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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 20:41

Accommodements incommodants

 

Depuis un certain temps au Québec, il est une notion qui défraie la chronique, celle d’accommodement raisonnable. « Késaco? » me direz-vous (et pas « cossé ça? » car tous les Québécois le savent fort bien!).  

L’accommodement raisonnable consiste à modifier certains règlements ou certaines lois qui devraient normalement s’appliquer à toute la société, pour les adapter aux besoins particuliers de certaines communautés culturelles, par souci de respect des identités.

L’autorisation du port du kirpan par les Sikhs à l’école, dont je vous au déjà parlé, en est un exemple.  

Dans le même ordre d’idées, il y a les arrangements qui sont pris hors du cadre de la loi, et sans passer devant les tribunaux. Dans ce cas là cependant, on ne devrait pas – théoriquement – parler d’« accommodement raisonnable ».

La décision du YMCA du Parc d’installer des vitres givrées à certaines fenêtres de ses salles d’entraînement pour contenter une communauté de Juifs hassidiques (la congrégation de Yetev Lev – et ne me demandez pas ce que c’est…) qui se plaignait que ses enfants puissent voir des femmes en tenue légère, fait partie de cette seconde catégorie. Bon soyons objectifs, le principe qui sous-tend cette façon de faire reste le même, que l’on chipote sur le vocabulaire ou non.

Aujourd’hui, j’ai entendu à la radio qu’une commission scolaire avait accepté de dispenser des élèves musulmans des cours de flûtes à bec, la pratique de cet instrument étant interdite par le Coran (si l’on en fait une lecture très rigoureuse, que ne fait pas la très grande majorité des musulmans, ne l’oublions pas). Accommodement, encore. Raisonnable? Si c’était à moi d’en juger, je dirais que non. Mais, moi, j’irais jusqu’à dire que c’est la religion qui est assez déraisonnable. Pas une en particulier, hein, la religion en général, avec ses dogmes et ses rites et tout le tralala. Enfin, la question n’est pas là. 

Le principe d’accommodement raisonnable est inscrit dans la loi québécoise. C’est le moyen que le Québec a choisi pour lutter contre la discrimination et favoriser l’intégration, en développant chez les immigrants un sentiment d’appartenance. Comme je le disais dans la chronique sur le kirpan, c’est une conception de l’égalité radicalement différente de celle qui prévaut en France. (Je ne dis pas meilleure ou moins bonne, mais différente.)

La question est : où cela doit-il s’arrêter? Ces derniers mois, on sent un certain agacement dans l’opinion publique, et il apparaît que ce qui procède d’une volonté louable d’intégrer les étrangers pourrait avoir l’effet contraire…

C’est peut-être ce qu’ont voulu démontrer TVA, le Journal de Montréal et 98,5 FM en commandant à Léger marketing une « grande enquête sur la tolérance au Québec ». Selon ce sondage, dont les résultats publiés la semaine dernière ont créé un vent de panique, 59% des Québécois dits « de souche » se considèrent comme racistes (un peu, beaucoup, passionnément ou à la folie). Résultat, toute la semaine, les hommes/femmes politiques ainsi que beaucoup de journalistes ont crié au scandale, au mensonge, à l’usurpation et que sais-je encore. « NON, LES QUÉBÉCOIS NE SONT PAS RACISTES! »

Il faut reconnaître que pour une société dont le développement repose en grande partie sur l’immigration, ça la fout mal… Tout le monde s’est alors empressé de dénoncer les lacunes méthodologiques du sondage. Moi je veux bien, hein, mais il me semble que quand les gens eux-mêmes se déclarent racistes, il n’y a pas grand-chose à redire. Quelle que soit la définition que les sondés ont du mot « racisme ».

La bonne nouvelle là-dedans c’est que les immigrants eux aussi sont racistes!! Envers les Québécois de souche et entre communautés… Je me demande pourquoi on gaspille encore de l’énergie et de l’argent pour démontrer l’évidence : l’homme est raciste. Et l’homme est intolérant, cruel et imbécile. Mais c’est parce que l’homme est trouillard. Il a peur des différences, peur de ce qu’il ne connaît pas, peur qu’on lui retire son petit confort, peur de ne pas avoir raison. Et c’est aussi pour cette raison que l’homme est religieux.

Allez, dans la paix d’Allah, de Yahvé ou de Jésus… mais arrêtez donc de foutre le bordel en son nom.

Aurélie, ni Dieu, ni maître, mais des amis de toutes les couleurs.

P.S. - Pour ceux que cela intéresse, les résultats du sondage se trouvent ici.

 

 

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Published by Aurelie au Canada (Copyright) - dans Chroniques (copyright)
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commentaires

SAIDANI Ramzi 29/10/2008 16:34

Bonjour AurelieJe vous remerci pour tout vos chroniques qui traduisent une grande ouverture d'esprit et un sens aigu de l'observation de la critique avec une bonne dose d'humour de votre part, et qui aussi traitent plusieurs facettes de la vie au quotidien d'un nouveau résidant au Québec, ce qui devrait ëtre mon cas prochainement. Votre chronique sur les accommodements incommodants à  été un pur plaisir de lecture pour mes neurones, tellement  je suis d'accord avec vous que l'igonrance, la paresse intellectuelle et par ricochet la peur animale envers celui qui est différent (étranger ou pas) font qu'on simplifie l'autre juste à sa réligion et à ses origines mais pas à son humanité et son apport à la société. Bravo et bonne continuation.Ramzi.

Michel G 06/03/2007 18:19






Mercredi le 21 février, 2007
 


 





Par l'entremise de l'ami Roger Grégoire, qui a obtenu la permission de Grand Mère Johanne Chayer, voici son texte qui est en train de faire le tour du québec sur les courriels. Parions que cette dame sera invitée à l'émission de Guy A.Lepage. Le texte est intégral et n'a pas été retouché! J'aurais voulu aller rencontrer ces femmes musulmanes à Hérouxville pour partager leur culture et leurs recettes, mais surtout pour profiter de l'occasion de leur expliquer notre devise je me souviens. Je me souviens que, dans mon jeune âge, nous ne pouvions pas entrer à l'église sans avoir un voile ou un chapeau sur la tête. À cette époque, je me souviens aussi que c'était aussi un péché mortel de manger de la viande le vendredi. Dans la même décennie, je me souviens que ma mère a été chassée de l'Église parce qu'après avoir mis au monde quatre enfants, elle ne voulait plus en avoir d'autres. Je me souviens que pour cette raison, le pardon de ses fautes lui était refusé par l'Église à moins qu'elle ne laisse son corps à son mari, avec ou sans plaisir, au risque d'atteindre la douzaine. Je me souviens qu'elle a refusé et qu'elle a quitté l'Église comme beaucoup d'autres femmes de sa génération. Je me souviens que ma mère s'est ensuite séparée de mon père et que nous sommes devenus la cible des regards et des commentaires désobligeants de notre paroisse. Cependant je me souviens qu'à la suite de sa séparation, nous avons vu le collet romain sur la table de nuit. Le prêtre voulait-il tester les moyens de contraception de l'heure ? Dans la même décennie, je me souviens que la cousine de ma mère a obtenu le divorce et qu'elle a reçu du même coup son excommunication de Rome. Je me souviens que quelques années à peine avant ma naissance, les femmes ont obtenu le droit de vote et en même temps le droit d'être considérées comme des citoyennes à part entière dans la société. Je me souviens que lorsque j'étais jeune, nous devions nous aussi, comme pour les religions musulmane et autres, prier sept à huit fois par jour. La messe à tous les matins, une prière avant le déjeuner, une prière en entrant en classe, une au diner sous le coup de l'Angélus, une autre avant la classe de l'après-midi, les grâces au souper, le chapelet en famille avec le Cardinal Léger et une dernière prière avant d'aller au lit. Il y avait le mois de Marie, les Vêpres, etc.. Nous avions aussi de longues périodes de jeûne avant Noël (l'Avant), avant Pâques (le Carême). Je n'ai pas dit non plus que nous devions porter le deuil durant un an et moins selon le degré de parenté de la personne décédée. Je me souviens que, tour à tour, ma mère et ma belle-mère ont vu une opération urgente retardée en attendant que leur mari respectif, de qui elles étaient séparées de fait et non légalement, apposent leur signature pour autoriser leur intervention chirurgicale. Devenue adulte, je me souviens que grâce aux pressions de la génération précédente, j'ai eu accès aux premiers moyens de contraception qui m'ont permis de restreindre le nombre de mes propres rejetons. Je me souviens aussi qu'il n'était plus un péché de manger de la viande le vendredi. Je ne sais pas ce qui est arrivé à ceux qui sont allés en enfer. J'espère qu'on les a rapatriés. Devenue adulte, je me souviens avoir travaillé dans des environnements traditionnellement réservés aux hommes. je me souviens des frustrations de ne pas avoir été traitées au même titre que les hommes dans les entreprises et surtout dans la vie en général. Je me souviens qu'après avoir eu un fils, je ne voulais plus d'autres enfants de peur que ce ne soit des filles, par solidarité et parce que le travail qui restait encore à faire pour atteindre l'égalité était énorme. Je me souviens des efforts que beaucoup de femmes ont dû déployer pour se faire reconnaître et pour obtenir des postes administratifs de haut niveau. je me souviens du militantisme de beaucoup de femmes qui ont travaillé d'arrache-pied pour obtenir l'équité dans notre pays comme politicienne, au sein des chambres de commerce, des syndicats, du Conseil du statut de la femme, etc. Je me souviens qu'il a fallu plus de cinquante ans d'efforts collectifs pour nous libérer de l'emprise de l'Église et de la religion sur nos vies. je me souviens qu'il a fallu plus de soixante ans (1940 à 2006) pour obtenir l'équité salariale et que ce n'est pas encore fini. Mes soixante ans font que je sais que rien n'est acquis dans la vie et qu'il faut maintenir voire redoubler nos efforts pour ne pas perdre le résultat de tous ces labeurs. Je ne suis pas raciste, cependant, lorsque je vois d'autres ethnies, imprégnées par leur religion contrôlante, vouloir s'imposer dans notre société, j'ai peur. J'ai peur parce que ces hommes et ces femmes ne savent pas quel chemin nous avons parcouru. De plus, les jeunes québécoises qui embrassent cette religion qui voile les femmes ne se souviennent pas. C'est donc par ignorance qu'on explique leur choix. Aucun animal dans la nature à part l'homme, n'abrille sa femelle par dessus la tête. Je suis maintenant une grand-mère de quatre merveilleuses petites filles et j'ai peur. J'ai peur lorsque je vois une femme voilée travailler dans un CPE ou dans nos écoles ou encore lorsqu'on y laisse un enfant porter le Kirpan. Nous nous sommes débarrassés de tous ces symboles religieux et voilà qu'ils reviennent à l'endroit même où l'éducation de notre nouvelle génération est cruciale et à la période à laquelle on doit inculquer les principes fondamentaux de vie en société à nos enfants. La tolérance envers ces symboles religieux que sont le voile, le Kirpan, le turban dans les CPE, dans nos écoles et dans nos institutions en général est un manque de respect pour les générations précédentes qui ont travaillé si fort pour se retirer de l'emprise de la religion sur nos vies. Vous ne vous souvenez pas ! Moi, je me souviens et à cet égard, je n'ai aucune tolérance et je ne veux aucun accommodement par respect pour ma mère, ma tante et pour mes petites filles. Je me souviens que la charte des droits et libertés permet à chacun de pratiquer la religion de son choix, mais de grâce que cette religion demeure dans la famille. Le port du voile dans la religion musulmane est pour nous la démonstration la plus importante de la soumission de la femme et c'est cela qui nous fait peur et qui nous choque parce qu'on se souvient. On se souvient que ce symbole existait il y a cinquante ans et on ne veut pas revenir en arrière. Je me souviens surtout que lors de
la Révolution
tranquille, les communautés religieuses ont suivi tout naturellement l'évolution de notre société en se laïcisant. Elles ont troqué, sans qu'on le leur impose, leurs grandes robes noires et leurs voiles dans le cas des femmes pour des habits civils sans pour autant renier leur foi et sans cesser de prier. Plusieurs de ces personnes sont encore vivantes aujourd'hui. Doit-on leur dire qu'elles ont évolué à tort et qu'elles ont fait tous ces efforts pour tomber dans l'oubli ? Que l'on prie Jésus, Mahomet ou Bouddha m'importe peu, mais nous nous sommes battus, québécois et québécoises, pour que notre société soit laïque. Nous nous sommes battues, québécoises, pour obtenir l'égalité du droit de parole entre les hommes et les femmes autant que pour l'égalité des chances au travail. Souvenez-vous que si vous avez immigré au Canada et surtout au Québec, c'est pour faire partie d'une société ouverte qui vous donne sur un plateau d'argent tous les acquis que les générations précédentes ont obtenus particulièrement au chapitre des droits des femmes. Je veux croire aussi que c'est par ignorance de nos traditions et de nos coutumes et non par manque de respect que les femmes musulmanes veulent montrer au grand jour voire imposer ce symbole de leur croyance qu'est le voile. Peut-être que notre société va trop loin avec ses libertés. Mais, le balancier doit s'arrêter au milieu et non régresser jusqu'au point de départ. Il faut se souvenir. L'intégration à une société commence par le respect de ses traditions et de ses coutumes ainsi que par le respect envers ses citoyens et citoyennes qui ont participé à l'exercice. Peut-être que nos livres d'histoire ne se souviennent pas ou bien qu'ils n'ont simplement pas été mis à jour. C'est donc la responsabilité du gouvernement d'appliquer notre devise « je me souviens » à notre Histoire et d'intégrer à cette Histoire les efforts de nos générations précédentes pour atteindre la société d'aujourd'hui et surtout de s'assurer que la génération montante s'en souvienne. C'est aussi la responsabilité des organismes d'accueil aux immigrants de leur faire connaître cette devise du Québec «» afin que ces nouveaux arrivants ne pensent pas que nous sommes racistes simplement parce que l'on s'en souvient et qu'on ne veut pas imposer à notre progéniture d'avoir à reprendre les mêmes débats qu'il y a cinquante ans. En terminant, pour commenter le sondage du journal
La Presse
d'hier sur les musulmans heureux de vivre chez nous, je dis que même et surtout si les femmes voilées que l'on retrouve dans les CPE ainsi qu'ailleurs dans nos institutions font partie de cette majorité heureuse de vivre en notre terre, alors cette majorité m'incommode pour tous les arguments que j'ai soulevés précédemment. Grand-mère Johanne Chayer 1865, 8e avenue Montréal (Québec) HI B 4H7 Téléphone: (514) 645-0745 Courriel : johanne.chayer@videotron.ca
 





ITHQ 76
 





Nymue, Eveilleuse Créative 27/02/2007 14:40

Oui... Au Canada ou ailleurs, ce n'est pas un problème de pays, mais bien d'être humain et d'ouverture à l'autre.La tolérance, on a l'opportunité de l'apprendre tous les jours : en couple, au travail, en famille, entre amis, entre ennemis, mais on a du mal parfois à intégrer la leçon, on dirait... ;o)

Jean-Claude Barbier 20/02/2007 11:51

Chère Aurélie. J’ai apprécié ton article sur le communautarisme au Québec et, comme nous avons quelques amis au Canada, je me suis permis de mentionner ton blog dans nos « Actualités unitariennes » (http://actua.unitarienne.over-blog.com). Les chrétiens unitariens sont des chrétiens qui, depuis les Réformes protestantes du XVIèmme siècle, n’adhèrent pas au dogme de la Trinité (Dieu qui est en même temps le Père, et le Fils et le Saint-Esprit – trois personnes en une), ni aux autres dogmes d’ailleurs. Ils sont non dogmatiques et libéraux. Encore bravo pour ton blog. Jean-Claude Barbier

Khalid FENSAB 08/02/2007 16:32

L’autre jour un ami m’a invité pour assister à un match de football. L’équipe regorge de graines de champions représentants les 5 continents.Ce qui m’a fait chaud au cœur, c’est au moment ou un des enfants a marqué un but…Tous les enfants se sont regroupés au tour de lui pour l’embrasser et le féliciter. Les parents, aussi, étaient heureux de la  façon dont cette équipe de football, tous enfants, se sont mis d’accord pour que chacun complète l’autre, pour l’équipe gagne.
 


 

En regardant ce match et en lisant les commentaires je me suis dit : «  Cette équipe là représente vraiment le Canada de nos rêves, elle s’efforce de gagner, de rester solidaire et rester aussi fort ».
 

J’ai toujours considéré la réaction des enfants comme leçons de vie.Ils ne connaissent pas encore les accommodements raisonnables, ils savent une seule chose, ils jouent pour s’amuser, développer leur corps et gagner un match.Saurons-nous comme ces enfants qui gagnent car ils arrivent très simplement à créer les synergies nécessaires pour l’équipe soit forte et qu’elle gagne.
 


 

Merci à ces petits qui dans un moment de  non communication constructive des adultes ont pu trouver l’essentiel : la force de la différence.Cordialement,
Khalid FENSAB