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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

26 avril 2005 2 26 /04 /avril /2005 00:00

 

J’ai fait un rêve…

 

 

 

 

… celui de l’extinction de l’administration. Et puis, je me suis réveillée.

 

 

 

Vendredi dernier, profitant de ma première semaine de vacances, j’ai décidé de me pencher sur l’intéressante question suivante : quelle est la façon la plus simple d’obtenir un permis de travail en attendant que ma résidence permanente soit acceptée ? Suivant les conseils d’un certain nombre de Français qui m’avait garanti l’utilité de la visite, je me suis donc rendue à l’OFQJ, Office Franco-Québécois pour la Jeunesse. J’avais un peu peur de ne pas faire partie de son public-cible car si je suis bien Française, je ne suis plus très jeune, mais son site Internet indiquait qu’il s’adressait aux 18-35 ans. Je m’y rends donc, guillerette. Arrivée sur place, j’informe la réceptionniste que j’ai un certain nombre de questions à poser et pourrait-on me faire rencontrer un conseiller. La jeune femme pense tout de suite à Michel et le contacte par téléphone. Je comprends aux monosyllabes prononcées par mon interlocutrice que ledit Michel n’a pas la plus petite intention de sortir de son bureau pour me rencontrer et qu’elle n’a qu’à répondre elle-même à mes questions. Chose qu’elle tente de faire, laborieusement. Dépitée, elle décide de braver les foudres de Michel et le rappelle, en vain : le serviable énergumène ne décroche plus son téléphone, des fois qu’on lui demanderait de travailler. Elle interpelle finalement quelqu’un qui passe devant nous et j’apprends ainsi, presque sur le pallier, que le seul programme proposé par l’OFQJ s’adresse aux Français de France. Je pourrais en profiter si je rentrais au pays pour faire ma demande, à condition de ne pas avoir entamé les démarches visant à obtenir ma résidence permanente au Canada. Dans ma situation actuelle, j’ai le choix entre le chômage forcé sans allocation et le retour en France « en attendant vos papiers, et ça sera long, mademoiselle. »

 

Et de conclure : « C’est bizarre comme tous les Français attendent la fin de leur permis temporaire pour se préoccuper de la suite. » En effet.

 

Peut-être parce qu’il faut avoir vécu un certain nombre de mois ici avant de savoir si on a envie d’y rester plus longtemps. Peut-être parce que ça coûte cher et qu’on ne va pas entamer tout le processus pour se rendre compte que, finalement, il fait trop froid l’hiver et qu’on préfère rentrer chez nous. Peut-être parce que pour faire toutes ces démarches, on nous demande un nombre invraisemblable de pièces justificatives, qu’on met des semaines à récupérer, à distance. Ou peut-être simplement parce que nous, les Français, nous sommes tous imprévoyants et désorganisés… Qui sait ?

 

Donc, demandé-je pour résumer, je n’ai aucune chance de pouvoir travailler avant d’avoir ma résidence permanente (disons RP à partir de maintenant, pour simplifier) ? Aucune. Même si j’ai une offre d’emploi ? Même si vous avez une offre d’emploi. Intéressant.

 

 

 

Dépitée et légèrement en état de choc, je décide de profiter de mon séjour en centre-ville pour rendre une petite visite à un autre organisme : le service conseil aux candidats à l’immigration. C’est que je suis comme Saint-Thomas : sainte. Non je rigole, je suis comme Saint-Thomas : je doute de tout et j’aimerais bien avoir confirmation de ce que je viens d’entendre avant de tomber dans les pommes.

 

 

 

Bureaux immenses et déserts. Deux fonctionnaires poussiéreux mais très gentils m’accueillent avec le sourire. « J’ai besoin de conseils, dis-je, j’ai pensé que ce devait être la bonne place. »

 

J’expose ma situation à monsieur F. qui m’interrompt presque immédiatement.

 

« Vous n’avez pas envoyé votre dossier à Montréal au moins ? » Euh… ben si. Je vis à Montréal, je veux immigrer à Montréal, j’ai envoyé mon dossier à Montréal, ça me paraît logique.

 

« Ah malheureuse, me lance-t-il (pas exactement dans ces termes, je l’avoue), vous auriez du l’envoyer aux bureaux de Paris, vous auriez déjà la réponse. »

 

« Pardon ? »

 

« Vous auriez du… »

 

« Oui, j’ai compris, mais comment se fait-ce ? »

 

« Ce sont toujours les cordonniers les plus mal chaussés » me répond monsieur F., philosophe.

 

 

 

Et de saisir son téléphone pour appeler les services de l’immigration et demander où en est mon dossier. Je suis partagée entre la joie d’avoir une estimation du temps de traitement, et la peur des représailles : on m’a plusieurs fois avertie de ne pas téléphoner, qu’aucun renseignement ne serait fourni quant à l’avancement des dossiers. Le mien ne va-t-il pas repasser en bas de la pile, suite à cet appel impulsif et hors de mon contrôle ? Vaguement inquiète, j’entends subitement monsieur F. demander le transfert de mon dossier à Paris. Euh… est-ce qu’on pourrait me demander mon avis S.V.P. ? Apparemment il faut que j’envoie un fax. Merci, ça me donnera le temps d’y réfléchir. Je n’aime pas bien les décisions hâtives et inconsidérées. C’est que je suis réfléchie comme fille. Et en plus je n’aime pas bien qu’on prenne des décisions à ma place. C’est que je suis autoritaire comme fille.

 

A part ça, monsieur F. confirme : aucun moyen d’avoir un permis de travail avant que ma demande de RP soit acceptée.

 

Parce que voyez-vous cher monsieur, quand j’ai demandé à prolonger mon séjour comme touriste, une dame d’un autre service d’immigration m’a dit qu’une fois le certificat de sélection du Québec reçu, je pourrais avoir un permis de travail temporaire, en attendant la validation par le Fédéral (ah oui, je n’ai pas précisé, mais les choses se font en deux étapes : il faut être accepté par le Québec puis par le Canada). Non. Comment non ? Non comme non. Aucune procédure de ce genre n’existe. Rien n’est prévu pour les gens qui ont leur CSQ et qui attendent leur RP (ah… le jargon administratif). Ok. Et est-ce que vous pourriez vous mettre d’accord, tous, avant de donner des informations contradictoires aux pauvres pékins en quête  de renseignements ?

 

 

 

Cette fois-ci, je suis bel et bien en état de choc. Pas comme dans les locaux de l’OFQJ. Pire, bien pire, bien bien pire. J’ai des petits points devant les yeux, la tête qui tourne, l’estomac dans la gorge. Envie de vomir, envie de m’évanouir. Envie de tomber dans le coma pour ne plus avoir à réfléchir aux solutions qui s’offrent à moi.

 

 

 

Rentrer en France ? Rester ici sans travailler ? Vivre misérablement pendant un an et avoir un trou béant dans mon CV ?

 

 

 

Vous l’aurez compris, je suis dépitée. Moi qui pensais que mon dossier serait traité plus rapidement en l’envoyant à Montréal, moi qui pensais pouvoir avoir un permis de travail mon CSQ en poche. Moi qui pensais pouvoir bientôt mettre à profit les contacts professionnels que j’ai enfin créés, après un an de présence sur le sol canadien. Moi qui pensais, moi qui croyais, moi qui espérais…

 

 

 

Le lendemain, je reprends du poil de la bête. On ne va pas se laisser abattre. En fait, j’ai quand même plusieurs possibilités de travailler ici :

 

 

 

1/ Trouver un emploi et obtenir que l’employeur se lance dans les procédures administratives pour prouver que moi seule peut le remplir, qu’aucun canadien ne serait en mesure de le faire. Monsieur F. dit que c’est impossible, mais monsieur F. se trompe : il semblerait que cela arrive très régulièrement. Je préfère cependant ne pas rêver et miser plutôt sur la solution numéro 2 que voici.

 

 

 

2/ Trouver un emploi et, lettre d’embauche en poche, faire un aller-retour express en France pour demander un stage de perfectionnement. Il semble que cela soit la manière la plus simple et la plus rapide. Bizarre que personne, d’aucun service, ne m’en ait jamais parlé.

 

 

 

3/ Travailler au noir. Honnêtement, je n’envisage pas cette hypothèse très sérieusement…

 

 

 

4/ Travailler bénévolement. Je sais, ce n’est pas très réjouissant mais le pire, c’est que je suis prête à le faire s’il le faut. Par exemple, écrire des piges gratuitement, pour me faire connaître et apprécier.

 

De main d’œuvre hors de prix quand je faisais du conseil (vendue 9000 francs la journée, ce qui, je le précise, n’était pas mon salaire), je suis devenue nettement plus abordable. D’ici que je paie des employeurs pour avoir le droit de travailler chez eux…

 

 

 

 

 

Je vous le dis mes amis, le parcours de l’immigrant est semé d’embûches.

 

 

 

Gros bisous à tous.

 

 

 

Aurélie, jump, jump, jump !

 

 

 

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Published by Aurelie au Canada (Copyright) - dans Chroniques (copyright)
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commentaires

lyns 07/11/2007 11:28

C'est clair que vue comme cela, ça me découragerais presque de faire mon VIE la bas mais bon, heureusement que mon école à compris qu'il fallait s'y prendre tôt.J'ai déja commencer le parcours proffesionnel, le parcors administratif commencera le 15 Janvier (une fois que tous les caadiens et français auront cuver et digérer les boisons et nourritures de Nöel)

Info ou intox 16/09/2005 00:49

La solution 1 existe bel et bien (j'ai un témoignage de quelqu'un comme ça en Australie où le système est un peu le même), mais j'ai entendu dire qu'il fallait trouver un employeur avec qui ça accroche vraiment et qui te veuille toi et toi seul à tout prix (donc à part par piston costaud, c'est chaud). Du coup l'employeur en question crée un offre d'emploi pipeau qui correspond à ton profil pile poil, en prenant bien soin d'ajouter des trucs méga exotiques que tu connais mais que le travailleur local lambda ne connaitra sûrement pas. Bref c'est chaud pour passer par la solution 1, il semblerait que ce soit une sorte de passe-droit pour les gens qu'un employeur local veut à tout prix...
En tout cas la qualité rédactionnelle de ton blog me fait penser que tu devrais pouvoir percer sans difficultés dans le journalisme, ton style est vraiment prenant.

anne -sophie 19/06/2005 20:05

,,,bonjour aurelie,,,,et bien moi je suis une québecoise et je voulais aller m,instaler en france et j,ai bel et bien lacher prise car c trés compliqué,,,,,et voila

Webeatriz 24/05/2005 10:22

Super! ce un texte bien écrit , avec humor et sagacite.

bart 10/05/2005 18:35

A mon avis et vu ton style d'écriture, tu pourrais te lancer dans la littérature et tenter ta chance dans ce monde presque aussi difficile que l'administration... parce que tu écris vachement bien. Bart de suisse.