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Bon théâtre!

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Chic Moustache

Vous cherchez des t-shirts qui représent le Québec sans tomber dans les clichés? Chic Moustache est fait pour vous!! Allez donc jeter un oeil!

 

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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

10 mars 2006 5 10 /03 /mars /2006 22:42

Vous passerez à la télé qu’ils disaient

  

 

 

La semaine dernière, je suis passée dans une émission intitulée Le Monde au Quotidien, diffusée sur la chaîne française de télévision Direct 8. Le principe de cette émission est de recueillir le témoignage de Français installés à l’étranger sur la vie quotidienne dans leur pays d’accueil.

Pour cette émission, j’avais dû envoyer une sélection de photographies qui devait, selon la recherchiste de l’émission, servir de support à ma conversation avec le présentateur. « Nous ne vous interrogerons jamais sur des sujets que vous ne connaissez pas » m’assurait-on. Pour me le prouver, le présentateur attaque d’emblée sur les Jeux Olympiques : « euh, ben, euh… c’est que, euh… »

Mais j’étais encore loin du pire…

Le présentateur – je lui souhaite d’avoir à l’avenir plus de temps pour préparer ses émissions – me parle pendant 10 bonnes minutes des conditions de travail. A l’en croire, on arrive le matin en ne sachant pas s’il va y avoir du travail et on touche sa paie de la journée en quittant le soir, ne sachant pas de quoi demain sera fait. Un peu comme dans les mines de charbon au 19ème siècle, quoi. Il me parle des syndicats, des pauses d’un quart d’heure le matin et l’après-midi, des pauses, encore des pauses, toujours des pauses, des contrats de travail, de la précarité… et je me demande encore ce qu’il cherchait à me faire dire.

Par la suite, le présentateur me parle de la vie nocturne dans les bals avec des joueurs de violon (!) et me demande si – comme il le pense, en étant un lui-même, les écrivains français sont révérés ici. Révérés ??? Ben là… Cerise sur le gâteau, il me parle du problème de l’eau. Késaco ? « Mais si, vous savez bien, la mairesse de Montréal, madame Andrée Boucher, veut prendre des mesures. » Euh… c’est que madame Boucher, elle est à Québec, pas à Montréal. A la fin de l’émission, on me montre une de « mes » photos me demandant ce qu’elle représente. Je n’en ai aucune idée, cette photo-là n’est pas à moi. Y a eu comme qui dirait une sorte de confusion. Oh ben, on n’en est plus à ça près... Après enquête, il s’avère que c’est une photo… de Québec. Quelqu’un pourrait-il informer les recherchistes de l’émission, comme ça, pour leur culture générale, que Québec et LE Québec, ce n’est pas la même chose ?  

Cette émission n’est pas un témoignage sur la vie à l’étranger, c’est un « one-man show » où les « témoins » ne sont là que pour le décor. Le présentateur ne pose pas de questions, il affirme sa vision des choses, en faisant semblant d’être intéressé par votre point de vue, et vous laisse difficilement en placer une. J’ai rarement entendu autant de clichés sur le Québec en si peu de temps.

Ah, là, là… Quand je pense que j’ai participé à cette mascarade, ça me rend malade. J’espère juste que ceux qui ont regardé l’émission n’ont pas pris pour argent comptant ce qu’ils ont entendu. Comme le disent les Guignols : « nous sommes en 2006 et vous croyez encore ce qu’on vous dit à la télévision… ! »

La seule chose que j’avais demandé, c’était de donner l’adresse de mon blog (ben oui, je m’fais de la pub !). Maigre requête, sachant que je me suis levée à 4h30 du matin pour l’occasion (les joies du direct)… Évidemment, ils ne l’ont pas fait. Le présentateur, lui, a très naturellement réussi à caser qu’il avait publié deux romans au Québec, et a cité sa maison d’édition.

Et dire qu’on m’a demandé si je connaissais des personnes qui pourraient également participer à l’émission. Oui j’en connais. Mais je ne pense pas que ça les tente…

Bon allez, je vous laisse juger par vous-mêmes (mais prévoyez du temps, ca dure une demi-heure!). Mais soyez indulgents : je n’ai pas l’habitude de passer à la télé… et j’ai été un peu prise au dépourvu par un grand nombre de questions. Ce qui nous donne pas mal de bafouillages et sans doute quelques âneries !

 A bientôt.  

 

 Aurélie, potiche télévisuelle.

 


Direct8
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27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 04:40

Comment choisir ses vêtements d’hiver ?

Aujourd’hui, chronique didactique. J’ai décidé d’aborder un sujet délicat pour quiconque vit au Québec : le choix des vêtements d’hiver. Ça peut paraître idiot comme ça, mais il y a tout plein de gens qui m’envoient des mails pour m’interroger sur la question (ah, les miracles d’Internet…). Et comme je n’ai pas vraiment le temps de répondre à tous ces gens MAIS que j’ai une conscience (je sais qu’ils doivent me maudire) ET que je n’aime pas trop qu’on me maudisse, voilà la réponse à leurs interrogations.

Le manteau idéal est donc :

 

-          En duvet : c’est ce qu’il y a de moins cher et de plus chaud. Le moins cher du plus chaud et le plus chaud du moins cher. Un bon rapport qualité/prix quoi. A condition que ce ne soit pas un vêtement de marque parce que là, il faut financer leur campagne marketing. Le duvet, c’est mieux que la plume car dans les plumes il y a du cartilage qui laisse passer l’air. D’ailleurs, il y a en général un mélange des deux.

 

 

Evidemment, cela implique de ne pas être allergique à la plume, contrairement à ma copine Carole qui se gèle dans du polyester (enfin qui se gelait dans du polyester car elle croyait être allergique à la plume jusqu’à la semaine dernière). Il y a aussi l’option nouvelles matières super légères et super chaudes (thermolite, ça s’appelle) mais en général c’est fort dispendieux.

-          Avec une capuche parce que l’essentiel de la chaleur se dissipe par la tête. L’option bonnet + écharpe n’est pas DU TOUT envisageable en dessous de –5°C car il y a toujours un petit bout de cou ou un petit bout de joue ou un petit bout d’oreille qui dépasse. Et qui gèle. Et qui tombe. Si, si.

 

-          Avec de la fourrure autour de la capuche. Parce que la fourrure empêche l’air de pénétrer dans la capuche et arrête la neige avant qu’elle ne vous cingle le visage. Très pratique la fourrure autour de la capuche. Les gars vont penser que ce n’est pas masculin. Quand ils auront perdu une oreille, on en reparlera…

 

-          Pas trop serré parce qu’il faut pouvoir envisager de mettre deux gros pulls dessous.

 

-          Mais pas trop large parce que sinon l’air s’y engouffre.

 

-          Pas trop long, sinon il devient tout crotté et vous ne pouvez pas marcher vite (et quand il fait froid, on marche vite).

 

-          Mais pas trop court parce que l’air pourrait venir vous lécher le ventre.

 

-          Dans une matière qui coupe le vent parce que sinon, l’air… vous savez quoi.

 

-          Avec un resserrement au bas des manches parce que sinon l’air… tout ça.

Pour la couleur c’est comme vous voulez mais je déconseille quand même le blanc, qui s’assortit parfaitement à la neige mais supporte assez mal la boue. (Oui, je SAIS que je viens de m’acheter un manteau blanc, mais moi ce n’est pas pareil, c’était un fantasme).

Finalement vous l’aurez compris, c’est un MANTEAU MAGIQUE qu’il vous faut (c’est là qu’on va voir ceux qui suivent… héhéhé).

Les chaussures idéales quant à elles sont :

 

-          Montantes car sinon il y a de l’air qui passe sous le pantalon.

 

NB : l’air est UNE PLAIE, je pense que vous l’aurez compris.

 

-          Avec une fermeture éclair parce qu’on les retire dès qu’on entre chez quelqu’un. Vu qu’elles sont montantes, avec des lacets, ça prend du temps. Et vu qu’on a encore son manteau magique sur le dos quand on les retire, on a trop chaud. Et on s’énerve. Alors il vaut vraiment mieux avoir une fermeture éclair. Vraiment. Et en plus quand on retire ses chaussures à lacets, les lacets en question traînent par terre. Ils s’imprègnent de neige fondue et on en a plein les mains quand on remet ses chaussures. Un vrai bonheur. Notez que si on ne remet pas ses chaussures pendant plusieurs heures, les lacets sèchent. Vous croyez être tirés d’affaire ? Que nenni ! Car ils deviennent alors tout durs et tout blancs à cause du calcium répandu dans les rues pour faire fondre la neige, et on ne peut plus les nouer. Bref, des chaussures avec des fermetures éclair.

 

-          Avec une grosse semelle parce qu’il vaut mieux que la plante des pieds soit le plus éloignée possible du sol, sinon elle gèle, et les orteils avec. Et alors ils tombent. Si, si.

 

-          Fourrées. Parce que quand on attend le bus, on a les pieds en contact avec le sol, et que quand on a les pieds glacés, on a froid partout. Et en plus les orteils gèlent. Et ils tombent. Si, si.

 

-          Avec des crampons parce que la glace, ça glisse. Et quand on glisse, on s’étale, et quand on s’étale, on se casse le bras. Et quand on se casse le bras, il tombe. Si, si. D’après ce que j’ai vu l’année dernière, on peut se procurer des espèces de machins en métal qui se fixent sur les chaussures, avec des sortes de ressorts dessous qui accrochent la glace. On a un air de famille avec le Marsupilami mais bon... il faut ce qu’il faut.

Et pour tous ceux qui me demandent s’il vaut mieux acheter son manteau d’hiver en France ou au Canada, la réponse est : au Canada. C’est quand même assez logique, quand on y pense…

Prenez bien chaud de vous.

Aurélie, houba, houba !

 

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14 février 2006 2 14 /02 /février /2006 00:37

Saint-Valentin

 

 

 

Figurez-vous – je ne m’en remets pas – que mon cours de hula-hoop a été annulé pour cause de… Saint-Valentin !!! Pouvez-vous le croire ? Nous étions en train de faire le point sur celles qui souhaitaient poursuivre les cours pour une nouvelle session quand tout le monde (sauf moi) a annoncé son absence pour la semaine suivante, en raison de la Saint-Valentin. Il y avait celles qui avaient quelque chose de prévu et celles qui n’avaient rien mais voulaient garder leur soirée libre au cas où… Je n’en revenais pas…

 

Et puis c’est qui ce Valentin d’abord ? Je l’connais-tu ? C’est-tu un chocolatier ou une affaire de même ? Non. C’est un saint. Et si je prends la peine de le mentionner c’est parce que les saints ne courent pas les rues. On n’aime plus trop se faire décapiter de nos jours… Valentin, lui n’a pas hésité à braver les foudres de l’empereur romain Claudius II qui avait interdit le mariage aux soldats pour qu’ils utilisent leur énergie à faire la guerre et non à faire des galipettes. Eh bien Valentin, il les mariait en cachette. Et comme les papes aiment bien qu’on se marie devant Dieu avant de consommer, ils ont fait de lui un saint… Que cette histoire est romantique ! Mais évidemment c’est une légende. D’ailleurs, l’Eglise (française) ne nous donne pas cette version des faits. Apparemment, le pape Gélase 1er, en 495, décida de fêter l’obscur Saint-Valentin (un gars qui a fait un miracle parmi tant d’autres) le 14 février pour faire la nique à ces païens de romains qui célébraient, le 15 février, le dieu Faunus Lupercus au cours d’une fête dédiée à l’amour et à la fécondité et qui était semblait-il l’occasion d’une remarquable débauche.  

 

J’ai lu quelque part qu’au Moyen-Âge, le 14 février, les jeunes filles essayaient de deviner qui serait leur mari en observant les oiseaux… On croyait en effet que c’était le jour de leur migration. Si les belles (et les moins belles, à chacun sa chacune voyons !) voyaient un rouge-gorge, cela signifiait qu’elles se marieraient avec un marin. Si elles voyaient un moineau, elles se marieraient avec un homme peu fortuné mais le mariage serait réussi. Si elles voyaient un chardonneret cela voulait dire un mariage avec un homme riche. Ah, les filles…

Tout ceci mis bout à bout, on se retrouve à fêter les amoureux le 14 février, depuis le Moyen-Âge. La différence c’est qu’aujourd’hui, au lieu d’observer gratuitement les oiseaux et de s’échanger gratuitement des vœux gratuits, on achète des cartes, des chocolats et des fleurs (le petit bouquet de pissenlits cueillis dans les champs est assez mal venu). J’ai toujours trouvé assez pathétique ces hommes qui se précipitent chez le fleuriste une fois l’an, mais pas deux, et ces femmes qui font un caca nerveux si elles n’ont pas leur boîte de chocolat. Enfin… je sors du sujet.

En Amérique du Nord, on ratisse large. C’est ainsi qu’on peut envoyer une carte de Saint-Valentin à plusieurs personnes et que ça ne veut pas forcément dire « je t’aime » ou « voulez-vous coucher avec moi ce soir, moyennant un dîner au restaurant ». J’imagine les discussions à n’en plus finir que cela peut susciter dans un groupe d’adolescentes. « J’ai eu une carte de Martin-le-chaud-lapin, est-ce que ça veut dire qu’il m’aiiiiiiiiime ???? » « Ben je sais pas, Véro-les-gros-lolos en a eu une aussi… » On peut même envoyer des cartes… à ses profs !! De quoi créer des vocations chez les vieilles filles.

 

Je me demande si la boulangère va me souhaiter « une joyeuse Saint-Valentin » comme elle m’a souhaité « un joyeux temps des fêtes »… Quel suspens !

 

Portez-vous bien et aimez-vous les uns les autres tous les jours de l’année !

Aurélie, bon alors, il est où ce bouquet de fleurs ???

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3 février 2006 5 03 /02 /février /2006 05:24

Le jour de la marmotte (non ce n’est pas de moi qu’on parle…)

En France, le 2 février, on mange des crêpes pour célébrer la Chandeleur. Au Canada le 2 février, on observe les marmottes pour prédire la météo. Aux États-Unis ils font pareil. Ils en ont même fait un film…

Le 2 février en effet, réglée comme une montre suisse, la marmotte sort de son hibernation. Elle ouvre un œil, puis l’autre, elle baille, elle s’étire, allume la radio, mange une noisette rassise (ben quoi?) puis jette un coup d’œil dans la glace. La réalité lui saute alors à la face : ses muscles ont fondu à cause du manque d’exercice! Soucieuse de ne pas exhiber de cellulite cet été sur la plage, elle décide d’aller faire trois fois le tour de son terrier en courant, et se trouve nez-à-nez avec quelques dizaines (voire centaines) de curieux.

À ce moment-là, le suspens est total… La marmotte va-t-elle voir son ombre?? Si oui, l’hiver durera 6 semaines supplémentaires, sinon, le printemps sera bientôt là (notez l’imprécision de ce « bientôt »…).

La question est : comment savoir si la marmotte a vu son ombre, ou pas? C’est là que les connaissances immenses de l’homme en matière de comportement animalier interviennent. Car chacun sait que la marmotte n’est pas téméraire. Même qu’elle a peur de son ombre… Et quand elle a peur, la marmotte rentre dans son terrier. Donc si la marmotte rentre dans son terrier, c’est qu’elle a eu peur, donc qu’elle a vu son ombre. Simple.

Je récapitule : si la marmotte rentre dans son terrier, on est reparti pour 6 semaines d’hiver. Si elle gambade dans les champs de pâquerettes (euh…), c’est que le printemps arrive.

Eh bien moi je trouve que ça mérite le déplacement de dizaines de journalistes, l’émerveillement de centaines de touristes, et les manchettes régionales et nationales. Et même que si la ville de Wiarton (Ontario) n’avait pas créé un festival pour l’occasion, je lui aurais sans doute proposé de m’en charger moi-même. Y a des trucs comme ça, dans la vie, qui méritent qu’on se sente concerné.

Et puisque vous brûlez de le savoir, sachez que Phil, la marmotte de Punxsutawney en Pennsylvanie a prédit 6 semaines d’hiver supplémentaires. Et que Willie, celle de Wiarton a prédit la même chose. Les grands esprits marmottons se rencontrent.

A bientôt avec d’autres nouvelles passionnantes!

 

Aurélie, à la Chandeleur, l’hiver se meurt ou prend vigueur.

 

 

 

 

 

 

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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 03:42

Les petits poissons des chenaux

 

Sainte-Anne-de-la-Pérade se situe près de Trois-Rivières, à quelques 2 heures de route de Montréal. Depuis de nombreuses années, Sainte-Anne-de-la-Pérade accueille chaque hiver des milliers de pêcheurs sur glace, ce qui lui vaut le titre (autoproclamé) de capitale mondiale, internationale et universelle de la pêche sur glace.

 

C’est que Sainte-Anne-de-la-Pérade est l’endroit que les poulamons, petits poissons de la famille des morues, ont choisi pour se reproduire. Des centaines de milliers de poissons peu frileux se retrouvent ainsi chaque année pour forniquer allègrement sous la glace, se croyant à l’abri des regards, les pauvres. Mais l’homme est un prédateur intelligent qui, après s’être souvent fait piétiner lors de pénibles chasses au mammouth, a décidé qu’il avait mérité, pour l’éternité, de se nourrir sans se fatiguer. La pêche au poulamon à Sainte-Anne-de-la-Pérade est une pêche de supermarché : y a qu’à se servir.

Sur la rivière gelée, des dizaines de cabanes. Le plancher de la cabane possède deux sortes de tranchées positionnées sur deux trous de même taille creusés dans la glace. Des lignes sont fixées au mur tous les 30 centimètres. Dans un coin, un poêle à bois réchauffe les frileux dans mon genre. Dans chaque cabane, des pêcheurs plus ou moins nombreux, plus ou moins avertis, plus ou moins imbibés de bière… Dans notre cabane, 9 pêcheurs votre serviteuse comprise.

 

 

 

Le poulamon est un grand amateur de foie de porc saignant, celui-là même qu’il faut prendre avec les doigts – beuurk – pour le fixer à l’hameçon. Le poulamon n’est pas con : s’il voit l’hameçon, il ne mord pas. Il faut donc être moins con que lui (si possible) et dissimuler l’hameçon sous le foie qui nous dégouline sur les doigts – re-beuurk! – tout ça en évitant de s’embrocher soi-même.

 

 

Cette opération terminée, on descend la ligne, presque jusqu’au fond de la rivière mais pas totalement sinon on risque de pêcher des vers de terre, ce qui serait quand même un comble, vous en conviendrez… Et puis on attend, environ 5 secondes, que la ligne se mette à bouger, signe qu’un des trois milliards de poissons qui se baladent ou accouchent en dessous s’est fait avoir. Là, le pêcheur novice est surexcité. Il crie « ça mord, ça mord, vite, ça mord! » et il sort la ligne de l’eau, aussi frétillant que le poisson. C’est alors que la pêcheuse novice prend cruellement conscience du problème qui se pose… à savoir saisir la bête, la déshameçonner, et la décapiter (BEUUUUUUUUUUUURK!), qu’elle maudit la libération des femmes et qu’elle regrette le temps où on la prenait pour une petite chose fragile et où elle pouvait prétexter un corset trop serré pour s’évanouir. Vite, vite, vite une solution de rechange. Elle envisage de militer pour les droits des poulamons, mais elle sent qu’elle ne sera pas crédible. Elle considère brièvement la possibilité de fondre en larmes, mais elle est quand même là avec son boss (quelle idée franchement). Alors elle crie fort, mais elle y va. BEUUUUUURK! Ça fait « crac » quand on coupe la tête.

 

 

Notre technique, c’est de vider les poissons sur place. Les petits, on les rejette à l’eau, sauf quand l’hameçon les a trop amochés. Dans la cabane d’à côté, ils gardent toutes les prises et les balancent encore vivants sur la glace où ils s’étouffent et congèlent en même temps. Et à la fin de la journée, ils repartent en laissant leur pêche là… Il paraît que les gars du coin les ramassent pour nourrir les chiens de traîneaux.

Nous, notre pêche, on la remporte. Mais comme on est neuf et qu’on a remis à l’eau les trois-quarts de nos prises, ça ne nous fait pas beaucoup de poissons par tête. L’idéal ça serait d’y retourner le week-end prochain, maintenant qu’on a la technique… mais bizarrement, aucun d’entre nous ne l’a proposé.

Ce qui est cool c’est que j’ai pu frimer devant un copain québécois tout à l’heure. Même qu’il m’a dit que j’étais « une vraie » (québécoise? fille géniale? pêcheuse?). Et que ça m’a fait rougir!

Bonne semaine à tous.

Aurélie, pas de pitié pour les poulamons. Si ce n’est pas nous qui les mangeons, ils se mangent entre eux! 

 

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25 janvier 2006 3 25 /01 /janvier /2006 01:21

Pfff

 

Les élections ont eu lieu. Je suis accablée.

Le protestant évangéliste StePHen Harper, fortement attaché aux valeurs familiales (i.e. tu te marieras devant Dieu, tu n’avorteras point, tu resteras à la maison pour t’occuper de tes 12 gamins et faire la bouffe à leur père, qui est ton mari devant Dieu), sera bientôt le 22ème Premier Ministre du Canada.

Au programme, un rapprochement avec les Etats-Unis et le progressiste et tolérant (!) gouvernement Bush, la remise en question du mariage gay (il a juré que non, mais bon), la participation au bouclier anti-missiles américain, l’entrée de capitaux privés dans le système de santé, la participation à toutes les guerres que voudront mener les États-Unis et pourquoi pas la dénonciation du protocole de Kyoto tant qu’à y être… Je l’ai appris ce matin à la radio : le pressenti Ministre des Finances est un homme qui s’est prononcé pour l’emprisonnement des sans-abris et l’interdiction du droit de grève aux enseignants. Non mais sérieusement… ça va pas bien?

Je suis effarée de constater à quel point l’homme est peureux. Peur de la différence, peur du changement. Ça me rend malade.  

 

 

 

 

 

 

 

Quant aux 35% qui ne se sont pas donné la peine d’aller voter (à l’exception de ceux qui étaient hospitalisés et de ceux qui se sont retrouvés pris dans une tempête de neige sur le chemin du bureau de vote), je les invite à aller faire un petit stage d’initiation en Corée du Nord, histoire de prendre conscience qu’avoir son mot à dire dans la vie politique n’est pas donné à tout le monde… Et qu’on ne me dise pas que « de toutes façons ils sont tous pareils ».

Ma seule consolation en cette maudite journée, c’est de savoir que Montréal ne leur a pas donné un seul siège à ces criss’ de conservateurs. Ni Vancouver, ni Toronto. Et que tous mes collègues de travail étaient aussi atterrés que moi.  

 

 

 

L’année commence bien…

Aurélie, dépit, dépit, dépit.

 

 

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 04:02

Météo (y avait longtemps!)

Moi qui pensais avoir vécu tous les phénomènes météo possibles et imaginables depuis que je vis au Québec… et bien non. La situation de ce matin m’a laissée sans voix. Heureusement, je l’ai retrouvée pour clamer haut et fort « c’est n’importe quoi ce climat!!! » ou « tout fout le camp » ou encore « quand j’étais jeune ça ne se passait pas comme ça » voire « tu vas le signer ce protocole de Kyoto connard ?!? ».

Pour comprendre la situation de ce matin, il faut la replacer dans son contexte météorologique, à savoir :

-         Vendredi dernier, température extérieure de +2°C. La neige fond.

-         Samedi, pluie puis neige. Les trottoirs sont mouillés.

-         Dimanche, température de -15°C avec vent glacial (température ressentie -25°C). Les trottoirs sont couverts de glace. Mais il y a un peu de neige dessus alors on arrive à peu près à marcher.

-         Lundi : -12°C,

-         Mardi -2°C

-         Mardi soir : grêle

-         Aujourd’hui : température de +5°C, pluie torrentielle. Les trottoirs sont de véritables patinoires. Les vieux se cassent le col du fémur.

Ils l’avaient annoncé à la radio ce matin : situation catastrophique à Montréal, chaussée glissante, embouteillages monstres, écoles fermées, les lignes de bus empruntant des rues en pente supprimées. Ils l’avaient annoncé, mais moi je n’avais pas bien réalisé ce que ça signifiait. Alors j’imagine que vous non plus… Et comme j’ai une tendance naturelle à l’exagération (ah bon, vous n’avez pas remarqué?), vous allez forcément penser que j’en rajoute quand je vais vous dire qu’on ne pouvait même pas marcher sur les trottoirs. Et pourtant c’est vrai. Je le dis sobrement : on ne pouvait pas marcher sur les trottoirs. Illustration. Prenez une patinoire. Par exemple, celle où vous alliez cruiser/draguer quand vous aviez 14 ans. Bon. Arrosez la patinoire en question de flotte, retirez vos patins, et marchez sur la glace recouverte d’une pellicule d’eau avec vos chaussures de ville. Convaincus?

Donc, on ne pouvait pas marcher sur les trottoirs. Restait la chaussée, agréablement transformée en mer de boue, les nids-de-poule remplis à ras bord. Heureusement que la plupart des conducteurs avait la courtoisie de ralentir en nous croisant (nous les piétons – je ne parle pas de moi à la première personne du pluriel, voyons) pour ne pas nous asperger des pieds à la tête.

Vous auriez dû me voir, manquant de peu le vol plané libre en posant le pied sur la première marche du perron, improvisant un grand-écart dès l’instant où je posais le pied sur le trottoir, manquant de me tuer dix fois sur le chemin de la maison au métro, manquant de me tuer 50 fois sur le chemin du métro au bureau, arrivant là-bas rouge, échevelée, trempée comme une soupe, le bas de mon pantalon s’apparentant à une vieille serpillière, un lac au fond de mes chaussures… Vous auriez dû me voir. Et le pire, c’est que ça ne vous aurait même pas fait rigoler, parce que cela aurait signifié que vous auriez été dans le même état. Et ça ne faisait rire personne, je vous le dis. Du moins pas sur le moment. J’ai croisé ma prof de hula-hoop, couverte de boue après s’être étalée sur le trottoir, elle ne riait pas du tout.

Mais vous allez peut être rire maintenant, quand je vais vous avouer qu’après avoir miraculeusement fait un aller-retour au bureau sans chute, j’ai glissé dans mes escaliers, à l’INTÉRIEUR!! J’ai bien failli me casser une jambe et je suis toute contusionnée, mais encore suffisamment gaillarde pour vous raconter mes mésaventures, ouf!

Allez, portez-vous bien et attention où vous mettez les pieds.  

Aurélie, chu pas la seule à friser quand il pleut, héhéhé…

 

 

 

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6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 05:27

Campagne électorale et immigration sélective

 

 

 

Ça y est, les fêtes sont finies, et s’il y en a qui sont contents, ce sont les hommes politiques. Car le temps des Fêtes a aussi été celui de la suspension de la campagne électorale. Une semaine (ou deux?) qu’on ne les entendait plus, et qu’ils en étaient malades! Exceptés les Conservateurs probablement, lesquels sont remontés en flèche dans les sondages, profitant manifestement d’un abus d’alcool généralisé pendant cette période de festivités.

 

La campagne électorale a donc repris sur les chapeaux de roues. Avant Noël, j’étais assez consternée par le ton général. Il semblait que le Bloc Québécois n’avait rien d’autre à dire que « les Libéraux sont des méchants voleurs d’argent public », les Libéraux « empêchons le Bloc de faire un nouveau référendum » et les Conservateurs « suppouimons le mariage des homosexuals qui l’est un haberration que Dieu le veut pas que l’on fait ça, parce que c’est pas bien, je vous le dire » (à lire avec l’accent anglais).

Un problème qui a finalement été amené sur la table est celui de l’immigration. Cela en fera peut-être réfléchir certains de savoir que les Canadiens, du côté desquels lorgnent certains hommes politiques français, rapport à leur politique d’immigration sélective, se posent des questions. Se remettent en question même. Le pavé dans la mare a été jeté par Steven Harper. Car Steven Harper ratisse large. Comme il sait qu’il a très peu de chance de convaincre les Québécois de souche de voter pour lui plutôt que pour le Bloc Québécois, il semble avoir entamé une opération-séduction des Québécois issus de communautés culturelles.  

 

A ce stade, deux précisions s’imposent.  

 

1. Il est possible d’obtenir la citoyenneté canadienne après trois ans de résidence permanente au Canada. On possède alors les mêmes droits que n’importe quel Canadien, y compris le droit de vote (quand je repense aux cris d’horreur qu’avait suscités en son temps – qui était-ce déjà? Mitterrand? – en soulevant la question du droit de vote des immigrés en France…).  

 

2. C’est comme ça que l’on appelle les immigrés ici : les Québécois issus de communautés culturelles. Certains vont sans doute penser que c’est une forme d’hypocrisie. C’est ce que je me suis moi-même dit au départ. En fait, cela traduit une conception totalement différente de l’immigration de celle que nous avons en France. Quand on immigre en France, on devient Français. La République ne prend pas en compte les besoins qu’ont les nouveaux arrivants d’apprendre à connaître ses coutumes et son fonctionnement. Ils doivent le savoir puisqu’ils sont Français. (Attention comprenez-moi : je ne parle pas de ce qui se passe dans les faits, à savoir qu’un certain nombre d’immigrants ne seront jamais considérés comme Français par quiconque, je parle de volonté politique.) Quand on immigre au Canada, on devient citoyen du Canada. Mais on reste issu de quelque part et cela est totalement pris en compte par le gouvernement.  

 

Je disais donc que Steven Harper avait soulevé la question de l’intégration des immigrants. Et il a bien fait.  

 

Pour ceux qui ne le savent pas, il faut, pour immigrer au Canada, accumuler un certain nombre de points, calculés en fonction de son niveau d’études, de son expérience professionnelle, de sa maîtrise de la langue nationale (ou provinciale), des sommes d’argent dont on dispose sur son compte-épargne et d’un certains nombre d’autres critères que je ne connais pas en détail. Or de nombreux immigrants, recrutés pour leur compétence, qui doit être le reflet de leur capacité à s’intégrer dans le pays, ne trouvent pas de travail. Du moins pas en rapport avec les compétences en question.

Dans ce cadre, et je parle pour le Québec, car je connais (encore plus) mal la situation des autres provinces, les Ordres Professionnels sont régulièrement montrés du doigt. Kesaco? Il existe au Québec un nombre ahurissant d’ordres professionnels. 45 au total, il me semble. Et si l’ordre ne veut pas reconnaître le diplôme de l’immigrant, comme c’est souvent le cas, celui-ci ne peut pas travailler. Et il ne lui reste plus qu’à se reconvertir. On cite régulièrement l’exemple de médecins devenus chauffeurs de taxi.  

Mais les Ordres Professionnels ne sont pas les seuls responsables. Le principe même d'immigration sélective est biaisé. Car quand on est sélectionné, on s’attend à ce que ce soit pour de bonnes raisons. A quoi bon prouver qu’on est hyper qualifié pour se retrouver au chômage? Du fait même de cette sélection, l’immigrant a des attentes élevées quand il arrive au Québec. Et ceci sans compter le discours du Ministère de l’Immigration qui serait prêt à jurer que la température ne descend jamais en dessous de zéros degrés l’hiver si cela pouvait convaincre les jeunes prometteurs de venir s’installer ici.  

 

Le problème, au fond, est celui-là : le gap entre les attentes des nouveaux immigrants et ce que le pays a réellement à leur offrir.

 

 

Moi je vous le dis : pas d’attente particulière, pas de déception possible. Voilà la clé!

 

 

Aurélie, un problème, une solution (pas toujours bonne…)!

 

 

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22 décembre 2005 4 22 /12 /décembre /2005 04:45

Temps des Fêtes

 

 

 

 

Tout Français (et toute Aurélie) se trouvant au Québec entre novembre et janvier est amené découvrir un concept qui lui était étranger jusqu’alors : le temps des Fêtes. Car voyez-vous, le temps des Fêtes, avec un F majuscule à Fêtes, n’est pas ce que l’on croit, à savoir trois mots désignant une période festive de l’année.

 

D’abord, « temps des Fêtes » ne peut désigner que la période précédant Noël et le Nouvel An. On a certes le droit de faire la fête à un autre moment de l’année, et même d’entrer dans un état d’hystérie collective plusieurs semaines avant, mais pas d’appeler ça le « temps des Fêtes ». Exemple : Marie-Charlotte et Gontrand ont décidé de se marier. Entre la réservation de la salle, de l’église, le choix de la bague, de la robe, du traiteur, de la sono, le plan de table et tout le tintouin, ils commencent à organiser leur fête à eux un an à l’avance, voire deux quand belle-maman prévoit d’inviter tout le bottin mondain. Cette période d’effervescence à laquelle sont soumis – de gré ou de force – tous les membres de la famille ne s’appelle pas le temps des Fêtes (cela peut en revanche s’appeler le temps des Cauchemars). C’est sans doute pour cela qu’on met une majuscule à « Fêtes » dans « temps des Fêtes ». Le mariage de Marie-Charlotte et Gontrand est une fête à f minuscule.

 

Ensuite, le temps des Fêtes est une fête en soi. Ainsi on se souhaite volontiers « un joyeux temps des Fêtes ». La question est : à partir de quand peut-on raisonnablement souhaiter un « joyeux temps des Fêtes » sans se faire regarder de travers ? Je préfère ne pas me prononcer par peur de l’approximation. Toujours est-il que pendant ce temps des Fêtes qu’on nous souhaite joyeux, toutes les activités autres que le magasinage sont suspendues. Pas de cours de russe, de yoga, de badminton ou de flamenco susceptible de nous détourner du chemin des magasins : toutes les sessions s’arrêtent fin novembre et reprennent mi-janvier. 

 

 

Pas de temps des Fêtes qui se respecte sans chants de Noël. Tous ces magasins où l’on attend le consommateur comme le Messie, qui lui arrivera seulement dans quelques semaines, diffusent en boucle d’abominables mièvreries comme « Le petit renne au nez rouge » ou, comme je le mentionnais l’année dernière, le cœur au bord des lèvres « Au royaume du bonhomme hiver ». Cette sélection musicale n’est pas destinée à nous rendre malade (c’est seulement un effet secondaire) mais à nous informer que nous sommes entrés dans le « temps des Fêtes » et qu’il faut désormais acheter profusion de chocolats, cartes de vœux, guirlandes et bougies.  Tout compte fait c’est sans doute ça le signal indiquant qu’on peut sans honte souhaiter un « joyeux temps des Fêtes » à la caissière.

 

Le temps des Fêtes est également le moment idéal pour en mettre plein la vue aux voisins. Le « tuning de maison », j’appelle ça. Sur la façade, des guirlandes lumineuses et clignotantes, sur le toit, le traîneau du père Noël et sur le balcon un bonhomme de neige gonflable et gonflé qui salue les passants grâce à un ingénieux système de ventilation, et, si on fait vraiment les choses bien, une reconstitution de la crèche grandeur nature. Le tout pour la modique facture d’électricité de 100$ par mois. Mais le temps des Fêtes n’est pas le temps de la radinerie. Le bonheur n’a pas de prix. Ni de coût.

 

Le temps des Fêtes n’est pas une bonne période pour critiquer la société de consommation ou dire qu’on a une sainte horreur des bougies dorées. Il est en revanche recommandé de trouver « incroyable » la décoration personnelle de la standardiste, qui a collé des guirlandes partout ou « tellement drôle » untel autre qui ne se déplace plus sans son bonnet de père Noël. Pendant le temps des Fêtes le portefeuille travaille dur mais pas l’esprit critique.

 

A bon entendeur, salut !

 

 

Aurélie, deux guirlandes pour le prix d’une ? Ok j’achète !

 

 

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18 décembre 2005 7 18 /12 /décembre /2005 19:35

Enneigement, déneigement

 

Voici à quoi ressemblait Montréal samedi…

 

     

 

 

     

 

 

 

 

 

 

 

Ce qui est le plus fou, ce n’est pas la quantité de neige, c’est qu’elle soit tombée en une nuit. 41cm au total. Outre l’amusement des Français dans mon genre, cela provoque

-          des piétons qui marchent sur la chaussée car ils ne peuvent pas faire un pas sur les trottoirs,

-          des embouteillages monstrueux,

-          la fermeture des écoles et de l’aéroport,

-          l’absence de la moitié de mes collègues de travail,

-          l’arrêt des travaux à côté de chez moi (ouf),

-          la disparition de mes marches d’escalier,

-          l’impossibilité de retrouver son char,

-          quand on l’a retrouvé, l’impossibilité d’extraire sa voiture de sa place de stationnement,

-          les pieds mouillés quand on a oublié de réimperméabiliser ses chaussures,

-          la disparition de tous les bancs publics,

-          une journée de week-end passée à pelleter,

-          de la sloche dans les rues très passantes,

-          l’évocation à n’en plus finir de la tempête de 1971,

-          la mise en branle sur système de déneigement de la ville de Montréal.

 

Ce dernier point à des conséquences financières insoupçonnées (du moins par moi) : l’opération de déneigement qui est en cours depuis vendredi est estimée entre 15 et 20 millions de dollars !

Et ça consiste en quoi une opération de déneigement ? En d’immenses convois qui sillonnent les rues de Montréal pour ramasser la neige et aller la jeter je ne sais trop où. Ils comprennent :

-          un chasse-neige qui rabat la neige des trottoirs sur le bord de la rue,

-          un second chasse-neige qui fait la même chose avec la neige de la rue,

-          une énorme machine qui aspire le tas de neige ainsi formé et le rejette au moyen d’un grand tuyau dans

-          un semi-remorque qui peut contenir quelques tonnes de neige,

-          un autre semi-remorque qui roule à côté pour remplacer le premier quand il sera plein,

-          un camion qui répand du sel et du calcium sur la chaussée.

 

C’est impressionnant.

Et la sirène qu’on entend dans les rues? Non, ce n’est pas le camion du boulanger qui s’annonce comme dans les campagnes françaises, mais le signal donné aux heureux propriétaires de voitures qu’ils doivent les dégager de là vite fait pour laisser passer les déneigeuses.

 

C’est pour cette raison qu’il faut bien lire les panneaux de stationnement avant de se garer.

 

 

 

 

 

 

 

Gare aussi à vos vélos. L’année dernière je me demandais pourquoi on voyait des tas de vélos tordus dans les rues à la fin de l’hiver. J’en avais déduit, en fille qui n’a rien compris, que les vélos ne supportaient pas les températures négatives. En fait ce qu’ils ne supportent pas, c’est de se faire rouler dessus par une déneigeuse.

 

A bon entendeur salut !

Aurélie, et dire qu'on n’avait pas vu ça depuis 25 ans, euh... deuis 35 ans !

 

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