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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

18 juillet 2005 1 18 /07 /juillet /2005 00:00

Canot-camping

 

Ce week-end, comme je vous l’avais annoncé, j’ai découvert les joies du canot-camping, activité incontournable pour qui habite le Québec (lequel, comme chacun sait, compte des dizaines de milliers de lacs). Cet exercice présente plusieurs caractéristiques récurrentes.

 

 Le départ : en voiture, très tôt le samedi matin. C’est dans ces moments-là qu’on est content de souffrir de décalage horaire pour cause de retour d’Europe.

Le site : en général une réserve faunique ou un parc national. Pour nous cette fin de semaine, ce fut la réserve faunique de Papineau-Labelle.

Le canot : c’est évidemment la clé de tout, puisque sans lui le canot-camping n’est que camping. Compter par jour 35$ pour le canot + 5,25$ pour le gilet de sauvetage obligatoire mais que personne n’utilise parce que franchement, auriez-vous l’idée d’aller faire du canot si vous ne saviez pas nager ?

 

Les deux personnes qui composent l’équipage ne sont pas là pour se faire bronzer mais pour pagayer ou ramer (autrement dit, découvrir pourquoi ils ne referont plus jamais de canot-camping et pourquoi leur amis canot-campeurs ne seront plus jamais leurs amis). La technique est simple : plonger la rame profondément dans l’eau et pousser, en essayant de ne pas se cogner la main contre le canot (ça fait très mal, surtout à partir de la 10ème fois), de maintenir à peu près le cap, de ne pas se renverser, de ne pas attraper de crampe, de ne pas râler parce qu’on a attrapé une crampe, de ne pas se mettre à pleurer parce que la crampe s’est transformée en déchirure musculaire.

 

 

     

 

 Le portage du canot : c’est très simple, on retourne le canot et on se le colle sur la tête, pour passer d’un lac à l’autre. Evidemment on aura pris soin de le vider auparavant des kilos de matériel emportés pour le week-end (tente, sacs de couchage, glacière, nourriture et eau, réchaud et autres trucs de scouts) que l’on portera d’un point à un autre à la main et non sur la tête (quoique… après tout chacun fait comme il veut)

Le camping : il s’agit de repérer depuis le canot un site marqué d’un panneau et qui ne soit pas déjà occupé, puis, au milieu des arbres et de tout ce bordel qu’on appelle la nature, de dénicher un espace suffisamment large et plat pour planter sa tente. Le soir on fait un feu pour cuire les brochettes et éloigner les moustiques et la nuit on ne dort pas parce qu’on a un caillou qui nous rentre dans les côtes (et pourtant on a pris soin de déblayer avant d’installer la tente, faut pas croire qu’on soit totalement dépourvue de bon sens non plus).

 

 

 

 

Les ours : ours noirs, ours bruns ou grizzlis, vaste choix d’ours dans les forêts canadiennes. Au menu de ce week-end, les ours bruns. A L’entrée du parc, des panneaux nous avertissent de la conduite à tenir en cas de rencontre inopinée et pour prévenir les accidents qui sont rares, on tient à nous le préciser.

Si on croise un ours donc, il faut éviter :

 -      De le regarder dans les yeux car il prend ça pour de la provocation (notez la similitude avec certains jeunes de chez nous…). On recommande néanmoins de le garder à l’œil sans se faire remarquer… ;

 -         De lui couper la seule sortie possible : l’ours n’aime pas se retrouver dans un cul-de-sac ;

 -         De se placer entre lui et ses petits : la maman ours manque cruellement de sens de l’humour ;

 -         De se mettre à courir, car ça lui donne envie de nous courir après, et en plus il court vite ;

 -         De grimper aux arbres car ça aussi il sait le faire ;

 -         De faire le mort (ça c’est le truc de la dernière chance, quand il est en train de nous bouffer – au sens propre).

 Au contraire il faut :

 -         Lui parler calmement (quelqu’un a-t-il déjà essayé de rester calme face à un ours ???) ;

 -         Abandonner sa bouffe (il est donc recommandé de ne pas partir en week-end avec moi… essayez donc de me faire abandonner de la bouffe pour voir !) ;

 -         Reculer lentement en continuant à le regarder (mais pas dans les yeux on a dit).

 S’il attaque, il faut :

 -         Faire le plus de bruit possible, crier, gesticuler, histoire de lui flanquer la trouille

 -         Lui jeter des pierres, lui donner des coups de pagaie, bref défendre chèrement sa peau

 -         S’il est en train de vous bouffer : se recroqueviller en protégeant sa tête (apparemment il mange les muscles des bras, des cuisses et des fesses et ensuite il s’en va, vous laissant vivant mais cloué dans un fauteuil roulant pour le reste de vos jours…)

En terme de prévention, si vous apercevez un ours au loin, parlez pour vous faire remarquer (normalement il se tire) et changez de trajectoire.

La nuit au campement, ne gardez dans la tente rien qui ait une odeur (ni bouffe, ni dentifrice, crème solaire, on a dit rien, nada) et accrochez toutes vos affaires dans un arbre. (Soit dit en passant je ne vois pas bien l’intérêt de suspendre les sacs dans un arbre puisque les ours savent grimper aux arbres mais bon, quand il s’agit d’ours, je fais ce qu’on me dit et puis c’est tout.)

La nature : aaaah, la nature, tous ces bruits inconnus qui nous ravissent le jour et nous terrifient la nuit.

Je l’avoue sans honte (euh, avec un petit peu de honte quand même…) : je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, persuadée d’être la victime imminente d’une attaque d’ours enragés. Et quand il a fallu sortir de la tente pour faire pipi (arrive un moment où on ne peut plus tergiverser), j’ai failli m’évanouir de peur. Inutile de dire que je ne suis pas allée jusqu’aux toilettes (un trou dans le sol à une centaine de mètres du campement). Trois pas m’ont suffit et j’ai trébuché 10 fois tellement je tremblais. Je n’ai jamais eu les jambes à ce point flageolantes…

Les moustiques : il faut savoir que  « moustiques » est un terme générique employé pour désigner à la fois les moustiques, les mouches noires, les mouches à chevreuil et toutes les autres petites bibittes qui vous foutent en l’air un week-end et un sandwich. Une intoxication au « Off » plus tard, je ne présente qu’une quinzaine de piqûres. Ouf…

Les sangsues : après la première baignade, on batifole sur les rochers au bord de l’eau. Oh, c’est quoi cette petite limace noire dans l’eau ? Ben oui, c’est une sangsue. Tout de suite c’est moins le fun de se baigner. On devient légèrement parano.

Tout ça pour dire que le canot-camping, j’en refais dès que possible, mais uniquement accompagnée de trois domestiques et dans une tente climatisée avec matelas en latex.

Portez-vous bien.

Aurélie, citadine assumée.

 

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Published by Aurelie au Canada (Copyright) - dans Chroniques (copyright)
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commentaires

Myhtrion 19/09/2005 09:19

Sont-ils bêtes ces québecquois!
Il est pourtant facile de se mettre hors de portée d'un ours en grimpant dans un arbre: il suffit de monter assez haut, de s'éloigner du tronc sur une grosse branche, puis de lui couper l'accès en sciant celle-ci derrière soi...
Ah, on m'appelle de la régie de cognacq-jay pour me signaler que cette solution est difficile à mettre en oeuvre, car il est ardu d'escalader un arbre en transportant une scie de bûcheron!
Bon, alors je vais me contenter de m'ajouter au choeur des laudateurs de cet excellent blog qui me passione, bien que n'ayant nulle intention de me rendre lô-bôs, tabernacle! Le style et l'humour suffisent à eux seuls à maintenir un intérêt constant. Continue!

Gilet orange 15/09/2005 17:54

"Pourquoi personne ne m'aime ?" dit le joli gilet orange avec ses lanières en nylon qui font mal quand on pagaie...
C'est sûr que rares sont les gens qui vont faire du canot ou autre s'ils ne savent pas nager, mais la raison d'être du gilet de sauvetage, c'est que quand on est habillé (et notamment qu'on a des chaussures, surtout style randonnée) on nage déjà moins bien... et je ne parle même pas des situations (rares, heureusement !) où on peut se retrouver dans les pommes et à l'eau (ce n'est pas incompatible, la fameuse "hydrocution", ou noyade syncopale, c'est ça : se noyer car on est inconscient et dans l'eau...) : là sans gilet on coule comme un plomb. Donc pagayer sans gilet, c'est comme conduire sans ceinture : c'est pas important jusqu'au jour où...

Thomas 26/07/2005 13:32

> Et bien!! une vraie conversation de professionnels du camping. je reste sans voix!!
> Mais bon finalement, vous avez tous eu peur mais vous vous êtes jamais fait attaqués, si?

Tout à fait d'accord :)
Personnellement j'avais adoré mon expérience de canot-camping, y compris la remarque marrante sur la possibilité de monter à l'arbre.

taupe 23/07/2005 01:15

pico, sont petits les ours noirs... ils en font à peine 4 comme moi... mais p'tain qu'ils sont féroces!!:P

Charlylie 22/07/2005 23:55

Je pourrais laisser exactement le même commentaire que Florence! Montréal me manque terriblement en attendant de lancer ma demande de RP et lire ton blog me confirme que je veux absolument y retourner! Continue tes chroniques, elles sont géniales! :)