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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

21 mars 2005 1 21 /03 /mars /2005 00:00

 

Les bronzés à Montréal

 

 

 

 

 

Il était une fois une Française et un Belge qui avaient envie d’aller skier.

 

Le Belge travaille dans un cégep et les étudiants organisent justement une petite virée dans le Vermont, à la très renommée station de Jay Peek, dans les prochaines semaines. Les deux larrons décident de profiter de l’aubaine et de partir en car avec les jeunes, histoire de se rappeler le bon vieux temps.

 

La veille du départ, ils préparent leurs affaires et se couchent de bonne heure car le bus part à 6h30 le lendemain, depuis le cégep qui se trouve inopportunément à l’autre bout de la ville. Il faut donc se lever tôt et comme ils n’ont plus 20 ans, ils gagnent leur couche à 22h30. A 6h45, ils se réveillent en sursaut constatant que leur réveil n’a pas sonné. Lâchant quelques jurons bien sentis, ils mènent l’enquête et constatent qu’ils ont malencontreusement réglé leur réveil sur 5h30 p.m. au lieu de 5.30 a.m. Le réveil n’a donc rien à se reprocher mais le bus est parti sans eux.

 

 

 

Désappointés mais toujours vaillants, nos deux compères décident de remettre leur excursion 15 jours plus tard. La destination sera plus commune – Bromont – mais néanmoins fort plaisante. Pas de bus cette fois, on partira en voiture avec deux camarades de jeu. Le vendredi, l’un d’eux déclare forfait pour cause de lumbago mais le second est toujours d’attaque. La neige aussi : le ciel n’est pas visible de la journée.  Peu désireux de dépenser une centaine de dollar par tête pour se perdre dans le brouillard, les joyeux lurons annulent finalement leur virée à la dernière minute et louent une voiture pour le dimanche, espérant que le ciel sera plus clément. Les prédictions de météomedia désintègrent malheureusement leurs derniers espoirs et ils annulent finalement la location de la voiture. Pas grave : ils pourront faire la grasse matinée. Le lendemain au réveil, vers 11h donc puisqu’ils n’ont rien de spécial à faire, ils constatent que le soleil est éclatant et sont – comment dire – un poil agacés. Qu’à cela ne tienne, ils partiront le week-end suivant.

 

 

 

Cette fois ils sont chanceux : le soleil est au rendez-vous. Leurs amis ne sont pas disponibles mais ils décident de partir seuls : pas question de rater une occasion pareille. Apparemment ils ne sont pas les seuls à avoir eu cette brillante idée. La seule voiture Communauto disponible se situe à Longueuil. Bon. Eh bien ils iront chercher la voiture à Longueuil. Après tout ce n’est pas si loin ; à peine quelques stations de métro. Une fois dans la voiture, le conducteur belge constate avec effarement que la co-pilote française a oublié la carte routière. Euh… ben désolée. Bon. Eh bien ils vont acheter une nouvelle carte routière, on ne va pas se laisser abattre. Ils en profitent pour demander leur route au vendeur car comme ça, là, en regardant la carte, ça ne leur paraît pas très clair. « C’est très simple : vous prenez la 132, direction La Praire, et vous tombez sur la 10. » Effectivement ça a l’air simple. Si l’on sait que la 132 est en fait la 134 et qu’il faut prendre la 10 Est et non la 10 Ouest. Quand on ne sait pas ça, c’est beaucoup moins simple. Et même ça prend un certain temps. Disons une petite heure. Bon.

 

 

 

Arrivés à Bromont – à midi – nos deux compères se mettent en quête d’un équipement. Ski pour monsieur, planche à neige pour madame. Quelle pointure ? 39. Essayez-moi ça. Ben non c’est trop petit (normal c’est du 38…) Ok alors essayez-moi ça. Ben non c’est trop grand (normal c’est du 40…) Désolé, on n’a rien d’autre. Bon ben on va aller ailleurs. Euh… c’est qu’il n’y a pas d’ailleurs. Pardon ? Ben il n’y a qu’un seul magasin de location dans la station. PARDON ? Ben oui, quoi. Bon ben on va aller au village. Ben c’est qu’au village ils en vendent mais ils n’en louent pas. PARDON ????????????

 

Ok, et je fais quoi moi ? Ben vous prenez les trop petites. Mais elles sont VRAIMENT trop petites. Bon ben alors vous prenez les trop grandes. Mais elles sont VRAIMENT trop grandes. Ben en fait, vous faites comme vous voulez : vous choisissez entre les trop petites et les trop grandes ou vous attendez dans la voiture.

 

Restons calme.

 

Et vous pourriez me prêter des semelles. Non, on n’en a pas. Bon alors vous pourriez me prêter une 3ème paire de chaussettes ? Non, on n’en a pas. Ok et me faire un prix ? Non. Et me mettre une paire de 39 de côté si quelqu’un en ramène une ? Non. Et me regarder crever la gueule ouverte en rigolant ? Ah, là, on doit pouvoir faire quelque chose.

 

Chaussures trop grandes aux pieds, snowboard pourri à la main, la Française au bord des larmes se dirige vers le Belge un peu emmerdé pour elle et lui demande sa carte de crédit : c’est qu’il faut laisser une caution de 200$ pour le tout. Elle qui comptait voler les chaussures, c’est pas de veine.

 

 

 

L’après-midi s’écoule tranquillement, sous un soleil de plomb. La dame a fini par retrouver un semblant de sourire. Mais après quatre heures de glisse elle a de nouveau envie de pleurer tellement ses pieds la font souffrir. Il est temps d’arrêter et de rentrer chez soi. En plus il faut rendre la voiture pour 19h. A Longueuil, toujours. Longueuil qui disparaît des panneaux signalétiques sans prévenir. Longueuil qui joue l’Arlésienne rien que pour tester vos nerfs. Longueuil… Vous prenez la 132 – cette fois c’est bien la 132 et vous tombez sur le métro ; c’est très simple. Si vous le dites. Est-ce la signalétique québécoise qui est totalement pourrie ou sont-ce eux qui ont un sérieux problème d’orientation ? Après s’être perdus trois fois de suite, ils réalisent que le problème est universel et que dans toutes les banlieues de toutes les villes du monde, le visiteur se perd, et se re-perd et tourne en rond et finit par s’énerver. Surtout quand il a dépassé l’heure pour rendre la voiture et qu’il craint que quelqu’un l’attende sur le parking. Surtout quand il s’est déjà perdu à l’aller. Surtout quand il a surfé tout l’après-midi avec des chaussures trop grandes. Surtout quand il est sur les nerfs parce qu’il bosse comme un dingue toute la semaine. Alors il décide qu’il vaut mieux en rire parce que sinon, il risque de développer une certaine forme de paranoïa.

 

 

 

Et il raconte l’histoire aux copains, en se disant que ça va les faire bien marrer et que peut-être, du coup, ils ne s’apercevront pas qu’il est un vrai loser, le visiteur. Ou la visiteuse.

 

 

 

Comptant sur votre indulgence, je vous bise.

 

 

 

Aurélie, mal partout.

 

 

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Published by Aurelie au Canada (Copyright) - dans Chroniques (copyright)
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commentaires

Judicaelle 08/12/2010 10:29



Ah ! les panneaux qui disparaissent comme par enchantement au moment où on en a le plus besoin, les errances même dans de petites villes, quel calvaire ! J'avoue que j'en ai souvent perdu mon
latin.


Aurélie, merci pour votre blog, je l'ai trouvé par hasard et je m'en régale. Votre humour et votre style me ravissent. J'espère que vous continuerez à nous égayer de vos chroniques, sinon
publiez-les.



lyns 29/10/2007 21:54

Ma foi, ça me rappèle une excursion de 6 filles aux Etats-Unis. Nous avons finis dans un ... tenez-vous prêts et prêtes ... Dog Bar!Sympa la soirée entre filles!

David Vortex 24/03/2005 09:02

Mon dieu mon dieu.
Pourquoi t'as pas acheté des chaussettes ou des semelles au village ?
cela t'aurais couté 20 $Ca, mais sauver tes pieds !

Pour la signalisation, je te rassure, sans GPS , je m'y retrouve JAMAIS à montréal.

Et enfin pour la voiture, c'est l'histoire d'un gars qui loue une voiture chez Hertz et la rends le reservoir vide.
Il se rappelle que , forcement ils vont lui taxer le montant du plein.
Il se dit , bah, un plein 40$, ils vont me le faire a quoi, 60$, c'est pas la mort, et puis la, j'ai pas le temps, donc ok.
Sauf que, c'est 150$ qui se retrouvent sur la facture du petit francais.

Moi quand je serais grand, je veux etre pompiste chez Hertz, ca paie bien :d

Bise, et a bientot, je reviens prochainement.

Nico 23/03/2005 13:01

Aurelie, dans un grand elan de solidarite, j'ai moi teste le systeme d'adressage Japonais. La bas ils ne nomment pas les routes mais les blocs de maisons dans un quadrillage de plus en plus fin. Faut trouver le bloc 10, puis dans le bloc 10 il faut trouver le bloc 3, puis enfin trouver le numero de la maison qui n'est JAMAIS indique. COol non ? Alors il faut ajouter en plus que c'est strictement qu'en Japonais et que meme les Japonais ne connait rien aux adresses s'il n'est pas sur son parcours habituel. A oui c'est vrai. Les numero ne sont pas sequentiel mais historique. A cote de 1 c;est pas forcement 2 mais 10 ou 11 ou 7, va savoir.... Donc quand on fait l'equation de tout ca on obtient: PERDU LONGTEMPS !

Stéphanie 22/03/2005 18:28

moi j'ai fait bcp plus simple dimanche. 3eme jour de ski de la saison, grand ciel bleu et car en bas des pistes. La neige était bonne j'espère quand même ? biz