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Bon théâtre!
Samedi 12 avril 2008

J’ai beau l’aimer énormément, il me faut admettre que Montréal n’est pas ce que l’on appelle une belle ville.

Bon, voilà que je parle par euphémismes… Reprenons et osons les vérités nues (et crues)!

J’ai beau l’aimer énormément, il me faut admettre que Montréal est ce que l’on appelle une ville laide. À l’exception de certains quartiers, comme le Vieux-Montréal ou certaines rues du Plateau (et probablement d’autres que je ne connais pas bien), les cubes de bétons ou de brique de tailles hétéroclites et les terrains vagues se succèdent en une anarchie fort inesthétique.

La plupart du temps cependant, on l’oublie. En hiver, la ville se drape majestueusement d’un manteau blanc étincelant sous le soleil, et, en été, elle se pare de verdure et de fleurs et résonne des sons des mille et un festivals, ce qui la rend des plus agréables à vivre.

(Après les euphémismes, voici la minute de poésie de supermarché!)

Malheureusement, cette réalité vient nous frapper de plein fouet au printemps, lorsque la neige fond. D’une part, des mares de sloche se forment dans les nids de poule et aux abords des trottoirs, tandis que des gros tas de neige noirâtre subsistent ici et là. D’autre part, sont soudain mis à nu tous les déchets qui avaient été ensevelis par les différentes couches de neige. Il faut savoir que les habitants montréalais déposent chaque semaine devant leur logis des bacs en plastique vert contenant leur recyclage, pour ramassage par les autorités municipales. Par jour de vent, c’est un désastre : les papiers journaux, cartons, bouteilles vides et contenants divers se répandent dans les rues. En été, ceux-ci sont rapidement ramassés par les services de nettoyage de la ville, mais en hiver, ils sont plutôt recouverts par la neige et oubliés. Quand la neige fond, ils resurgissent, pas biodégradés le moins du monde, et les rues ressemblent alors à un vaste dépotoir boueux.

Heureusement, au printemps, c’est le printemps! Qu’importe la saleté quand les terrasses des cafés ouvrent et que la population montréalaise sort ses gougounes et affiche ses bras nus dès que la température dépasse 5 degrés? Ce qui prime à cette période, c’est la joie de vivre!


Portez-vous bien.

Aurélie, en bottes fourrées jusqu’en mai, ben ouais.
- Publié dans : Chroniques (copyright)
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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

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