Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Avertissement

Sens de l'humour et esprit critique sont requis pour apprécier la lecture de ce blog. Il est fortement recommandé de ne pas prendre les propos de l'auteur au 1er degré!

(Tous les textes de ce blog sont la propriété de l'auteure. Ils ne peuvent être reproduits sans citer son nom. Merci!)


----------------------------------


Pour savoir d’où viennent les lecteurs de ce blog, cliquez ici : Geo Visitors Map


----------------------------------


Critiques de théâtre : vous pouvez me lire

  • dans le journal Voir
  • dans la revue Jeu
  • dans le Sans-Papier (journal de la TELUQ)
  • sur montheatre.qc.ca


Bon théâtre!

Recherche

Chic Moustache

Vous cherchez des t-shirts qui représent le Québec sans tomber dans les clichés? Chic Moustache est fait pour vous!! Allez donc jeter un oeil!

 

Logo-pour-blog-Aurélie

 

 

 

---------------------------------------------------

 

«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

18 octobre 2004 1 18 /10 /octobre /2004 00:00

 

 

 

Récompenses barbares

 

 

 

 

 

 

Les Invasions Barbares de Denys Arcand, Quebecois… Prix du scenario au festival de Cannes.

 

 

 

Ah.

 

 

 

Oscar du meilleur film étranger.

 

 

 

Quelque chose m’échappe…

 

3 Césars, 5 Jutras, Genie Award, prix Donatello, prix du festival de Bangkok, prix du festival de Berlin, etc.

 

 

Non là franchement, faut pas abuser. On nage en plein délire. Peut-être qu’on n’a pas vu le même film les jurys et moi. Parce que franchement les mots qui me viennent à moi, ce ne sont pas : « une merveille », « époustouflant », « un moment de pur bonheur », « drôle et plein d’esprit » ou « à voir absolument »  mais plutôt : « pfffffff… », « oh la la », « c’est pas vrai », « lamentable », « Prix du scenario ??? » ou « mais c’est nul ! » (ouais ben je ne suis pas critique de films non plus, alors mon vocabulaire est un peu limité).

 

Le scenario : un fiston qui a des relations difficiles avec son papa mais qui l’aime quand même met ses millions au service dudit papa pour rendre sa fin moins pénible.

Parce que n’est pas drôle de mourir, ça non. Ca fait peur même. Et quand on doit mourir dans d’atroces douleurs au sein d’un hôpital surpeuplé avec des voisins de chambre envahissants (la famille indienne au complet au chevet du malade, le solitaire qui met sa télé à fond) c’est encore moins drôle. Pour ne pas dire inhumain.

 

 

Heureusement l’argent peut tout.

 

 

 

Il peut faire en sorte qu’on installe un malade dans un étage désert alors que le commun des mortels s’entasse comme du bétail dans les couloirs de l’étage supérieur. Il peut faire en sorte que la chambre réquisitionnée dans l’étage désert soit transformée en une confortable suite avec fauteuils, canapés, et petits fours, le tout fraîchement repeint. Il peut faire en sorte que l’ambulancier se transforme en tour opérateur pour emmener le papa malade faire un tour au bord du lac de sa jeunesse (il le mérite : il va bientôt mourir !). Il peut faire en sorte que l’infirmière fasse des piqûres d’héroïne au papa devenu dépendant (pas facile de faire une piqûre quand on n’est pas diplômé.) Il peut faire en sorte que des étudiants viennent au chevet de leur prof lui dire combien il leur manque (mais attention : y en a qui ont des remords, quand même, et qui refusent l’argent à la dernière minute). Il peut même faire en sorte que l’infirmière prenne sur ses heures de congé pour venir installer une perfusion qui permettra de faire de mortelles injections d’héroïne au papa qui a en assez de se regarder mourir.

 

Ah non : ça ce n’est pas l’argent. C’est le charme fou du papa mourant qui, même à l’agonie, n’en finit plus de séduire les femmes (femme, désespérée, pléonasme.)

 

 

 

Les scenes :

- une ex-maitresse  en furie fait une scène de ménage à l’hôpital, renversant tout sur son passage, s’asseyant sur le lit des malades en phase terminale (ou plutôt carrément sur les malades eux-mêmes) et envoyant valser les perfusions de ceux qui tiennent encore debout, le tout accompagné de pitoyables « oooooh, je t’ai tant aimééééééé »;

- un fiston millionnaire va voir la police pour lui demander où acheter de la drogue mais, les policiers, ils ne marchent pas parce que ça pourrait être un journaliste, allez savoir;

- un policier rattrape le fiston millionnaire pour lui dire que l’héroïne est la drogue des riches et des musiciens tout en veillant à ne pas se faire filmer par les caméras de surveillance, on est dans un commissariat tout de même ;

- un policier vient s’asseoir dans la voiture du fiston millionnaire qui stationne devant chez un dealer qui doit approvisionner son papa en héroïne, juste pour lui dire un petit bonjour, comme ça, parce qu’il fait beau ce soir ;

- une future ex-junkie jette le téléphone portable d’un actuel boursicoteur (fiston millionnaire d’un papa très malade) dans le feu et ça les fait rire tous les deux parce que le boursicoteur a enfin compris les vraies valeurs de la vie ;

- une future ex-junkie embrasse fougueusement un actuel boursicoteur puis le repousse parce que non ça n’est pas raisonnable, nous ne sommes pas du même monde mais quand même c’est grâce à toi que je me sors de la drogue, je t’aime, moi non plus ;

- de vieux copains de fac se remémorent leurs jeunes années pleines d’idéaux et nous montrent que le scénariste connaît des mots compliqués comme nihiliste, maoïste, structuraliste, etc. Quelqu’un pourrait-il lui apprendre « j’me la pètiste » et « philosophiste de comptoir », merci d’avance ;

- j'en passe, et des meilleures car je ne voudrais pas gâcher le deplaisir de ceux qui ne l’ont pas encore vu.

 

 

Les acteurs : une équipe de mauvais étudiants d’une mauvaise école de théâtre qui travailleraient une mauvaise pièce. N’importe quel professeur sensé leur dirait qu’il faut ressentir et non pas jouer, interagir avec les autres comédiens et non pas s’écouter parler. Puis, lassé de les voir surjouer de façon grotesque des émotions qu’ils ne ressentent pas, leur conseillerait d’aller planter des tomates au soleil. Denys Arcand, lui, a décidé de les embaucher. Peut-être qu’ils étaient tous mourants et que leurs fistons millionnaires lui ont donné des pots-de-vin pour qu’il les engage (vous comprenez, acteur, c’est son rêve !).

 

La fille de la copine de fac du papa malade, copine qui a aussi été sa maîtresse en son temps (depuis elle se contente des cow-boys campagnards, nous explique-t-elle dans une longue et pathétique tirade), sa fille donc, héroïnomane, a reçu le prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de Cannes…Je comprend qu’elle soit sortie du lot : c’est à peu près la seule qui ne soit pas une caricature (je parle de son jeu, pas de son personnage). De là à avoir un prix pour cette performance… Bof, les membres du jury devaient être eux-même sous héroïne au moment du vote.

 

 

Par curiosité, je suis allée lire quelques critiques… et j’ai découvert avec soulagement que quelques journalistes osaient encore défier le consensus. J’ai tendance à qualifier ces journaux et revues de prétentieux et pseudo-intello mais, pour cette fois, je ne peux qu’être d’accord avec :

- Les Inrockuptibles : « Un film ultraconventionnel, au sentimentalisme aussi poisseux qu'artificiel » ;

- Le Monde : « Son film offre peu à voir, sa grammaire est celle du champ-contrechamp, ses comédiens jouent de manière exagérée, les dialogues sonnent faux, entre sentences pompeuses sur l'état de notre civilisation et répliques ordonnées où domine le culte du bon mot » ;

- Première : « Un film fourre-tout et tire-larmes en constante admiration de lui-même. »

 

 

 

 En conclusion je poserai la question qui fâche : cet argent qui peut tout permet-il aussi d’acheter des prix cinématographiques ?

 

 

Grosses bises à tous, amis cinéphiles.

 

 

Aurélie

 

 

PS : Christophe qui sait toujours tout sur tout – il est énervant celui-la – m’a fait remarquer que le film n’avait pas eu la Palme d’or à Cannes, comme je l’avais écrit au départ, mais le prix du scénario. Ok, je corrige car il faut être rigoureux mais bon franchement, on s’en calisse (mon juron québécois favori : je le case dès que j’en ai l’occasion) parce que le second n’est pas plus mérité que le premier.

 

 

 

PPS : Christophe – encore lui ?? – me signale également que la version diffusée en France avait été allégée de quelques scènes particulièrement pénibles (notamment celle de la maîtresse hystérique dans la chambre d’hôpital.) Chanceux que vous êtes !

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Aurelie Olivier (Copyright) - dans Chroniques (copyright)
commenter cet article

commentaires

lyns 15/05/2007 17:45

Tu m'excusera de pas avoir lu après le 5 ou 6° paragraphe (enfin ché plus) mais IL A L'AIR FRANCHEMENT CHIANT CE FILMAlor je c pa si c parce ke c ton point de vue mais g pa envie de le voir

Amarok 08/03/2005 21:56

Je ne m'en faisais pas pour toi. Tu t'en sors très bien toute seule! Mais je te trouvais vraiment dure avec le film. Moi qui aime également le second degré (dont le tien), j'avais justement trouvé les scènes de l'hopital très drôle, (notamentl'obtention de l'étage vide). Et puis j'adore remy girard, ce qui ne doit pas m'aider à detester le film. Mais je respecte. Au fait en parlant de second degré, c'est quoi tes comiques préférés au Québec?
Pour la maudite française, tu as raison d'assumer, c'était juste une remarque en relation avec une reflexion que je me faisait sur les choses que je pouvais dire et penser du quebec et de sa culture il y a deux ans, qui étaient justifiées mais qui me paraissent aujourd'hui décalées, étant un peu assimilé (enfin, je crois). Même si très souvent, je me traite vraiment de maudit français (ainsi que mes collègues québécois)lorsque je les reprends sur le français. Et dieu (ou n'importe quoi d'autre) sait qu'ils n'aiment pas ça!!
Je suis heureux de lire les reflexions d'une française sur le Québec et voir si j'ai ressenti la même chose ou pas!

aurelie au canada 08/03/2005 15:18

Amarok : Ca fait presque un an que je vis ici et je pense commencer à connaitre un petit peu la culture quebecoise. Je sais tres bien que le film est une critique du systeme de sante quebecois mais ca ne change rien au fait que je le trouve mauvais.
Quant à mes chroniques je les relis et les assume. J'essaie qu'elles soient droles et j'utilise souvent le second degre.
Et je me traite souvent moi-meme de maudite francaise. Donc ne t'en fais pas pour moi.

Amarok 07/03/2005 21:16

Salut,
première fois que je tombe sur ton blog que j'avais trouvé superintéressant jusque là. Français au quebec depuis deux ans, j'ai beaucoup aimé les invasions barbares. Film loin d'être parfait devant l'eternel mais qui ne mérite cependant pas de telles critiques négatives(de toi ou des magazines français). J'ai juste une remarque, regarde le film dans quelques mois(puisque tu t'installes au québec) et je suis sûr que tu le trouveras moins nul. Simplement par le fait que tu connaitra mieux la culture. Par exemple, l'idée du fils de le mettre dans l'étage vide est une critique du sytème de santé canadien (je n'ai pas tout lu, mais je pense que tu as déjà dût passer 5 heures dans une salle d'attente d'une clinique ou 5 jours dans les couloirs d'un hopital). Petit exemple pour dire que la critique part d'une connaissance incomplète du québec.
Sinon, très bon blog même si tu risques de te sentir pas mal maudite française quand tu va te relire dans quelques mois! (pour les 5 à 7, tu as raisons pour la bouffe et la boisson mais chez certaines personnes, tu peux boire les bières des autres!!!).
J'aime le québec et ça me fait chier de rentrer en mai en France!!!

sharkxxxx 25/11/2004 10:46

Il y a un film dans le même genre. Je veux dire très nul avec des acteurs pitoyables un scénario plus que faiblard et des "effets spéciaux" à mourir de rire(et je ne parle pas du maquillage de la bête). Il s'appelle " BROCéLIANDE". Si tu veux voir un film vraiment nul regarde ça!!! Moi, par contre je n'ai pas vu ton film mais je suis curieux alors j'y vais de ce pas car des films nuls il y en a mais qui incitent à de tels commentaires,c'est rare. Finalement on ne devrait pas les descendre à ce point,ça intrigue Ahahaha