une fille intelligente et bourrée d’humour, on se pose des questions (et en plus elle est jolie ! je sais les filles, moi aussi je la détesterais si elle n’était pas ma copine…).

Donc comme L. est fan de Nolwenn et que moi je suis une bonne copine, je l’ai accompagnée au concert. Je précise quand même, parce que faut pas pousser mémé dans les orties non plus, que ce concert était gratuit, dans le cadre des Francofolies.  

 

 

Pendant toute la prestation, j’ai hésité entre fou rire et consternation et la consternation l’a finalement emporté. Elle chante bien me direz-vous. Oui, elle chante bien mais le problème c’est… eh bien tout le reste en fait. Petit aperçu.

La musique

Le batteur est sur le point de s’endormir, le claviériste songe à se faire amputer d’un bras, le guitariste pourrait jouer avec les orteils, l’ingénieur du son est parti boire une bière. Bienvenue dans le doux monde de la variété, un monde où chacun des musiciens pourrait être remplacé par un enfant de maternelle étant donné la complexité de la partition.  

 

Les paroles

Nolwen chante bien alors tant qu’à faire, faisons-la chanter. Ok mais pour dire quoi ? Je ne sais pas moi… Euh, par exemple : «Immuable est le temps, Semblable à ce chant, Dans un cœur d'enfant, Qui s'en défend ». Ou bien : « Lever les voiles, Contre le ciel me sentir de taille, Et faire tomber les citadelles, Tous mes remparts virtuels ». Ah ouaiiiiiiis… Pas mal les « remparts virtuels » ! Ou sinon : « Et lorsque je me tais, Je fais dire au silence, Ce que je veux crier ». Hum, oui, bien. Vraiment bien même. Attends, attends, j’ai une autre idée : « Quand j'oublie mon enfance, J'en perds toutes mes croyances, Parce qu'à force d'évidence, La vie n'a plus de sens ». Ah oui, ça c’est beau, vraiment. Et fort. Ecoute j’ai une idée, on va lui faire chanter tout ça. Quoi ? Tu veux dire, tout, tout ?? Oui, tout. Soyons fous ! 

La présence scénique  

Belle des champs en robe blanche de gitane, Nolwenn gambade sur scène. Ce n’est pas une chanteuse, c’est un petit cabri. Par moments, le petit cabri danse. Et ça donne le même résultat qu’à la Star Ac’ : c’est pas ben ben torride.

Entre deux chansons, Nolwenn bavarde avec son public. Citations : « Moi on me dit souvent que je chante bien pour une Française. C’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire. » Ah bon ? Parce que moi quand on me dit que je suis sympa pour une Française, je ne trouve vraiment pas ça flatteur. 

« C’est pas long une heure. C’est déjà presque fini. Dommage on commençait tout juste à s’amuser. » Autrement dit ça fait 45 minutes que tu te fais chier ?

« J’aime bien venir au Québec, j’aime le pays, j’aime les gens, j’aime les artistes. J’aime surtout les artistes. » Parce que les gens finalement… sont un peu cons quand même, non ? 

La conclusion  

Même L. a trouvé ça nul. Je pense que ça vous donne une idée… 

 

La seconde conclusion 

Grâce à ce concert, ma copine L. va peut-être revoir ses goûts musicaux… et ça c’est une putain de bonne nouvelle ! Demain je lui fais écouter Calexico. Merci Nolwenn. 

 

La troisième conclusion

Mais qui je suis, moi, pour dire que ma copine a des goûts de chiotte ? Hein, franchement ? Un peu de respect, quoi !  

 

Moult bises humides et collantes.

Aurélie, La vie est trop dure ce matin, J’ai pas envie de prom’ner mon chien, Mais il faut dire qu’il n’y est pour rien, Ce satané canin…

PS : Je pense que - mots-clés obligent – cette chronique va attirer plein de fans sur mon blog. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai le sentiment qu’ils risquent d’être déçus…

 

 

 

 

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27 juillet 2005 3 27 /07 /juillet /2005 00:00

Shopping ou magasinage ?

   

Je commence à en avoir marre. Ca y est, c’est dit. J’en ai marre d’entendre les Québécois dire que les Français ne sont pas foutus de s’exprimer sans utiliser d’anglicismes. Et qu’on nous ressort le shopping, le stop et le parking…

Oui les Français utilisent des anglicismes. Je suis bien placée pour le savoir : j’ai fait du conseil ou, devrais-je dire du consulting, pendant 3 ans. Trois années au cours desquelles les time-sheets et le reenginering de processus faisaient partie de mon quotidien. Oui on rédige des drafts, oui on mange des sandwiches, oui on fait du shopping, on gare sa voiture au parking et on part en week-end. Oui. Personne ne le nie.

Mais qu’on ne vienne pas me dire que les Québécois utilisent beaucoup moins d’anglicismes que nous. Les anglicismes sont ici légion, qu’ils soient lexicaux (mots) ou syntaxiques (tournures de phrases). Ainsi on parle de brakes pour désigner les freins de sa voiture, on cancelle un meeting au lieu d’annuler une réunion, on parle de sauver du temps ou de l’argent au lieu de gagner le premier et d’économiser le second, on dit à date pour à ce jour, à l’année longue au lieu de à longueur d’année, on prend une marche au lieu de faire une promenade. Oui, les Québécois utilisent des anglicismes, oui ils en utilisent beaucoup et c’est logique vu qu’ils ont été envahis par les Anglais et sont aujourd’hui entourés d’anglophones.

Je comprends que l’usage de la langue française soit un sujet sensible puisque qu’il fonde en partie l’identité québécoise. Ce que je ne comprends pas c’est qu’on se voile la face et qu’on transforme ses complexes en agressivité. Car ce qu’on nous reproche au fond ce n’est pas l’utilisation d’anglicismes mais l’utilisation sans honte d’anglicismes. La question est la suivante : en quoi est-ce que cela fait avancer le schmilblick (et il vient d’où ce mot-là, hein ?) ??

 

 

De tous temps les langues se sont influencées mutuellement, et ça continuera. Ca en rassurera peut-être certains de savoir que les anglophones utilisent des "frenchicisms"... 

Ceux qui me connaissent savent à quel point j’aime la langue française et comme j’ai horreur qu’on la maltraite. Alors qu’on ne vienne pas me faire la leçon sur mon utilisation d’anglicismes, parce que ce que j’abhorre par-dessus tout c’est la malhonnêteté intellectuelle, autrement appelée "la poêle qui se moque du chaudron" ou "l'hôpital qui se fout de la charité".

Ce débat est débile, je dirais même plus, c’est un non-débat, et je ne veux plus en entendre parler, c’est clair ?

Sur ce je vous claque une bise.

Aurélie, y a des fois comme ça ou gueuler un coup ça soulage…

PS : je ne tolèrerai aucun commentaire avec faute d’orthographe... meuh non, j'rigooole ;-) 

 

 

 

 

 

 

 

 
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25 juillet 2005 1 25 /07 /juillet /2005 00:00

Juste pour…

 

Du 6 au 31 juillet a lieu à Montréal le festival Juste pour Rire. Je suis allée y faire quelques petits tours comme ça, juste pour me distraire. Bilan des courses : plusieurs curiosités, une nullité absolue et 3 spectacles super chouettes.  

Dans la famille « nullité absolue » je demande le Don Cabillaud Show, un spectacle du Magic Land Théâtre, compagnie belge de théâtre de rue. Dire que je suis allée voir ça le jour le la fête nationale belge… Sur scène, deux hurluberlus habillés en soutane alignent les mauvais jeux de mots et les blagues téléphonées. Juste pas drôle. Je résiste à l’envie désespérée de quitter les lieux au bout de trois minutes car je suis avec des amis belges et que je ne veux pas les accabler… mais franchement, c’est un supplice. J’ai vraiment du mal à comprendre pourquoi autant de comédiens choisissent de se lancer dans l’humour, alors que c’est la chose la plus difficile qui soit. Par ailleurs, il me semble que le comique se doit de tester ses blagues avant de se lancer dans la production d’un spectacle. Soit ces deux-là ne l’ont pas fait, soit ils l’ont fait devant leurs amis, et on comprendra que ce n’est pas chose simple de dire à ses potes « Ecoute, ton spectacle est à chier. Si tu poursuis dans cette voie, tu vas te ridiculiser. »

Dans la famille « curiosité » j’appelle Les Frères de la Sangsue. Une tente plongée dans le noir, un plateau aimanté, des figurines de zombies actionnées par deux gars qui ont les mains sous le plateau, des lumières qui clignotent, des hurlements, de la techno à fond. Surréaliste, loufoque, excellent. Je me rends compte à quel point j’aime ce qui est décalé. J’imagine les deux potes en train de construire leur machin dans leur garage, morts de rire. Juste déjanté.

Toujours dans la famille « curiosité », je demande Les Girafes, un spectacle déambulatoire de la compagnie Off. Sept immenses girafes rouges, actionnées par des échassiers, se baladent dans les rues accompagnées d’un clown infidèle et dément qui se proclame le maître du monde et d’une castafiore jalouse qui lui tire dessus en poussant des contre-uts. Juste détonnant. Mais je me sens bizarre pendant ce spectacle. Entendre la chanteuse me rappelle cruellement que je n’ai plus chanté depuis des mois. Une voix malmenée. Des années de travail perdues. Juste triste. Et puis, je ne fais plus de théâtre non plus. Je me sens juste complètement à côté de la plaque. Ca m’arrive souvent en ce moment.

 

 

 

     

 

 

 

Dans la famille « super chouette », j’ai nommé Les Diables Noirs. Six percussionnistes costumés en noirs et blanc avec cornes et maquillages diaboliques nous servent un spectacle de mime et musique très original. C’est juste démoniaque ! Le meilleur spectacle que j’aie vu.

 

     

 

 

 

Dans la famille « super chouette » également, Squid, percussions et cornemuse. Les gars sont super jeunes et assez talentueux. Ils passent le chapeau à la fin de la représentation en nous expliquant qu’ils ont besoin de sous pour exporter leur spectacle à travers le monde. Juste ambitieux. Malheureusement j’ai perdu mon porte-monnaie et ne suis donc pas en mesure de contribuer au développement de leur carrière inter-sidérale.

 

 

 

Toujours dans la famille « super chouette », un spectacle de danse et gymnastique, Sport and the City. Les athlètes savent tout faire : contorsions, sauts périlleux, roulades, flips, cochon pendu… Au milieu du spectacle… du poi !! Je suis juste surexcitée et je tente à la fin du spectacle d’aller voir le type pour lui demander de m’expliquer LA figure que je n’arrive pas à faire, toujours la même. « Are you the one who’s doing poi ? » « Yeah » me répond-il sans un regard et en tournant les talons. Juste jetée, juste comme une malpropre. J’aime les artistes proches de leur public ! Je découvre en lisant le programme du festival que les protagonistes sont d’anciens athlètes olympiques… Tout s’explique, leur talent comme leur humilité.

Moi qui, l’année dernière, avais trouvé le festival Juste pour Rire juste consternant, je révise mon jugement. Evidemment si on s’arrête au Don Cabillaud Show (d’ailleurs je me demande si ce n’est pas ça que j’avais vu l’année dernière… serait-ce possible qu’ils soient là tous les ans ?), on n’y remet plus jamais les pieds. Mais en insistant un peu, on fait de belles découvertes. Et il reste encore une semaine.

J’espère que vous aussi profitez bien de l’été. Gros bisous.

 

 

 

Aurélie, famille « curiosité ».

 

 

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23 juillet 2005 6 23 /07 /juillet /2005 00:00

Mais qui sont les Acadiens ?

 

 

 

 

Ne ratant aucune occasion d’enrichir ma culture générale, je me suis rendue hier soir au Théâtre de Verdure où était célébré le 250ème anniversaire de la déportation des Acadiens. Cela faisait des lustres que j’entendais parler de cet épisode de l’histoire du Canada sans savoir exactement de quoi il s’agissait. Maintenant je sais. Et je m’en vais vous le conter.  

 

Les Acadiens sont les Français habitant la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Ile du Prince Edouard. On se situe en 1755. Les Anglais viennent encore de nous flanquer une dérouillée et le gouverneur Lawrence décide de se débarrasser des Franco-catholiques qui ont refusé de prêter allégeance à la couronne britannique en les embarquant sur des navires en direction notamment de la côte est des Etats-Unis. Ils y sont plutôt mal reçus : parqués dans des camps, emprisonnés, mis aux travaux forcés ou expédiés ailleurs (St-Domingue, Canada, Angleterre). Pendant ce temps-là, leurs terres, leur bétail, leurs biens sont confisqués (un peu comme moi avec ma cave…).

Entre 1755 et 1763, des milliers d’Acadiens meurent, soit en tentant d’échapper à la déportation, soit des conséquences de cette dernière : épidémies, naufrages, famine, froid…  J’imagine qu’il y a bien eu quelques femmes violées dans l’histoire (il y a toujours des femmes violées dans ce genre d’histoire).

Après 1764, les Anglais (qui ont définitivement crissé les Français dehors en 1763 –Traité de Paris) accordent aux Acadiens (du moins ceux qui sont encore vivants) le droit de revenir habiter en Nouvelle-Écosse, à condition de s’établir en petits groupes dispersés. Privés de leurs terres, ceux-ci s’installent dans les régions côtières, où leurs descendants vivent encore aujourd’hui, et se reconvertissent à la pêche.

En 1884, les Acadiens se sont choisi un drapeau : il est bleu-blanc-rouge, en souvenir de la mère patrie, avec une étoile dorée (couleur papale) symbolisant Notre-Dame de l’Assomption, patronne des Acadiens, placée dans la partie bleue du drapeau (couleur de la Vierge Marie). On voit que les Acadiens n’ont pas eu leur Révolution avec décapitation de curés et laïcité à la clé… Et je vous passe les paroles de l’hymne acadien, dont la version française, adoptée en 1992, comporte encore des passages en latin louant la bienveillante mère de Dieu.

Descendante de ces malheureux exilés, Marie-Jo Thério est une star par ici. Le Théâtre de Verdure où elle donnait un concert hier soir était plein à craquer. Une file d’attente de près d’1 km était déjà constituée lorsque je suis arrivée, avec une demi-heure d’avance « au cas où ». J’ai quand même trouvé une petite place sur la pelouse avec mes copines et j’ai découvert avec stupéfaction l’acadien, un doux mélange de français québécois et d’anglais, qui donne des phrases du style « chu stuck icitte » ou « t’as-tu un boyfriend pour t’embrasser ? »

Il paraît que Marie-Jo vient de sortir un album en France… Ce n’est certes pas le style de musique que j’écoute habituellement mais force est de constater que cette femme, en plus d’être drôlement sympathique sur scène (elle nous a servi une burlesque imitation de chanteuse américaine), possède une très belle voix et sait admirablement s’en servir. A écouter donc.

Grosses bises.

Aurélie, prof d’history, sometimes, quand ça lui sing

 

 

 

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18 juillet 2005 1 18 /07 /juillet /2005 00:00

Canot-camping

 

Ce week-end, comme je vous l’avais annoncé, j’ai découvert les joies du canot-camping, activité incontournable pour qui habite le Québec (lequel, comme chacun sait, compte des dizaines de milliers de lacs). Cet exercice présente plusieurs caractéristiques récurrentes.

 

 Le départ : en voiture, très tôt le samedi matin. C’est dans ces moments-là qu’on est content de souffrir de décalage horaire pour cause de retour d’Europe.

Le site : en général une réserve faunique ou un parc national. Pour nous cette fin de semaine, ce fut la réserve faunique de Papineau-Labelle.

Le canot : c’est évidemment la clé de tout, puisque sans lui le canot-camping n’est que camping. Compter par jour 35$ pour le canot + 5,25$ pour le gilet de sauvetage obligatoire mais que personne n’utilise parce que franchement, auriez-vous l’idée d’aller faire du canot si vous ne saviez pas nager ?

 

Les deux personnes qui composent l’équipage ne sont pas là pour se faire bronzer mais pour pagayer ou ramer (autrement dit, découvrir pourquoi ils ne referont plus jamais de canot-camping et pourquoi leur amis canot-campeurs ne seront plus jamais leurs amis). La technique est simple : plonger la rame profondément dans l’eau et pousser, en essayant de ne pas se cogner la main contre le canot (ça fait très mal, surtout à partir de la 10ème fois), de maintenir à peu près le cap, de ne pas se renverser, de ne pas attraper de crampe, de ne pas râler parce qu’on a attrapé une crampe, de ne pas se mettre à pleurer parce que la crampe s’est transformée en déchirure musculaire.

 

 

     

 

 Le portage du canot : c’est très simple, on retourne le canot et on se le colle sur la tête, pour passer d’un lac à l’autre. Evidemment on aura pris soin de le vider auparavant des kilos de matériel emportés pour le week-end (tente, sacs de couchage, glacière, nourriture et eau, réchaud et autres trucs de scouts) que l’on portera d’un point à un autre à la main et non sur la tête (quoique… après tout chacun fait comme il veut)

Le camping : il s’agit de repérer depuis le canot un site marqué d’un panneau et qui ne soit pas déjà occupé, puis, au milieu des arbres et de tout ce bordel qu’on appelle la nature, de dénicher un espace suffisamment large et plat pour planter sa tente. Le soir on fait un feu pour cuire les brochettes et éloigner les moustiques et la nuit on ne dort pas parce qu’on a un caillou qui nous rentre dans les côtes (et pourtant on a pris soin de déblayer avant d’installer la tente, faut pas croire qu’on soit totalement dépourvue de bon sens non plus).

 

 

 

 

Les ours : ours noirs, ours bruns ou grizzlis, vaste choix d’ours dans les forêts canadiennes. Au menu de ce week-end, les ours bruns. A L’entrée du parc, des panneaux nous avertissent de la conduite à tenir en cas de rencontre inopinée et pour prévenir les accidents qui sont rares, on tient à nous le préciser.

Si on croise un ours donc, il faut éviter :

 -      De le regarder dans les yeux car il prend ça pour de la provocation (notez la similitude avec certains jeunes de chez nous…). On recommande néanmoins de le garder à l’œil sans se faire remarquer… ;

 -         De lui couper la seule sortie possible : l’ours n’aime pas se retrouver dans un cul-de-sac ;

 -         De se placer entre lui et ses petits : la maman ours manque cruellement de sens de l’humour ;

 -         De se mettre à courir, car ça lui donne envie de nous courir après, et en plus il court vite ;

 -         De grimper aux arbres car ça aussi il sait le faire ;

 -         De faire le mort (ça c’est le truc de la dernière chance, quand il est en train de nous bouffer – au sens propre).

 Au contraire il faut :

 -         Lui parler calmement (quelqu’un a-t-il déjà essayé de rester calme face à un ours ???) ;

 -         Abandonner sa bouffe (il est donc recommandé de ne pas partir en week-end avec moi… essayez donc de me faire abandonner de la bouffe pour voir !) ;

 -         Reculer lentement en continuant à le regarder (mais pas dans les yeux on a dit).

 S’il attaque, il faut :

 -         Faire le plus de bruit possible, crier, gesticuler, histoire de lui flanquer la trouille

 -         Lui jeter des pierres, lui donner des coups de pagaie, bref défendre chèrement sa peau

 -         S’il est en train de vous bouffer : se recroqueviller en protégeant sa tête (apparemment il mange les muscles des bras, des cuisses et des fesses et ensuite il s’en va, vous laissant vivant mais cloué dans un fauteuil roulant pour le reste de vos jours…)

En terme de prévention, si vous apercevez un ours au loin, parlez pour vous faire remarquer (normalement il se tire) et changez de trajectoire.

La nuit au campement, ne gardez dans la tente rien qui ait une odeur (ni bouffe, ni dentifrice, crème solaire, on a dit rien, nada) et accrochez toutes vos affaires dans un arbre. (Soit dit en passant je ne vois pas bien l’intérêt de suspendre les sacs dans un arbre puisque les ours savent grimper aux arbres mais bon, quand il s’agit d’ours, je fais ce qu’on me dit et puis c’est tout.)

La nature : aaaah, la nature, tous ces bruits inconnus qui nous ravissent le jour et nous terrifient la nuit.

Je l’avoue sans honte (euh, avec un petit peu de honte quand même…) : je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, persuadée d’être la victime imminente d’une attaque d’ours enragés. Et quand il a fallu sortir de la tente pour faire pipi (arrive un moment où on ne peut plus tergiverser), j’ai failli m’évanouir de peur. Inutile de dire que je ne suis pas allée jusqu’aux toilettes (un trou dans le sol à une centaine de mètres du campement). Trois pas m’ont suffit et j’ai trébuché 10 fois tellement je tremblais. Je n’ai jamais eu les jambes à ce point flageolantes…

Les moustiques : il faut savoir que  « moustiques » est un terme générique employé pour désigner à la fois les moustiques, les mouches noires, les mouches à chevreuil et toutes les autres petites bibittes qui vous foutent en l’air un week-end et un sandwich. Une intoxication au « Off » plus tard, je ne présente qu’une quinzaine de piqûres. Ouf…

Les sangsues : après la première baignade, on batifole sur les rochers au bord de l’eau. Oh, c’est quoi cette petite limace noire dans l’eau ? Ben oui, c’est une sangsue. Tout de suite c’est moins le fun de se baigner. On devient légèrement parano.

Tout ça pour dire que le canot-camping, j’en refais dès que possible, mais uniquement accompagnée de trois domestiques et dans une tente climatisée avec matelas en latex.

Portez-vous bien.

Aurélie, citadine assumée.

 

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14 juillet 2005 4 14 /07 /juillet /2005 00:00

Montréal en été

J’ai posé le pied sur le sol canadien depuis un peu plus de 24h et depuis un peu plus de 24h j’ai le sourire jusqu’aux oreilles. Aaaaaaaaaah Montréal, j’adore Montréal. Les gens sont de bonne humeur et ça nous change de Paris, croyez-moi. Et Montréal en été, c’est d’la balle.

Comme l’hiver a été long, tout le monde est content quand l’été arrive et veut en profiter un maximum. Résultat, on sort : on marche, on fait du vélo, du roller, du jogging. On déjeune sur les terrasses des cafés, on passe ses soirées sur les marches des condos à bavarder avec des amis, à boire des bières ou à se couper les ongles de pied, on pique-nique. Bref, on vit dehors et l’ambiance générale est assez décontractée.

Evidemment on a trop chaud mais ça n’est pas grave. (Disons que l’achat d’un ventilateur est quand même un investissement avisé et autant s’y prendre à l’avance car les magasins sont rapidement en rupture de stock. C’est qu’il en faut un dans toutes les pièces...)

Le problème surtout, c’est l’humidité. On se croirait sous les Tropiques. Alors forcément, il y a des moustiques. Le plafond des cabines téléphoniques grouille littéralement de ces suceurs de sang attirés par la lumière. La première fois ça surprend, ça dégoûte même. On ne s’entend plus parler…

Quant à moi, aussitôt rentrée, aussitôt piquée, et boursouflée, car je suis comme qui dirait légèrement allergique. Le genre de truc qui agace…

L’été à Montréal, c’est la saison des festivals. De littérature, de théâtre, de musique, de cinéma, de feux d’artifices. Il y a de tout, pour tous les goûts. Ca commence en avril, avec le Festival Nuits d’Afrique, films et documentaires africains à l’honneur ; en mai, le Festival International de la Littérature et le Festival de Théâtre des Amériques ; en juin, le Fringe (toutes formes d’expression artistiques, pour des spectacles résolument originaux et détonants), le Mondial de la Bière et aussi le grand prix de Formule 1 du Canada (ce n’est pas un festival mais c’est quand même un événement…) ; en juillet, le Festival International de Jazz et le Festival Juste pour Rire ; en août, les Francofolies de Montréal et le Festival des Films du Monde. Et je ne cite que les plus gros... Il y a aussi le Théâtre de Verdure, au parc Lafontaine, qui propose tous les soirs de juillet-août des spectacles en plein air.

Le week-end, on va se balader dans un des innombrables parcs nationaux du Québec ou bien on va à la plage de Montréal, sur l’île Sainte Hélène. Si on reste en ville, on a le choix, le dimanche, entre les tam-tams, dont je vous ai déjà longuement parlé et les pique-niques électroniques, dont je vous parlerai sûrement un de ces jours.

Bref il est impossible de s’ennuyer.

Pour moi ce week-end, c’est canot-camping. Cela promet des anecdotes croustillantes !  

Grosses bises à tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aurélie, mon pays ce n’est plus Paris

 

 

 

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