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«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 05:27

Campagne électorale et immigration sélective

 

 

 

Ça y est, les fêtes sont finies, et s’il y en a qui sont contents, ce sont les hommes politiques. Car le temps des Fêtes a aussi été celui de la suspension de la campagne électorale. Une semaine (ou deux?) qu’on ne les entendait plus, et qu’ils en étaient malades! Exceptés les Conservateurs probablement, lesquels sont remontés en flèche dans les sondages, profitant manifestement d’un abus d’alcool généralisé pendant cette période de festivités.

 

La campagne électorale a donc repris sur les chapeaux de roues. Avant Noël, j’étais assez consternée par le ton général. Il semblait que le Bloc Québécois n’avait rien d’autre à dire que « les Libéraux sont des méchants voleurs d’argent public », les Libéraux « empêchons le Bloc de faire un nouveau référendum » et les Conservateurs « suppouimons le mariage des homosexuals qui l’est un haberration que Dieu le veut pas que l’on fait ça, parce que c’est pas bien, je vous le dire » (à lire avec l’accent anglais).

Un problème qui a finalement été amené sur la table est celui de l’immigration. Cela en fera peut-être réfléchir certains de savoir que les Canadiens, du côté desquels lorgnent certains hommes politiques français, rapport à leur politique d’immigration sélective, se posent des questions. Se remettent en question même. Le pavé dans la mare a été jeté par Steven Harper. Car Steven Harper ratisse large. Comme il sait qu’il a très peu de chance de convaincre les Québécois de souche de voter pour lui plutôt que pour le Bloc Québécois, il semble avoir entamé une opération-séduction des Québécois issus de communautés culturelles.  

 

A ce stade, deux précisions s’imposent.  

 

1. Il est possible d’obtenir la citoyenneté canadienne après trois ans de résidence permanente au Canada. On possède alors les mêmes droits que n’importe quel Canadien, y compris le droit de vote (quand je repense aux cris d’horreur qu’avait suscités en son temps – qui était-ce déjà? Mitterrand? – en soulevant la question du droit de vote des immigrés en France…).  

 

2. C’est comme ça que l’on appelle les immigrés ici : les Québécois issus de communautés culturelles. Certains vont sans doute penser que c’est une forme d’hypocrisie. C’est ce que je me suis moi-même dit au départ. En fait, cela traduit une conception totalement différente de l’immigration de celle que nous avons en France. Quand on immigre en France, on devient Français. La République ne prend pas en compte les besoins qu’ont les nouveaux arrivants d’apprendre à connaître ses coutumes et son fonctionnement. Ils doivent le savoir puisqu’ils sont Français. (Attention comprenez-moi : je ne parle pas de ce qui se passe dans les faits, à savoir qu’un certain nombre d’immigrants ne seront jamais considérés comme Français par quiconque, je parle de volonté politique.) Quand on immigre au Canada, on devient citoyen du Canada. Mais on reste issu de quelque part et cela est totalement pris en compte par le gouvernement.  

 

Je disais donc que Steven Harper avait soulevé la question de l’intégration des immigrants. Et il a bien fait.  

 

Pour ceux qui ne le savent pas, il faut, pour immigrer au Canada, accumuler un certain nombre de points, calculés en fonction de son niveau d’études, de son expérience professionnelle, de sa maîtrise de la langue nationale (ou provinciale), des sommes d’argent dont on dispose sur son compte-épargne et d’un certains nombre d’autres critères que je ne connais pas en détail. Or de nombreux immigrants, recrutés pour leur compétence, qui doit être le reflet de leur capacité à s’intégrer dans le pays, ne trouvent pas de travail. Du moins pas en rapport avec les compétences en question.

Dans ce cadre, et je parle pour le Québec, car je connais (encore plus) mal la situation des autres provinces, les Ordres Professionnels sont régulièrement montrés du doigt. Kesaco? Il existe au Québec un nombre ahurissant d’ordres professionnels. 45 au total, il me semble. Et si l’ordre ne veut pas reconnaître le diplôme de l’immigrant, comme c’est souvent le cas, celui-ci ne peut pas travailler. Et il ne lui reste plus qu’à se reconvertir. On cite régulièrement l’exemple de médecins devenus chauffeurs de taxi.  

Mais les Ordres Professionnels ne sont pas les seuls responsables. Le principe même d'immigration sélective est biaisé. Car quand on est sélectionné, on s’attend à ce que ce soit pour de bonnes raisons. A quoi bon prouver qu’on est hyper qualifié pour se retrouver au chômage? Du fait même de cette sélection, l’immigrant a des attentes élevées quand il arrive au Québec. Et ceci sans compter le discours du Ministère de l’Immigration qui serait prêt à jurer que la température ne descend jamais en dessous de zéros degrés l’hiver si cela pouvait convaincre les jeunes prometteurs de venir s’installer ici.  

 

Le problème, au fond, est celui-là : le gap entre les attentes des nouveaux immigrants et ce que le pays a réellement à leur offrir.

 

 

Moi je vous le dis : pas d’attente particulière, pas de déception possible. Voilà la clé!

 

 

Aurélie, un problème, une solution (pas toujours bonne…)!

 

 

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Published by Aurelie au Canada (Copyright) - dans Chroniques (copyright)
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commentaires

emmanuelle 15/03/2006 06:40

Et si une française se marie avec un québecois ( ou vice-versa ) obtiennent-ils automatiquement la nationalité québecoise ?

Sam 20/02/2006 01:35

Aurélie, t'as fait un résumé parfait de la situation de l'immigration sélective au Canada. J'ai un site web bilingue pour expliquer le Canada et l'immigration sélective, mais en quelques paragraphes tu as résumé beaucoup mieux que moi, né au Canada.
Continue!

Tam 19/01/2006 06:13

Excellente explication concernant la différence entre ceux que prone l'immigration québécoise, la réalité du chomage et les réticences des ordres professionnels locaux.
A mon avis ça peut éviter à certains de faire une grosse boulette et d'être très déçu.

marcel 18/01/2006 17:50

Bonne Année 2006

Alice 18/01/2006 17:07

Je peux vous donner mon adresse de blog? http://alice-au-pays-des-merveilles.over-blog.com bonne visite !