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Mercredi 27 juillet 2005

Shopping ou magasinage ?

   

Je commence à en avoir marre. Ca y est, c’est dit. J’en ai marre d’entendre les Québécois dire que les Français ne sont pas foutus de s’exprimer sans utiliser d’anglicismes. Et qu’on nous ressort le shopping, le stop et le parking…

Oui les Français utilisent des anglicismes. Je suis bien placée pour le savoir : j’ai fait du conseil ou, devrais-je dire du consulting, pendant 3 ans. Trois années au cours desquelles les time-sheets et le reenginering de processus faisaient partie de mon quotidien. Oui on rédige des drafts, oui on mange des sandwiches, oui on fait du shopping, on gare sa voiture au parking et on part en week-end. Oui. Personne ne le nie.

Mais qu’on ne vienne pas me dire que les Québécois utilisent beaucoup moins d’anglicismes que nous. Les anglicismes sont ici légion, qu’ils soient lexicaux (mots) ou syntaxiques (tournures de phrases). Ainsi on parle de brakes pour désigner les freins de sa voiture, on cancelle un meeting au lieu d’annuler une réunion, on parle de sauver du temps ou de l’argent au lieu de gagner le premier et d’économiser le second, on dit à date pour à ce jour, à l’année longue au lieu de à longueur d’année, on prend une marche au lieu de faire une promenade. Oui, les Québécois utilisent des anglicismes, oui ils en utilisent beaucoup et c’est logique vu qu’ils ont été envahis par les Anglais et sont aujourd’hui entourés d’anglophones.

Je comprends que l’usage de la langue française soit un sujet sensible puisque qu’il fonde en partie l’identité québécoise. Ce que je ne comprends pas c’est qu’on se voile la face et qu’on transforme ses complexes en agressivité. Car ce qu’on nous reproche au fond ce n’est pas l’utilisation d’anglicismes mais l’utilisation sans honte d’anglicismes. La question est la suivante : en quoi est-ce que cela fait avancer le schmilblick (et il vient d’où ce mot-là, hein ?) ??

 

 

De tous temps les langues se sont influencées mutuellement, et ça continuera. Ca en rassurera peut-être certains de savoir que les anglophones utilisent des "frenchicisms"... 

Ceux qui me connaissent savent à quel point j’aime la langue française et comme j’ai horreur qu’on la maltraite. Alors qu’on ne vienne pas me faire la leçon sur mon utilisation d’anglicismes, parce que ce que j’abhorre par-dessus tout c’est la malhonnêteté intellectuelle, autrement appelée "la poêle qui se moque du chaudron" ou "l'hôpital qui se fout de la charité".

Ce débat est débile, je dirais même plus, c’est un non-débat, et je ne veux plus en entendre parler, c’est clair ?

Sur ce je vous claque une bise.

Aurélie, y a des fois comme ça ou gueuler un coup ça soulage…

PS : je ne tolèrerai aucun commentaire avec faute d’orthographe... meuh non, j'rigooole ;-) 

 

 

 

 

 

 

 

 
Par Aurelie au Canada (Copyright) - Publié dans : Chroniques (copyright)
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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

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