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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

6 octobre 2004 3 06 /10 /octobre /2004 00:00

 

 

 

Le blues du champignon chômeur

 

 

 

 

 

 

Anselme est un petit champignon de Paris bardé de diplômes. Anselme est heureux. Cela faisait longtemps qu’il avait envie de parcourir le monde. Alors quand il a entendu parler du programme vacances-travail, il a sauté sur l’occasion et s’est envolé pour Montréal. C’est sympa Montréal : les gens y parlent la même langue qu’à Paris.

 

 

 

Il a fait une petite fête, mis toute sa penderie dans une valise, ou plutôt dans 5 valises, dit au revoir à ses amis… Et voilà.

 

 

 

Il s’est tout de suite senti chez lui à Montréal.

 

 

 

Avec enthousiasme, il a déposé des CV dans tous les magasins qui recherchaient du personnel, et ça en fait des magasins… Bon, c’est sûr qu’il n’avait pas l’intention de faire ça très longtemps mais en attendant de trouver mieux, ça lui convenait. Il n’est pas snob Anselme.

 

 

 

En attentant une réponse, il s’est mis à profiter de la ville : ce qui est incroyable à Montréal c’est qu’il y a des dizaines d’activités gratuites. Le paradis pour un petit champignon fauché.

 

Les semaines passaient mais personne ne le rappelait.

 

Anselme s’est d’abord dit que les magasins devaient privilégier les étudiants en vacances et franchement il trouvait ça normal : on a besoin de sous quand on est étudiant. Il a de la mémoire,  Anselme : il se souvient de ses années de vaches maigres. Il est vrai que les annonces figuraient toujours sur les vitrines, mais peut-être qu’on avait simplement oublié de les retirer… ?

 

 

 

Finalement, Anselme a fini par trouver un emploi à temps partiel dans une boutique de chandelles appartenant à un champignon français. Bien sûr, il n’avait pas l’intention de faire ça très longtemps mais en attendant de trouver mieux, ça lui convenait. Il n’est pas snob, Anselme.

 

 

 

L’été touchant à sa fin, les offres d’emploi se sont faites plus nombreuses. Anselme s’est mis à répondre à plusieurs annonces par jour. Ce qui est incroyable à Montréal c’est qu’il y a des dizaines d’offres correspondant à son profil : c’est à se demander comment ils ont fait pour se passer de lui jusqu’à ce jour…

 

 

Les jours passent. Anselme est toujours vendeur de chandelles et personne ne répond à ses lettres. Il a pourtant retravaillé son CV pour le mettre à la mode locale. Mais personne ne veut le rencontrer.

 

 

Anselme pense souvent à son copain Mamadou. Mamadou est un champignon noir bardé de diplômes, qui vit à Paris depuis 10 ans. Comme il n’a pas trouvé de travail, Mamadou est vigile dans un supermarché. Au début il ne pensait pas faire ça très longtemps mais en attendant de trouver mieux, ça lui convenait. Il n’est pas snob, Mamadou. Il n’est pas snob mais il est devenu un peu aigri. Il n’arrêtait pas de dire à Anselme que personne ne voulait embaucher un champignon noir… et Anselme, ça le faisait réfléchir. Il n’est pas bête, Anselme : il sait qu'il y a ges gens qui n'aiment pas les champignons noirs.

 

 

Quand il est parti à Montréal, Anselme n’a pas pensé une seconde qu’il pourrait rencontrer les mêmes difficultés que Mamadou…

 

 

Anselme déprime. A chaque fois qu’il répond à une annonce, rien ne se passe. A chaque fois qu’il téléphone pour savoir si on a bien reçu son CV, on lui dit qu’on l’a reçu mais qu’on ne l’a pas retenu et on lui souhaite bonne chance. Anselme n’a jamais pensé qu’il pourrait avoir besoin de chance pour trouver un emploi. Pour lui la chance n’avait rien à voir là-dedans…

 

 

Anselme a fini par trouver un autre emploi. Il a obtenu une entrevue par l’amie d’une amie. Mais Anselme déprime quand même. Il est très reconnaissant envers ces gens qui acceptent de lui faire confiance mais ce travail ne correspond pas à ses compétences. Il voudrait se dire qu’il ne fera pas ça très longtemps, que c’est juste en attendant de trouver mieux. Mais maintenant il sait que ce n’est pas le cas. Qu’il va faire ça très longtemps parce que personne ne veut de lui ailleurs. Il n’est toujours pas snob Anselme, mais il a les boules. Il commence à comprendre ce que vit son ami Mamadou. Il commence à comprendre pourquoi Mamadou se sent si mal, pourquoi il en veut à la terre entière. Il commence à comprendre ce que cela signifie d’être rejeté sans préavis, sans que personne ne vous accorde le bénéfice du doute.

 

 

Alors il a les boules, Anselme, les grosses boules, et il se demande s’il ne ferait pas mieux de rentrer chez lui.

 

 

 

 

Grosses bises à tous, travailleurs et sans emploi.

 

 

Aurélie, champignon chômeur.

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Published by Aurelie Olivier (Copyright) - dans Chroniques (copyright)
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commentaires

lyns 14/05/2007 22:53

J'adore la façon dont s'est raconté.
Certe ça date mais trop bien
Je suis pas encore arrivée aux news de 2007 donc je sais pas si tu as trouver du boulot.
En tout cas j'espère que oui !!!!!

DaVz 30/05/2006 15:25

Trop jolie ce texte... Bon courage, enfin ça date mais à l'époque c'est ce que j'aurais dit... Fais un gros bisous à Anselme ;-)

PVT 16/09/2005 00:12

Je ne savais pas que le permis vacances travail existait au Québec, toujours est-il que si c'est le même système que le working holidays visa australien, ta situation ne m'étonne guère... En effet avec le visa australien tu ne peux prétendre qu'à des petits jobs (serveur, vendeur, ouvrier agricole...) et on t'annonce d'entrée de jeu qu'il ne te permettra jamais de trouver un job plus évolué, quels que soient tes diplomes. De toute façon comme le but de ce visa est de bosser pour vivre pendant qu'on est en vacances dans le pays visité (et non pas de s'installer dans le pays visité), tu est obligé de changer de job au bout de trois mois... Donc si ça marche pareil au Québec, il faut changer de visa (ce que tu sembles vouloir faire, après lecture de la suite de tes aventures). Bon courage pour la suite, notamment avec l'immigration !

Laira* 13/11/2004 16:01

As tu les boules ?
Mais tu des affiches partout sans que personnes ne te repondes ??

Elo 08/10/2004 14:44

coucou!!!
j'ai repondu a anselme sur ton mail