Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Avertissement

Sens de l'humour et esprit critique sont requis pour apprécier la lecture de ce blog. Il est fortement recommandé de ne pas prendre les propos de l'auteur au 1er degré!

(Tous les textes de ce blog sont la propriété de l'auteure. Ils ne peuvent être reproduits sans citer son nom. Merci!)


----------------------------------


Pour savoir d’où viennent les lecteurs de ce blog, cliquez ici : Geo Visitors Map


----------------------------------


Critiques de théâtre : vous pouvez me lire

  • dans le journal Voir
  • dans la revue Jeu
  • dans le Sans-Papier (journal de la TELUQ)
  • sur montheatre.qc.ca


Bon théâtre!

Recherche

Chic Moustache

Vous cherchez des t-shirts qui représent le Québec sans tomber dans les clichés? Chic Moustache est fait pour vous!! Allez donc jeter un oeil!

 

Logo-pour-blog-Aurélie

 

 

 

---------------------------------------------------

 

«Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» Paul Valéry (merci Annie)

17 février 2005 4 17 /02 /février /2005 00:00

 

 

Maudite Française

 

 

  

 

Quand on part vivre à l’étranger, on doit tout reprendre à zéro, dans tous les domaines, aussi bien professionnel qu’amical. Pressé par l’envie de s’intégrer et de se reconstruire une vie sociale, il arrive que l’on fasse des mauvais choix. C’est ce qui m’est arrivé lorsque j’ai décidé de d’entretenir un semblant de relation avec Odile. (C’est son vrai nom Odile, je ne vois aucune raison de la préserver par l’anonymat.)

 

 

 

Il y a quelques années, avant de devenir antiquaire, Odile était chasseur de tête et travaillait avec Manu, l’ex-chum de ma copine Laurence. C’est ainsi qu’Odile est entrée dans leur vie. Plus tard, Odile a vendu son condo sur le Plateau et Laurence et Manu ont décidé de le lui acheter. C’est ainsi qu’Odile est restée dans leur vie et entrée dans la mienne.

 

 

 

Quand je suis arrivée à Montréal, Laurence, tout excitée, en a parlé à Odile et lui a dit qu’elle me cherchait un appartement. Odile l’a alors informée qu’un 1 ½ (studio) était disponible dans son bloc (immeuble), fort opportunément situé à deux pas de chez Laurence. Je suis donc passée voir Odile qui m’a fait rencontrer le gérant de l’immeuble. Si j’avais su à quoi cela allait m’engager, je serais allée voir le gérant directement. Car depuis cette époque, Odile considère que je lui dois une reconnaissance éternelle. Apparemment sans elle je vivrais sous les ponts c'est-à-dire, très probablement, que je serais morte de froid car il fait froid sous les ponts de Montréal en hiver. Finalement Odile m’a sauvé la vie et ça, ce n’est pas rien.

 

 

 

Par la suite, Odile, sachant que je cherchais du travail, m’a informée que les propriétaires d’une boutique pas loin de son magasin à elle cherchaient une vendeuse à temps partiel. Je me suis donc présentée à la boutique et j’ai été embauchée. Si j’avais su à quoi cela allait m’engager, je n’aurais jamais mis les pieds dans cette boutique. Car depuis cette époque, Odile considère que je lui dois une reconnaissance éternelle. Apparemment sans elle je serais toujours au chômage c'est-à-dire, très probablement, que je serais morte de faim car sans travail, on n’a pas d’argent pour faire le marché. Finalement Odile m’a sauvé la vie et encore une fois, ce n’est pas rien.

 

 

 

Dès l’instant où j’ai vu Odile, j’ai su que ça ne pourrait pas coller entre nous. Elle fait en effet partie de ces personnes qui critiquent tout et tout le monde de façon incessante et agressive. Pour résumer : Montréal, c’est à chier, tous les Québécois sont des cons et tous les Français aussi. En bref, tout ce qui n’est pas Odile est méprisable et mérite de longues et répétitives tirades décrivant sa nullité. Une personne fort sympathique me direz-vous. Il se trouve aussi qu’Odile, en plus d’être médisante, est totalement névrosée pour ne pas dire psychotique. Et c’est là la faille. Si elle s’était contentée d’être imbuvable, je me serais probablement écartée de sa route le plus vite possible. Mais ma nature d’assistante sociale prend toujours le dessus. Alors nous avons commencé à avoir quelques rapports épisodiques. Je passais la voir à sa boutique, je lui téléphonais de temps à autres. Un jour j’ai dîné avec elle et Manu et je me suis jurée de ne plus recommencer. Une soirée infecte. Et je pèse mes mots. J’ai commencé à espacer les coups de téléphone et les visites, supportant de moins en moins de l’entendre me dire du mal de Laurence et de tous les gens que je connais, supportant de moins en moins de l’entendre cracher sur la ville que j’ai choisie comme nouvelle terre d’accueil, supportant de moins en moins sa paranoïa délirante.

 

Et puis il y a quelques semaines, je me suis dit que je pourrais quand même faire un effort, et j’ai téléphoné à Odile pour lui proposer une bouffe au restau avec Laurence (laquelle était prête à tout pour se changer les idées, même à sortir avec Odile – syndrome post-rupture.) Nous avions fixé la date et le lieu, mais le jour même, Odile m’appelle pour changer les plans : il fallait en effet impérativement qu’elle aille le soir même, et pas une seconde plus tard, dîner dans un restau tenu par une personne qui lui avait parait-il rendu un énorme service dans la journée. Restau à 60$ par personne c'est-à-dire une journée de mon salaire. Après d’interminables négociations au cours desquelles Odile me sert un couplet sur l’amitié (« peut-être que pour toi l’amitié n’est rien mais pas pour moi »), nous convenons de reporter le dîner de 15 jours et je m’en vais manger seule avec ma copine dans un restau vietnamien à 8$, à la fois exaspérée et soulagée.

 

 

 

15 jours plus tard, comme convenu, nous nous retrouvons au Prato, pizzeria sur Saint-Laurent (celle-la même où nous avions dîné avec Manu quelques mois plus tôt et où je m’étais jurée de ne plus jamais revenir avec elle.)

 

Laurence n’est pas encore là lorsque j’arrive. Odile attend au bar avec un verre de vin blanc.

 

Premier incident : la serveuse nous indique la table et je propose d’aller nous asseoir. Odile pique une crise. Apparemment ce serait extrêmement mal élevé d’attendre Laurence assises à table (On est bien au restau? On vient bien pour manger? On mange bien assis?) J’insiste, Odile me suit à contrecœur, bien décidée à m’en tenir rigueur pour les trente prochaines années. Y a des choses qu’on ne peut pas laisser passer, merde quoi!

 

Laurence arrive, toute souriante malgré l’outrage qu’elle ne semble même pas remarquer (encore quelque chose qui ne se passe QUE dans la tête d’Odile.)

 

Nous commençons à papoter quand Odile me sort « Alors comme ça tu t’es installée chez ton mec…? Et tu fais quoi s’il te fout à la porte dans 3 semaines? »

 

Euh… Ben là je ne sais pas quoi répondre… en fait, je suis sans voix. Dans le monde d’Odile, c’est mal élevé d’attendre quelqu’un assis à table mais pas de balancer ce genre de phrase à l’apéro.

 

Nous poursuivons le papotage, péniblement. Laurence raconte à Odile que je déprime à cause de mon boulot. Je dis en plaisantant que je ne peux pas être assistante, que j’ai besoin de diriger. J’apprendrai plus tard par Laurence ayant reçu mail sur la question, que nous avons eu ici, et sans nous en rendre compte, notre deuxième incident de la soirée, Odile ne supportant pas les gens qui veulent diriger. Dans le monde d’Odile, le second degré n’existe pas.

 

Nous poursuivons le papotage, de plus en plus péniblement. Odile se lance dans sa tirade préférée : Montréal c’est nul, y a pas de travail, aucun avenir dans cette ville de merde, entourées de tous ces cons. « A propos de travail, lancé-je, toi qui as été chasseur de tête, tu pourrais me dire à qui il faut que j’envoie mon CV. » Oups, troisième incident. Dans le monde d’Odile, ce genre de phrase n’est pas du domaine de la conversation mais de celui de l’exploitation d’autrui. « Tu n’as qu’à faire ton étude de marché me lance-t-elle cinglante, et de toutes façons ma pauvre fille, ton CV tout le monde s’en fout. Ici, tout le monde se fout de tout le monde, les gens sont tellement égoïstes, n’imagine pas que tu pourras te faire des amis ici, les gens sont trop superficiels et il n’y a aucun avenir, tout le monde le sait, Montréal est loin derrière Calgary, c’est dire, ce n’était pas comme ça il y a dix ans, etc. » Et ça dure, ça dure. Et je commence à être sérieusement tannée. Alors je me décide à répondre, vaguement consciente que contredire Odile c’est s’exposer à représailles sévères, mais bon. J’informe donc Odile que je n’ai pas envie de l’entendre dire du mal de la ville que j’ai choisie, que moi ça me convient bien comme c’est maintenant et que ça m’est égal de savoir comment c’était il y a dix ans. « On verra ce que tu diras dans 2 ans. » Odile a vraiment réponse à tout. Excédée je lui lance : « Écoute Odile, si tu détestes Montréal à ce point, va-t-en. » Ce que toute personne normalement constituée lui aurait dit depuis longtemps et qui me démangeait depuis des mois. Et là, c’est le drame. Mais le vrai drame, hein, pas façon de parler. Odile pète un câble, avant de quitter la table.

 

 

 

Extrait : 

 

Odile : « Parce que tu crois que je peux partir comme ça peut-être? Toi évidemment, tu vis chez ton mec, tu n’as même pas de visa, les responsabilités tu ne sais pas ce que c’est. T’es vraiment une conne »

 

Aurélie : « Mais ça ne va pas de me traiter de conne ! »

 

Odile : « Je te traite de conne parce que c’est ce que tu es, tu es une vraie connasse et puis vas te faire foutre. T’es bien forte toi pour profiter des gens et arriver à tes fins »

 

Aurélie : …

 

Je suis furieuse, et pas qu’un peu, mais je ne réponds rien. Parce que je sais qu’Odile est cinglée et que dans son monde, c’est normal d’en venir aux mains. Ah oui car en plus de tout le reste, Odile a des tendances violentes. Elle s’est plusieurs fois battue avec des clients. Il lui est même arrivé de balancer des verres dans la gueule de parfaits inconnus tranquillement installés à la terrasse d’un café, simplement parce qu’ils l’avaient regardée, soi-disant de travers.

 

 

 

Dans le monde d’Odile on a le droit d’insulter les gens. Dans le monde d’Odile on a le droit de critiquer tout et tout le monde. Dans le monde d’Odile on a le droit de coller des pains dès qu’on est contrarié. Dans le monde d’Odile tout le monde a tort sauf elle-même.

 

 

 

Alors moi le monde d’Odile, j’ai envie de le désintégrer et j’aurais presque bien aimé qu’elle m’agresse physiquement, soit pour pouvoir porter plainte contre elle, soit pour pouvoir lui régler son compte.

 

 

 

Et quand on me dit que je devrais arrêter de penser à ça, ça me met encore plus en colère. Parce que je suis plus que fatiguée des connards qui gâchent la vie de tout le monde et qui sont persuadés d’être dans leur bon droit. Et plus que tout, je suis fatiguée de fermer ma gueule sous prétexte que c’est la meilleure chose à faire.

 

 

 

Bon allez, je me calme le temps de vous faire une bise.

 

 

 

Aurélie, me cherche pas ou tu vas me trouver.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Aurelie au Canada (Copyright) - dans Chroniques (copyright)
commenter cet article

commentaires

toto 23/08/2006 19:46

une question me taraude  .... Odile, elle est bonne au moins ?

E. 23/04/2005 10:30

Et c'est là que je me rends compte qu'en fait je suis totalement supportable comme fille... ;p
Désolée pour le post à la bourre,jte découvre...Et comme les autres je vais dire que c'est très drôle,car très bien raconté...j'espère que tu as bien réussi à l'esquiver depuis...

Frédérique 07/04/2005 18:50

Aurélie, surtout fais-moi penser à te demander la photo de ta copine Odile, la prochaine fois que j'aurais la chance de pouvoir aller à Montréal (ma ville préférée) parce que comme ça, si je la croise dans la rue, je saurais qu'il faut changer de trottoir ! Bon courage et surtout ne te laisse pas manger toute crue !!!

christian91 04/03/2005 00:58

Hi,
...waouh, ta copine est zinzin!!! J'ai eu une petite copine comme elle ; qui jetais a sa mere son assiette a table, pour tout et n'importe quoi!!! Cela fait peur, et vous mets tout le temps sur la defensive, car on ne veut pas peiné son coeur fragile!?!!!lol En revanche elle n'hesite pas a te taper ou t'incendier a la caisse du super marché!!!
Ma chere Aurelie, garde ton calme! Laisse passer l'orage, et zappe-la! Un (e) ami(e), qui ne te fait pas monter ; te fais descendre...et merite aucune forme d'estime!!!
Kiss miss
bon courage!!!

Lolotte (Laurence) 01/03/2005 02:47

La Laurence en question etait abasourdie, tetanisee, horrifiee... il faut dire que cela faisait longtemps que j'etais completement terrorisee par la dite Odile, mais beaucoup moins forte de caractere que la miss Aurelie, je disais trop rien et la laissait cracher son venin... et la j'ai fait pareil, j'avoue que c'est peut-etre pas la reaction la plus ... respectable, mais franchmeent dans ma tete la prochaine etape c'etait qu'elle tape sur Aurelie!!!! Voili, voila..