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Sens de l'humour et esprit critique sont requis pour apprécier la lecture de ce blog. Il est fortement recommandé de ne pas prendre les propos de l'auteur au 1er degré!

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Chic Moustache

Vous cherchez des t-shirts qui représent le Québec sans tomber dans les clichés? Chic Moustache est fait pour vous!! Allez donc jeter un oeil!

 

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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

10 décembre 2005 6 10 /12 /décembre /2005 22:29

 

Qui est Elvis Gratton ?

 

 

Elvis Gratton est une sommité nationale. Un homme que rien – pas même le ridicule – ne peut arrêter. Un homme de persévérance, de ténacité, un modèle pour la jeunesse, celui qui a su trouver un juste équilibre entre sa vie de couple et sa passion, un homme d’une élégance incomparable, qui porte le lamé avec aisance, qui ne connaît pas le trac. Un homme qui sait reconnaître le talent, un esthète, un hédoniste. Un artiste qui ne perd jamais une occasion de faire éclater à la face du monde son sens de la scène, improvisant, séduisant les foules, récoltant tous les suffrages. Un génie, mais un homme simple aussi, abordable, bon vivant, parfois ripailleur. Un homme qui aime les femmes, et qui leur montre, un homme qui aime sa femme surtout, et qui lui montre. Elvis Gratton est l’incarnation de tous les possibles.

Et parce que je sais que vous rêvez de le connaître un peu mieux (qui n’en rêverait ?), le voici pour vous ce soir, en exclusivité.

 

Elvis Gratton c’est lui :

 

 

 

 

 

 

Cela faisait un certain temps qu’on me parlait d’Elvis Gratton. Soucieuse de ma culture québécoise, Roxane me l’a fait découvrir.

Elvis Gratton est un personnage de film, fan et grand imitateur d’Elvis, plouc comme c’est pas permis, vulgaire, laid, stupide. J’ai parfois entendu comparer le film avec les Bronzés et Elvis Gratton avec Jean Claude Duss. C’est une erreur. Car Elvis Gratton n’est pas un raté : il gagne des trophées et surtout, surtout, il a du succès avec les femmes ! De plus, le film se veut porteur d’un message politique: il faut lutter contre la suprématie américaine.

Tout le monde ici connaît Elvis Gratton, tout le monde a vu le film et beaucoup connaissent les répliques par cœur. Que ce soit parce qu’on s’y reconnaît, qu’on y reconnaît un proche ou parce qu’on prend le personnage au second voire au troisième degré, Elvis Gratton fait rire. Un phénomène national je vous disais, ou provincial plutôt, pour être exact.

 

 

 

Et si je n’arrive vraiment pas à comprendre pourquoi, si je trouve le film consternant, voire pas regardable, une succession de sketches pathétiques, c’est sans doute parce que, bien que j’adore la poutine, que j’aie acheté des patins à glace et que je sacre en maudit, je ne suis pas québécoise. Y a pas à dire, on a beau s’intégrer dans son pays d’accueil, quel qu’il soit, on reste toujours un étranger par certains aspects !

Sur ce je vous laisse, je dois travailler ma banane.

Aurelie, appelez-moi The Queen.

 

 

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29 novembre 2005 2 29 /11 /novembre /2005 16:02
Trois petits tours et puis s’en vont Cela s’est passé ce soir à 18h30 mais cela faisait des semaines que tout le monde le prédisait et l’attendait : le gouvernement libéral de Paul Martin s’est fait crisser dehors. L’opposition avait déposé une motion de défiance, que la chambre des Communes a acceptée, retirant ainsi sa confiance au gouvernement. Les Libéraux ont voté contre, bien sûr, mais ils ne détenaient que 133 sièges sur les 308 des Communes. Le Bloc Québécois, le Parti Conservateur et le Nouveau Parti Démocrate, les trois partis de l’opposition, ont donc obtenu ce qu’ils voulaient. La chambre des Communes sera dissoute demain par la Gouverneure générale Michaëlle Jean et des élections auront lieu, vraisemblablement le 23 janvier 2006. Pourquoi cette date ? Sans doute parce qu’on ne peut pas envisager un vote sérieux tant que « Le petit renne au nez rouge » est diffusé en boucle dans les magasins… NB : la Gouverneure générale est la représentante de la reine d’Angleterre, qui est aussi la reine du Canada, au cas où vous ne le sauriez pas. Tout ce bordel est la conséquence du scandale des commandites qui agite le pays depuis de nombreux mois. De quoi s’agit-il ? Il y a dix ans, le Québec organisait un référendum pour l’indépendance, la souveraineté, devenir un pays à part entière, quoi. A cette occasion des budgets astronomiques ont été octroyés à des agences de communication par le gouvernement fédéral, pour promouvoir le « Non ». Malheureusement, ces agences n’ont pas été choisies à l’issue d’appels d’offres dans les règles. Non. Comme cela arrive souvent, les marchés ont été attribués aux chums des politiciens en place, chacun y trouvant son avantage. Une histoire de gros sous comme il y en a partout dans le monde, en somme. Mais voilà, les personnes impliquées se sont faites chopper. Dommaaaaaaage. Alain Juppé n’avait pourtant pas encore donné ses cours à l’École Nationale d’Administration Publique - ENAP (monsieur Juppé qui, soit dit en passant, a eu beaucoup moins de mal à obtenir ses papiers que moi, malgré son casier judiciaire… Cela s’appelle l’immigration sélective !) La commission d’enquête présidée par le Juge Gomery a statué il y a quelques semaines : tous des pourris. Enfin presque. Pas vraiment tous, mais suffisamment pour discréditer les Libéraux. Exit donc. La question est : cela va-t-il changer quelque chose, et quoi ? D’après ce que j’ai compris, on envisage de nouveau un gouvernement minoritaire, c’est-à-dire n’ayant pas la majorité des sièges à la chambre des Communes. Sauf que cette fois, ce pourraient être les Conservateurs qui tirent leur épingle du jeu, au grand dam des libre-penseurs de tout poil. D’aucuns disent que cela précipiterait l’indépendance du Québec, plutôt peu favorable au retour de la femme au foyer… (et ne me dites pas que les Conservateurs ne sont pas comme ça !) Je vous tiens au courant. Aurélie, à la pointe de l’actualité.
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20 novembre 2005 7 20 /11 /novembre /2005 19:54

Faut pas croire…

 … tout ce que les gens racontent !

Par exemple, moi, quand je suis arrivée à Montréal, j’ai rencontré des gens qui m’ont sorti tout un tas de vérités du genre :

1.      Les Québecois ne comprennent pas le 2nd degré et n’ont pas le sens de l’ironie : comme je l’ai déjà dit quelque part, j’ai tout plein d’amis québecois qui sont la preuve vivante du contraire. Évidemment il y en a aussi qui n’ont pas du tout le sens de l’humour… comme partout.

2.      Les Québecois ne sortent jamais de chez eux. Faux, archi-faux. Alex et Émilie ont vécu un an en Chine, Roxane a passé de nombreux mois en Asie, Pierre-Olivier est parti pour un an à la découverte de l’Europe. Je pourrais en citer plein d’autres car je rencontre sans cesse des gens qui ont parcouru le monde ou s’apprêtent à le faire. Ça laisse rêveuse.

3.      Les amitiés avec les Québecois ne peuvent être que superficielles. J’ai tout un tas d’exemples autour de moi d’amitiés franco-québécoises bien réelles.

4.      Entre Français on se comprend beaucoup mieux. Ben justement, la personne qui m’a dit ça, comment dire… je ne pense pas qu’on soit tout à fait sur la même longueur d’onde.

Tout ça pour dire que je suis assez atterrée par la façon de penser de certains de mes compatriotes immigrés. Des gens qui n’arrêtent pas de se plaindre de tout et n’importe quoi, des gens qui ont l’air malheureux ici et qui persistent pourtant à y rester, des gens qui arrivent en terrain conquis attendant que le Québec s’adapte à eux, des gens qui déforment la réalité de la France pour pouvoir dire que c’était mieux là-bas, des gens qui n’arrivent pas à admettre que la vie à l’étranger est différente de la vie dans son pays, des gens qui se persuadent que c’est la faute des autres s’ils n’arrivent pas à s’intégrer.

Comme la plupart des Québecois (qui de leur côté, il faut bien le dire, sont aussi tentés de faire des généralisations à notre sujet), je suis tannée de croiser la route de ceux qu’on appelle « les maudits Français ». Pas contents? Rentrez chez vous. Vous ne voulez/pouvez pas rentrer? Faites-vous une raison et arrêtez de chialer, la vie sera plus facile pour tout le monde.

A bientôt, lecteurs non râleurs.

Aurélie, qui a piqué mon fromage?

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15 novembre 2005 2 15 /11 /novembre /2005 00:00

Tous les ans à la même date…  

 

… c’est mon anniversaire. Depuis que j’ai 25 ans, j’ai décidé que cela valait la peine d’être fêté. Cette année, une fois n’est pas coutume, je n’avais pas envie d’organiser un party (prononcer « parté ») à la maison. J’ai donc proposé à mes amis de sortir dans un nouveau bar-boîte qui s’appelle le Zoobizarre, en provenance directe de Bordeaux – France. Le vendredi soir, des Dj’s polonais nous y rappellent que nous avons été jeunes mais que nous ne le sommes plus en nous passant – remixés - les hits new-wave/indus/électro sur lesquels nous dansions (ou du moins je dansais) il y a plus de 10 ans. L’endroit a l’air sympathique et je donne donc RV à tout le monde sur place vendredi dernier.

A la dernière minute, i.e. la veille, les programmeurs de la salle décident de faire précéder la prestation des Polonais par deux concerts, dont un de Islands, alias les ex-Unicorns. Super, j’aime bien Unicorns. Malheureusement je ne suis pas la seule. On stage, Islands donc, et dans la salle 80% de la population anglophone  + quelques figures du rock montréalais (Arcade Fire, Wolf Parade). D’amis point : les pauvres sont restés coincés dehors pour cause de sur-affluence. Résultat des courses : j’ai 31 ans et tous mes potes me détestent !  

 

A part ça, je ne porte toujours pas de tailleur, ni de bijou, ni d’alliance. Je n’ai toujours pas d’enfant, ni de Volvo, ni de chien. Est-ce à dire que rien n’a changé ? Que nenni ! Car en un an, je suis devenue saltimbanque.

Non contente de passer tous mes dimanches (de mai à octobre) aux tams-tams et de posséder désormais trois paires de poïs, dont une qui s’enflamme (bon ok, je ne l’ai pas encore essayée mais ça va venir), je viens de commencer les cours de hula-hoop ! Et j’adore ça ! J’ai même commandé mon propre cerceau, rose et violet. Seul problème : je suis couverte de bleus. A mon premier cours, qui était le quatrième de la session, je me suis demandée si j’avais bien compris quand la prof a demandé aux élèves si elles (que des filles évidemment) n’avaient pas de « bruises all over ». J’ai même eu envie de faire la maline, mais je me suis dit qu’avec mon cerceau Dollarama, il valait peut être mieux faire profil bas. Bien m’en a pris. Car les vrais cerceaux de hula-hoop sont de véritables instruments de torture. Ils pèsent une tonne et détruisent toutes les cellules épithéliales (‘scusez, mon job me monte à la tête) qu’ils croisent sur leur passage. Résultat : des hématomes partout. A la taille, autour du cou, sur les mains et surtout, surtout, autour des genoux. Faut dire que c’est pas mal osseux dans ce coin-là. Pas beaucoup de graisse pour amortir. Tout cela ressemble fort à de l’auto-mutilation … J’envisage de me présenter au prochain cours avec des genouillères et des protège-poignets. Surtout que j’ai une tendinite.

 

Ah oui parce que j’ai oublié de vous dire, ce qui a changé aussi, c’est que je suis devenue vieille : toujours un pet de travers. Mal au poignet, mal au dos, mal aux jambes, mal aux yeux, pas assez dormi, pas ce soir chéri j’ai la migraine. C’est épouvantable. A moins que tout ceci ne soit que le triste résultat de l’informatisation excessive du monde du travail… ? C’est décidé, je vais militer pour la réintroduction de la rédaction sur parchemin. En plus d’être vieille et rouillée, je vais devenir réactionnaire ! Bilan l’année prochaine…

Portez-vous bien. 

 

Mamie Aurélie

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27 octobre 2005 4 27 /10 /octobre /2005 00:00

Sir, yes Sir !

Savez-vous ce qu’il en coûte de traverser au feu rouge (rouge pour les piétons, vert pour les voitures)?

Un accident? Ben non parce que vous avez quand même regardé avant de traverser, vous n'êtes pas suicidaire…

Des insultes de la part du conducteur qui arrive à fond les manettes et qui commence à klaxonner à 300 mètres ? Ben non, on n’est pas à Paris ici…

Non, il en coûte 37$. Oui mes chers amis, 37$. Et une bonne dose d’énervement.

-          Mais enfin c’est ridicule monsieur l’agent.

-          Non ce n’est pas ridicule car si vous vous faites renverser et que vous devez aller à l’hôpital, vous serez une charge pour la société.

-          Mais y a pas de voitures, monsieur l’agent.

-          Il pourrait y en avoir une.

-          Mais j’ai regardé, il n’y avait pas de voitures.

-          Il aurait pu y en avoir une.

-          Et vous ne croyez pas que vous feriez mieux de verbaliser les conducteurs de voitures qui ne respectent pas les stops?

-          Croyez-bien que nous le faisons.

-          Et vous pensez franchement que les piétons vont arrêter de traverser au feu rouge?

-          C’est pour cela que nous sommes là.

-          Et vous n’avez rien de mieux à faire.

-          Nous appliquons les consignes.

-          Et si je ne paie pas?

-          L’amende sera majorée.

-          Ah.

Quatre personnes d’un coup qu’ils se sont faits. Quatre pékins qui avaient oublié l’espace d’un instant que le règlement c’est le règlement. Quatre pékins qui ont voulu croire qu’on avait encore le droit d’agir à sa guise en société. Mais quatre pékins qui, je l’espère, continueront de traverser au feu rouge, et en dehors des clous. Parce que y en a marre de la discipline et des lois contre le racolage passif.

Non à l’ordre établi!

Aurélie, anarchie.

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20 octobre 2005 4 20 /10 /octobre /2005 00:00

Gastronomie

 

Ces dernières semaines, je me suis montrée avide de québécoiseries en tout genre. C’est ainsi que je suis allée souper à la Binerie, une institution située sur l’avenue du Mont-Royal, où l’on peut manger tout ce que la gastronomie québécoise compte de diététique, version je dois résister à l’hiver polaire grâce à mes 5000 calories quotidiennes.

 

 

Je vous ai déjà parlé de la poutine, que j’adore et qui consiste en un plat de frites et boules de fromage caoutchouteuses arrosées de sauce brune.

Cette fois-ci, j’ai voulu goûter à une autre spécialité locale : le pâté chinois, qui est une sorte de hachis Parmentier avec du maïs. Les origines du pâté chinois sont controversées : on m’a d’abord raconté que ce plat était dégusté par les Chinois qui travaillaient à la construction des rails du chemin de fer canadien ; une autre version indique que le pâté chinois, de son nom d’origine « China pie » vient de la ville de China dans le Maine, Etats-Unis.

Près d’un an et demi à Montréal et je n’en avais encore jamais mangé. Une honte. Par souci d’expiation, j’ai donc mangé mon pâté chinois accompagné de fèves au lard.

 

 

Une excellente initiative qui m’a permis de prendre pleinement la mesure de l’expression « supplice chinois ».

Après avoir réglé l’addition d’un montant plus que raisonnable et promis au patron que j’allais revenir (croisé ne compte pas), j’ai quitté les lieux les yeux exorbités, la goutte au front, arborant une démarche de femme enceinte, et regagné avec peine mon canapé où j’ai comaté pendant plusieurs heures avant de me rendre à l’évidence : non, mon heure n’était pas encore venue.

N’empêche, on n’est pas passé loin. Je vous le dis mes amis : la gourmandise est péché !

Aurélie, 10 rosaires pour la peine.

 

 

 

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9 octobre 2005 7 09 /10 /octobre /2005 00:00

Les touristes et les écureuils 

 

Promenade au Mont-Royal. 

 

Au sommet, un car déverse des flots de touristes trop paresseux pour réaliser l’ascension à l’aide de leurs pieds.

J’observe.

A peine arrachée à la climatisation, la foule s’extasie : « Oh, un écureuil !!!!!!!!!! » ou plutôt : « Look, a squirrel !!!!!!!!!!» Une énorme femme vêtue d’une improbable blouse fleurie sur short blanc, le bourrelet dépassant des chaussettes qu’elle a blanches également, tout comme ses Reebok, une Américaine donc, se penche en avant et tend la main. Je devine un morceau de cookie entre ses doigts, preuve, s’il en est, de sa totale abnégation (on imagine ce que cela lui coûte de partager son quatre heures). Elle tend la main vers l’animal en alignant les onomatopées. L’écureuil s’avance, plus gourmand que méfiant, bien décidé, selon toute évidence, à ne faire qu’une bouchée du biscuit. 

Soudain un hurlement, des jurons et la consternation générale. Le gentil si mignon petit écureuil vient de bouffer la main nourricière.

Moralité, les touristes sont toujours aussi cons.

Portez-vous bien et ne nourrissez pas les ours, ni les pigeons de la place Saint-Marc.

Aurélie, lâche cet os.  

 

 

 

 

 

 

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6 octobre 2005 4 06 /10 /octobre /2005 00:00

 

Service de réexpédition

Je suis dans un état d’énervement peu commun. Du style rage noire. Du style je vais me mettre à hurler dans deux secondes… Le responsable? La poste. La poste française. La Poste avec un L et un P majuscule. 

 

Hier, je reçois un courrier m’informant que mon service de réexpédition de courrier n’a pas pu être mis en place car je n’ai pas fourni de justificatif de domicile. La question qui me vient tout de suite (en même temps que les petits points rouges devant les yeux et accompagnée de bon nombre de gros mots) est : « pourquoi est-ce qu'on ne m'a pas demandé ça quand je me suis présentée au guichet la semaine dernière? » Et je préfère ne même pas savoir pourquoi ils ont besoin d’un justificatif de domicile. La procédure…

Ce matin donc, je me lève à 6 heures, ayant l’intuition qu'ils finissent leur service de bonne heure à La Poste. Ca ne rate pas : pour parler à madame Maylis L. il faut téléphoner entre 5h30 et 11h30. 6h de décalage horaire? Mais vous n’êtes pas la seule à vous lever tôt madame. Madame Maylis L. Se lève à 4h30 tous les matins.

Là ça fait déjà un moment que j’ai envie de cogner. Ce genre de réponse a le don de me mettre très en colère. Comme le « je travaille » que nous servent tous les connards garés en triple file ou pas garés du tout et qui emmerdent tout le monde, qui ne travaille pas, ça va de soi.

« Oui madame, je comprends le problème mais ce n’est pas de ma faute si vous êtes tombée sur une personne incompétente au guichet. » Ah ben ça c'est sûr... Et d'ajouter : « il faut nous envoyer votre justificatif de domicile et puis c’est tout. » Attends que je t’explique : mes factures EDF, elles sont en France. Je pourrais éventuellement envoyer une copie de ma prochaine facture, mais je ne la recevrai jamais car VOUS NE VOULEZ PAS ME FAIRE SUIVRE MON COURRIER.

Là ça fait un moment que je suis au bord de la crise d’hystérie.

Vous ne pouvez rien faire ? Bon, eh bien passez-moi quelqu'un d'autre. Il n'y a personne d'autre? Eh bien d'accord, passez-moi votre patron. Parce que moi, parler à Maylis L. ou à quelqu’un d’autre, finalement, je m’en fiche pas mal. Chu mignonne quand même… croire que ça va changer quelque chose, franchement…

Donnez-moi votre numéro et je vous rappellerai demain. Merci monsieur, mais c’est qu’entre-temps, l’accusé réception de mon dossier d’immigration, il va aller où? Renvoyé à l’expéditeur????? Je pense que vous plaisantez. Comment ça vous me pouvez rien faire parce que vous ne connaissez pas mon dossier? Ca fait une demi-heure que je vous le récapitule mon dossier, qui soit dit en passant se résume à un p..... de contrat de réexpédition et à une lettre de Maylis L. et aussi, parce qu’il faut quand même le mentionner, aux 110 euros que vous avez prélevés sur mon compte en banque pour mettre le en place ce service de réexpédition… nom de dieu. Rien à faire. Le patron de Maylis L. ne peut rien faire pour moi. A part me rappeler demain, c'est déjà ça.

Sauf que pendant ce temps-là, l’ambassade du Canada prend en note que je n’habite pas à l’adresse indiquée et classe mon dossier dans la poubelle bleue, celle du recyclage, parce qu’au Canada on est concerné par l’environnement…

A tous ceux qui reçoivent du courrier, qui prennent le métro ou le train de banlieue, qui vont à l’université, qui paient des impôts, qui veulent aller en Corse, je souhaite bon courage.

Aurélie, pas sortie de l'auberge

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2 octobre 2005 7 02 /10 /octobre /2005 00:00

Excédents de bagages 

 

Depuis la mi-avril, c’est à dire depuis que mon permis vacances-travail a pris fin, je me creuse la tête pour trouver un moyen de demeurer au Canada.  

J’ai d’abord pensé à rester quelques mois sans travailler puis, victime d’un éclair de lucidité (je n’aurai pas mes papiers de résidence permanente avant l’été 2006), j’ai envisagé la solution emploi de perfectionnement. Il s’agit de l’un des volets du programme d’échange de jeunes entre la France et le Québec.

Le seul problème c’est que, pour en bénéficier, il faut avoir une offre d’emploi en rapport avec son cursus professionnel, ce qui n’est pas une mince affaire quand on n’a pas de papiers (le principe du chien qui se mord la queue, ça vous dit quelque chose?). Après plusieurs semaines de recherches infructueuses, totalement découragée, je me suis résignée à rentrer en France pour plusieurs mois, le temps justement d’obtenir ma résidence permanente. C’est que la précarité commençait à me peser… contrairement à mes économies qui, elles, ne pesaient plus grand-chose.  

Au bord de la dépression, je me suis donc lancée fin août dans le tri de mes affaires, incapable de répondre à la question : comment faire tenir plus d’un an de sa vie dans 30 kilos de bagages?

Il faut que je vous dise qu’à mon arrivée en avril 2004, j’avais pris un vol Air Canada, compagnie qui, grand prince, autorise à ses passagers 64 kilos de bagages. Bien que ne partant initialement que pour 6 mois, j’avais décidé d’emporter à peu près toute ma maison avec moi (sans doute un moyen de calmer mes angoisses), à savoir autant de choses indispensables quand on part en voyage que : mes rollers, ma sortie de bain, des bottes, des escarpins, trois tailleurs, etc.  La chargée d’enregistrement avait bien failli faire un arrêt cardiaque en me voyant arriver avec mes 6 sacs de voyage… mais avait préféré m’informer aimablement que certes, on avait droit à 64 kilos, mais que ceux-ci devaient être répartis dans 2 valises au maximum. Ce qui nous fera 400$ US de frais pour les 4 pièces excédentaires, vous souhaitez régler par carte ou en liquide? Heureusement que j’avais la larme facile et que les superviseurs détestent voir des jeunes filles en larmes devant les comptoirs : on m’avait finalement autorisé 3 sacs dans la soute et 3 en bagages à main.

Formulée plus précisément, la question précédente est donc : comment faire tenir dans 30 kilos de bagages toutes les affaires que j’ai apportées plus toutes celles que j’ai achetées ici? Finalement il n’y a qu’une seule réponse : on ne peut pas. Et une seule solution : tout abandonner.

Les voyages à l’étranger sont un excellent moyen d’apprendre à se détacher des choses matérielles. Pour moi qui ai du mal à jeter (euphémisme pour dire que je garde tout, absolument tout, y compris les pires vieilleries), l’apprentissage est douloureux.

Dans ce contexte, rebondissement de dernière minute… 3 jours avant de partir, j’apprends qu’on m’offre un job de rédactrice médicale, ici, à Montréal. L’employeur sait que je dois rentrer en France pour demander mon visa et il accepte de repousser la date de début du contrat. Tout semble s’arranger parfaitement. C’est alors que la panique m’envahit (je commence à me méfier de mon karma) : et si ça ne marchait pas, si on me refusait mon visa? Il n’y a aucune raison objective mais j’ai appris à ne pas faire confiance à l’objectivité de l’administration.  

 

 

 

 

Pour faire face à toute éventualité, c’est à dire concrètement l’éventualité où je serais condamnée à rester en France, je décide de remporter toutes mes affaires (enfin toutes celles que je n’ai pas données à l’Armée du Salut). Arrivée à l’aéroport, je suis parfaitement décontractée avec mes deux sacs pesant respectivement 16 et 6 kilos. C’était sans compter sur la perspicacité de la chargée de comptoir (comment diable appelle-t-on les personnes qui enregistrent les bagages? Les enregistreurs de bagages?), laquelle entreprit de peser mon bagage à main, le trouvant bien volumineux. 30 kilos ??? Non mais vous plaisantez ! Vous ne pensez quand même pas que je vais vous laisser prendre 30 kilos en bagage à main?

Dans ma petite valise à roulettes, des tonnes de papiers importants : je refuse de les mettre dans la soute car ils risquent d’être perdus. Dans mon sac à dos, mon ordinateur portable, des tas de trucs électroniques et ma trousse de toilette aux 2000 pots de crème. Je refuse aussi de les mettre dans la soute (faut quand même être un peu con pour mettre un ordinateur en soute…). J’accepte finalement de me séparer de la valise, espérant que mon air catastrophé va faire oublier à l’enregistreuse de bagages le poids total de mon chargement. Bingo! (ça devient une habitude). Pas de supplément à payer et la dame a vraiment l’air embêté pour moi.

Sitôt arrivée à Paris (avec tous mes bagages, aucun n’ayant été égaré en route), j’entame le siège de l’ambassade et j’obtiens très rapidement mon visa. Yipee!! Seul problème : il me faut retrimballer mes affaires dans l’autre sens. En y ajoutant deux-trois-cinquante trucs que je veux en profiter pour rapporter…

Cette fois toutes mes tentatives d’intimidation seront vaines : 12 kilos d’excédent. Et je vous fais cadeau de 3 kilos, vous comprenez avec le prix du kérosène, on ne peut pas faire d’exception. Ça devait bien finir par arriver…

Vivre à l’étranger c’est ça : laisser des choses derrière soi, s’enrichir de nouvelles, et être tout le temps déchiré entre les deux…  

 

 

 

Enfin maintenant je suis de retour, j’ai un visa d’un an qui devrait me permettre de rester au Canada jusqu’à ce que j’aie obtenu ma résidence permanente, des perspectives, et je vais me poser. Ce qui signifie aussi que je vais continuer à vous raconter mes petites aventures québécoises, chanceux !  

Portez-vous bien.  

Aurélie, la roue tourne. 

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1 octobre 2005 6 01 /10 /octobre /2005 00:00

Informations utiles sur le Canada

 

Comme tout le monde me pose des questions sur le Canada et que je ne peux pas répondre à tout le monde, voici un petit résumé des informations utiles (pour les Français uniquement; les autres devront se débrouiller tout seuls car mon savoir n’est quand même pas encyclopédique.)

·         Si vous voulez étudier : il faut faire une demande à l’ambassade du Canada en France avec en poche une lettre de l’université qui vous a accepté. Vous devrez justifier d’un certain montant de ressources. Voir ici : http://www.dfait-maeci.gc.ca/canadaeuropa/france/visas/etudeseurope-fr.asp  

 

·         Si vous voulez visiter, aucune démarche à faire : les Français ont le droit de faire du tourisme pendant 6 mois sans qu’un visa soit nécessaire.

·         Si vous voulez travailler et que vous avez entre 18 et 35 ans, vous pouvez demander à l’ambassade du Canada en France un permis vacances-travail (PVT). C’est très simple, très rapide et cela vous permet de partir entre 6 mois et un an avec un permis de travail ouvert, c’est à dire que vous pouvez travailler dans n’importe quelle entreprise. Voir ici : http://www.international.gc.ca/canadaeuropa/france/visas/travailler-fr.asp  

 

·         Si vous voulez travailler, que vous avez entre 18 et 35 ans et que vous avez déjà fait un PVT, vous pouvez obtenir un visa de travail temporaire pour un emploi de perfectionnement. Il faut trouver un job cohérent avec votre parcours professionnel ou vos études et vous présenter à l’ambassade muni de l’offre d’emploi. Vous obtenez alors rapidement et gratuitement un permis de travail temporaire d’une durée d’un an au maximum (renouvelable 6 mois), valable uniquement pour l’entreprise qui vous fait l’offre. C’est pas le moment de se faire virer…  Voir ici : http://www.international.gc.ca/canadaeuropa/france/visas/travailler-fr.asp    

 

·         Si vous voulez travailler et que vous avez plus de 35 ans, ça se complique sauf si vous exercez un métier figurant sur la liste des professions en demande (je ne connais pas le détail). Sinon, il vous faut trouver un emploi et convaincre votre futur employeur d’entreprendre les démarches nécessaires pour prouver au Haut Comité aux Ressources Humaines qu’aucun Canadien n’était en mesure de remplir cet emploi, bref que vous êtes unique et indispensable. Ce n’est pas gagné et ça prend du temps.

Voir ici : http://www.dfait-maeci.gc.ca/canadaeuropa/france/visas/autre_emploi-fr.asp  

 

·         Si vous voulez immigrer au Canada, vous devez faire une demande de résidence permanente. Si vous souhaitez immigrer au Québec il faut d’abord faire une demande de Certificat de Sélection du Québec (CSQ). C’est long, c’est chiant et c’est cher donc il faut être motivé. Le dossier est à envoyer à l’ambassade du Canada en France (n’essayez pas de passer par le Canada si vous y êtes en tant que travailleur temporaire : c’est trois fois plus long – et c’est l’erreur que j’ai faite…)  Voir ici : http://www.dfait-maeci.gc.ca/canadaeuropa/france/visas/immigrer-fr.asp  

 

 

·         Quelques sites Internet utiles :

www.immigration.quebec.fr

www.amb-canada.fr

www.ofqj.org

 

 

Autres infos utiles pour voyageurs stressés :

-          Le courant est de 110 volts et on trouve des adaptateurs et transformateurs sur place. 

-          Si vous voulez connaître la météo avant de partir au Canada, voir ici : www.meteomedia.ca

-          Pour se loger, la solution la moins chère est la colocation. Annonces sur www.toutmontreal.com ou dans le journal Voir que l’on trouve sur place.

 

Infos utiles pour tous les voyageurs : les Québécois n’ont pas d’accent ; ce sont les touristes qui en ont un.

Bon voyage!

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