Depuis que je vis avec Montréal, je suis ce que l’on appelle totalement décomplexée par rapport à ma corpulence. Moi qui avait banni la jupe de mon placard, je me promène désormais tout l’été vêtue de minuscules bouts de tissus qui me tiennent lieu de vêtements et offrent l’immense avantage de permettre de supporter sans mal les températures accablantes de juillet-août.
Par le passé, outre les mains baladeuses et les regards lubriques de certains Parisiens, décourageant rapidement toute velléité de jambe-nudisme, je supportais mal la mini-jupe, car je supportais mal mon tour de cuisse. J’ai toujours pensé que les commentaires déplaisants de ma mère à cet égard expliquaient mes complexes. Le séjour que j’ai passé en janvier dans ma presque terre natale, Paris, France, m’a fourni une autre perspective. À peine arrivée dans mon ancien chez-moi, j’ai renoué avec une de mes ex-mauvaises habitudes : celle de regarder la télé souvent, très souvent, trop souvent (ben oui, que voulez vous, je ne suis pas parfaite). C’est ainsi que j’ai pu prendre la mesure du bourrage de crâne auquel sont constamment soumises les habitantes de l’hexagone. Pas une coupure publicitaire sans qu’on nous présente un nouveau produit allégé-parce-que-nous-ne-voulez-pas grossir-cet-hiver, un régime ultra-efficace-parce-que-ce-serait-horrible-de-grossir-cet-hiver, une pilule mange-graisse-que-vous-remercierez-quand-viendra-le-temps-de-vous-mettre-en-maillot-
de-bain, un appareil de musculation par courant électrique-qui-transformera-votre-graisse-disgracieuse-et-dont-vous-avez-honte-en-muscle, des collants gainés-qui-masqueront-votre-abominable-culotte-de-cheval, etc.
Ici, en Amérique, tout le monde se demande pourquoi les Françaises sont minces (on écrit même des livres sur le sujet). Moi je connais la réponse : c’est parce qu’elles sont endoctrinées.
